Une forme télévisuelle que la France a poussée le plus loin
La France a inventé une forme télévisuelle que peu de pays pratiquent à cette échelle : la soirée caritative de masse, capable de mobiliser une antenne entière pendant trente heures et de lever, en un week-end, l'équivalent du budget annuel d'une agence publique de recherche. Le Téléthon en est le cas limite — trente-neuf éditions, plus de deux milliards sept cents millions d'euros de promesses cumulées — mais il n'est pas isolé : le Sidaction a réalisé en 1994 une première audiovisuelle mondiale en réunissant sept chaînes sur un même programme, les Enfoirés signent chaque hiver l'une des meilleures audiences de l'année, et l'opération Pièces jaunes accompagne depuis plus de trente ans la rentrée de l'année civile. Ces rendez-vous ont en commun une caractéristique que l'on oublie souvent : ils ne reposent pas sur l'émotion d'un soir, mais sur une mécanique de collecte, de logistique et de comptabilité dont la télévision n'est que la partie visible.
Quarante ans de compteur
17 éditions documentéesLa série longue du Téléthon est l'une des rares données de mobilisation citoyenne disponibles en continu sur près de quarante ans en France. Elle raconte trois choses : une montée en puissance jusqu'au record de 2006, un plateau haut entre quatre-vingt-cinq et quatre-vingt-quinze millions d'euros pendant quinze ans, et une sensibilité immédiate aux chocs extérieurs — un mouvement social en 2018, une pandémie en 2020 — suivie à chaque fois d'un rebond.
Lecture : l'axe est gradué en euros courants, de zéro au maximum de la série, soit 106,7 M€ pour l'édition 2006. Les barres pleines correspondent à une collecte définitive, au nombre de 14 ; les 3 barres hachurées correspondent à des promesses de dons annoncées au compteur, un indicateur systématiquement inférieur au résultat final. Les deux ne sont donc pas strictement comparables entre elles, ce qui est signalé ligne par ligne. Le montant de 1987 est une conversion arrondie du résultat en francs. Le point bas de la série moderne est l'édition 2020, à 77,3 M€, soit 28 % sous le record. Deux indicateurs coexistent et ne doivent pas être confondus. Les promesses de dons sont annoncées au compteur à la fin du direct ; la collecte est le montant définitivement encaissé, arrêté plusieurs mois plus tard. Hormis deux éditions, 1991 et 2010, les sommes récoltées ont toujours dépassé les promesses, parfois de plus de 16 %.
D'où vient l'argent, où il va
40 % hors antenneLa donnée la plus mal connue du public tient en un chiffre : les manifestations organisées dans les communes pèsent environ quatre dixièmes de la collecte. L'émission nationale n'encaisse donc pas la majorité des sommes qu'elle annonce — elle déclenche, fédère et met en scène un travail bénévole mené pendant des mois sur tout le territoire.
Lecture : les deux colonnes ne décrivent pas le même flux. À gauche, la provenance des sommes collectées ; à droite, leur affectation une fois encaissées. Les pourcentages sont ceux communiqués par l'association organisatrice ; les arrondis expliquent que la colonne de gauche ne totalise pas exactement cent. Le Téléthon représente par ailleurs 82 % des ressources de collecte de l'association, le reste provenant principalement des legs et d'un pôle d'activité dédié.
Les grandes opérations françaises
5Le Téléthon
Depuis 1987Marathon de trente heures de direct. Le modèle a été importé des États-Unis en 1986 par Pierre Birambeau, cadre et père d'un enfant myopathe, après une enquête menée sur place ; le conseil d'administration de l'AFM, alors présidé par Bernard Barataud, l'a chargé d'organiser l'émission. La chaîne retenue fut Antenne 2, les bénévoles du Lions Club de France répondant au téléphone. Le générique est une composition originale de Marc Goldfeder datant de 1987.
Le Sidaction
Depuis 1994Le 7 avril 1994, l'émission est diffusée simultanément sur les sept chaînes de télévision françaises de l'époque — une première audiovisuelle mondiale. Elle réunit environ vingt-trois millions de téléspectateurs et recueille près de trois cents millions de francs en une soirée. L'opération est devenue un rendez-vous annuel de printemps, aujourd'hui relayé par un large ensemble de médias.
Les Enfoirés
Depuis 1986Le spectacle annuel de la troupe créée dans le sillage des Restos du Cœur est enregistré en janvier et diffusé en mars. L'édition 2025, « Au pays des Enfoirés », a réuni 8,4 millions de téléspectateurs à sept jours et 45 % de part d'audience, avec un pic à 9 millions : la meilleure audience de la télévision française depuis le début de l'année. Chaque vente du double album ou du double DVD finance dix-sept repas ; l'association a distribué plus de 163 millions de repas et aidé plus de 1,3 million de personnes sur la campagne 2023-2024.
Les Pièces jaunes
Depuis 1990Modèle inverse de celui du Téléthon : la collecte matérielle précède l'antenne. Les tirelires distribuées dans les écoles et les bureaux de poste installent l'opération dans le quotidien pendant plusieurs semaines, la télévision intervenant en fin de parcours pour annoncer le résultat et raconter les projets financés.
Les soirées de mobilisation exceptionnelle
Depuis 1988Format né de l'urgence : à la suite d'un séisme, d'un tsunami ou d'un conflit, plusieurs chaînes libèrent simultanément une soirée pour un appel aux dons. Ces opérations n'ont pas de périodicité et leur rendement dépend entièrement de l'intensité médiatique du moment, ce qui les rend impossibles à budgéter pour les associations.
Le format a disparu de son pays d'origine
6 pays comparésComparer ces opérations demande des précautions : elles ne couvrent pas les mêmes causes, ne durent pas le même nombre d'heures et n'agrègent pas les mêmes flux. Une donnée résiste pourtant à toutes les corrections : le format du marathon télévisé long, inventé aux États-Unis dans les années soixante, a été abandonné dans son pays d'origine et reste pratiqué à grande échelle en France, où il produit les montants les plus élevés d'Europe.
Lecture : l'axe est gradué en millions d'euros, de zéro à 96,6, valeur de l'opération la plus importante du panel. La barre hachurée rouge correspond à un format arrêté et est ramenée à un trait de trois pour cent de largeur. Les résultats portent sur l'exercice 2024 de chaque organisation, mais ils n'agrègent pas les mêmes flux : le Royaume-Uni raisonne en campagne annuelle, l'Italie en collecte étalée sur douze mois, la France en édition rattachée à un week-end de diffusion. Les montants en livres sterling sont convertis à titre indicatif, sur une base d'environ 1,18 euro par livre, uniquement pour permettre une lecture graphique commune. Ils ne constituent pas une conversion comptable.
De Jerry Lewis à la trente-neuvième édition
14Aux États-Unis, la Muscular Dystrophy Association lance le Labor Day Telethon animé par Jerry Lewis. Le format — un marathon télévisé de plusieurs dizaines d'heures avec compteur à l'écran — est fixé pour un demi-siècle.
Coluche lance les Restos du Cœur ; la troupe des Enfoirés donne son premier concert de soutien. En août 1986, Pierre Birambeau part enquêter aux États-Unis sur le Téléthon américain, qui venait de lever l'équivalent d'une trentaine de millions d'euros.
Premier Téléthon français, les 4 et 5 décembre sur Antenne 2. Le compteur électronique à huit chiffres se révèle trop court : le neuvième est peint à la main. Le résultat, de l'ordre de 181 millions de francs, décide l'AFM à reconduire l'opération chaque année.
Création de l'opération Pièces jaunes au profit de la Fondation des Hôpitaux : un modèle de collecte matérielle de proximité, dont la télévision est le point d'arrivée et non le point de départ.
Le 7 avril, le premier Sidaction est diffusé simultanément sur les sept chaînes françaises. Environ vingt-trois millions de téléspectateurs suivent l'émission, qui recueille près de trois cents millions de francs en une soirée : une première audiovisuelle mondiale.
Le Téléthon ouvre la collecte par internet. Trente ans plus tard, le canal numérique et le numéro court 3637 représentent ensemble plus de la moitié des sommes promises.
France 3 rejoint France 2 pour la diffusion. L'édition établit le record absolu de la série : 101,5 millions d'euros de promesses et 106,7 millions d'euros effectivement collectés.
L'opération est relayée sur l'ensemble des chaînes de France Télévisions. La même année, la collecte repart à la hausse après quatre exercices de baisse consécutifs.
Aux États-Unis, le MDA met fin au format long du Labor Day Telethon. La France devient l'un des derniers grands pays où le marathon télévisé caritatif subsiste sous sa forme d'origine.
Le 13 juin, la Cour des comptes publie un rapport sur l'emploi des fonds collectés. Il documente notamment la progression du don moyen, de 55,81 euros en 2008 à 66,37 euros en 2014, hors recettes des animations.
Le mouvement des Gilets jaunes contraint à déplacer le plateau de la place de la Concorde vers les studios de Saint-Cloud. Les promesses reculent de 8,4 % et tombent à leur plus bas niveau depuis vingt éditions.
Édition sous confinement : 80 % des animations de terrain sont annulées. Le montant définitif tombe à 77,3 millions d'euros, point bas de la série moderne — démonstration que la collecte ne repose pas sur la seule émission.
Les 29 et 30 novembre, l'édition atteint 96 553 593 euros de collecte définitive, meilleur résultat depuis 2006, alors que le compteur de fin de direct affichait environ seize millions de moins.
Trente-neuvième édition : 83,5 millions d'euros de promesses à la fin des trente heures de direct, trois millions de plus que l'année précédente. Le cumul des promesses depuis 1987 dépasse 2,73 milliards d'euros.
Six mécanismes pour comprendre
6Le compteur de fin de direct sous-estime presque toujours le résultat
Mécanisme structurelLe chiffre annoncé à l'antenne n'est pas le résultat de l'opération : c'est un total de promesses. Hormis deux éditions, 1991 et 2010, les sommes effectivement récoltées ont toujours dépassé les promesses, l'écart atteignant 17 % en 2021 et 16,4 % en 2022. En 2024, la collecte définitive a dépassé de plus de seize millions d'euros le montant affiché à la fin du direct. Toute comparaison entre années doit donc porter sur des indicateurs de même nature.
La télévision ne collecte pas la majorité de l’argent
Idée reçue tenaceLes animations organisées dans les communes représentent environ 40 % de la collecte du Téléthon, contre 55 % pour le téléphone et internet. L'émission joue un rôle de déclencheur et de caisse de résonance nationale, mais l'essentiel du travail se fait hors antenne, pendant des semaines. C'est ce qui explique qu'une édition puisse s'effondrer sans que l'émission ait changé : en 2020, l'annulation de 80 % des manifestations a suffi.
Une comptabilité qui déborde largement le week-end de diffusion
Mécanisme structurelEnviron 85 % des promesses se concrétisent au cours du mois de décembre, mais tout don parvenu à l'association avant le 1er avril de l'année suivante est comptablement rattaché à l'édition. Le résultat définitif n'est donc arrêté qu'au printemps, ce qui décale de plusieurs mois toute analyse sérieuse et explique que les chiffres circulant en décembre soient systématiquement provisoires.
L’antenne est offerte, l’émission ne l’est pas
À nuancerLe service public met son antenne à disposition, mais la production a un coût. Entre 2008 et 2013, le coût cumulé de l'émission a représenté un peu plus de dix-neuf millions d'euros, dont 10,8 millions ont été facturés à l'association organisatrice et 2,7 millions couverts par la publicité et les parrainages. Cette part figure dans les 17 % de frais de gestion et de collecte.
L’audience et la collecte ne varient pas ensemble
Idée reçue tenaceLes Enfoirés réunissent régulièrement la meilleure audience de l'année sur TF1 — 8,4 millions de téléspectateurs et 45 % de part d'audience en 2025 — mais leur contribution financière passe par les ventes d'albums et de spectacles, pas par un appel aux dons pendant l'émission. À l'inverse, le Téléthon peut progresser financièrement une année où son audience recule. Audience et générosité sont deux variables distinctes.
Un format que la France est l’un des derniers pays à pratiquer
Mécanisme structurelLe marathon caritatif de plusieurs dizaines d'heures est né aux États-Unis en 1966 et y a été abandonné sous cette forme en 2014. Le Royaume-Uni pratique un format resserré, une soirée d'appel adossée à une campagne annuelle ; l'Italie étale sa collecte sur l'année. La France est l'un des rares pays où subsistent trente heures de direct continu sur une chaîne nationale au service d'une cause unique.
Six idées reçues sur les soirées caritatives
6« Les promesses de dons ne sont jamais tenues »
C'est l'inverse qui est documenté. À l'exception de deux éditions en près de quarante ans, 1991 et 2010, les sommes effectivement récoltées ont dépassé les promesses annoncées au compteur, et parfois largement : +17 % en 2021, +16,4 % en 2022, plus de seize millions d'euros d'écart en 2024. Le compteur de fin de direct est un plancher, pas un plafond.
« L’essentiel de la collecte part en frais »
D'après la communication de l'association, 83 % des dépenses sont affectées aux missions sociales — recherche médicale, accompagnement des familles, sensibilisation — et 17 % aux frais de gestion, de collecte et au fonctionnement. Ce ratio est régulièrement examiné : la Cour des comptes a publié un rapport dédié le 13 juin 2016.
« C’est France Télévisions qui finance le Téléthon »
Le service public met son antenne et ses moyens à disposition, mais l'émission est une production dont une partie du coût est refacturée à l'association organisatrice : 10,8 millions d'euros sur la période 2008-2013, sur un coût cumulé d'un peu plus de dix-neuf millions. Le don du diffuseur porte sur l'espace d'antenne, pas sur l'intégralité de la production.
« Tout se joue pendant les trente heures d’émission »
Non. Environ 40 % de la collecte provient des manifestations organisées dans les communes, préparées pendant des mois, et la comptabilisation reste ouverte jusqu'au 1er avril suivant. L'édition 2020 l'a démontré par l'absurde : l'émission a eu lieu normalement, mais l'annulation de 80 % des animations a fait chuter le résultat de près de dix millions d'euros.
« Le Sidaction a toujours été une opération de printemps parmi d’autres »
Sa première édition, le 7 avril 1994, fut une première audiovisuelle mondiale : sept chaînes françaises ont diffusé simultanément la même émission. Environ vingt-trois millions de téléspectateurs l'ont suivie et près de trois cents millions de francs ont été recueillis en une seule soirée. Aucune opération caritative française n'a depuis réuni un tel dispositif de diffusion.
« Les grandes soirées caritatives sont un modèle universel »
Le format long est en voie de disparition ailleurs. Les États-Unis, qui l'ont inventé en 1966, y ont mis fin en 2014 au profit d'opérations numériques. Le Royaume-Uni privilégie une soirée d'appel adossée à une campagne annuelle, l'Italie une collecte étalée sur douze mois. La longévité du modèle français est une exception, pas une norme.
Cette page est mise à disposition sous licence Creative Commons BY-SA 4.0. Journalistes, enseignants, étudiants et chercheurs peuvent en reprendre les tableaux et les graphiques en citant la source, en renvoyant aux associations organisatrices pour les montants officiels, et en reprenant systématiquement la distinction entre promesses de dons et collecte définitive, qui conditionne toute comparaison entre éditions.
Méthodologie et sources
Cette page porte sur les opérations caritatives structurellement adossées à une diffusion télévisée nationale en France, de 1987 à 2025, et sur leurs équivalents étrangers les plus documentés. Elle ne traite ni du mécénat d'entreprise, ni des campagnes d'appel aux dons diffusées sous forme de spots publicitaires, ni des cagnottes en ligne sans support télévisé.
Les montants du Téléthon proviennent des communications de l'AFM-Téléthon, des comptes rendus de presse de chaque édition et du rapport de la Cour des comptes du 13 juin 2016. Les éléments relatifs au Sidaction de 1994 et aux Enfoirés reprennent les comptes rendus publiés par les organisateurs et par la presse spécialisée. Les montants étrangers sont issus des annonces officielles des organisations concernées pour leurs exercices 2024.
Aucun montant n'est recalculé par TV.fr. Deux traitements ont été appliqués. D'une part, la conversion indicative des montants en livres sterling en euros, sur une base d'environ 1,18 euro par livre, aux seules fins de lecture graphique. D'autre part, la distinction systématique entre promesses de dons et collecte définitive, signalée ligne par ligne, puisque les sources mélangent fréquemment les deux notions.
Trois précautions. Le résultat de la première édition de 1987 est documenté entre 180,3 et 181,3 millions de francs selon les sources ; la valeur retenue ici en est une conversion arrondie. Les années manquantes de la série ne correspondent pas à des éditions absentes mais à des exercices pour lesquels les deux indicateurs n'ont pas pu être départagés de façon fiable. Enfin, les comparaisons internationales portent sur des causes, des durées d'antenne et des périmètres de collecte différents : elles donnent des ordres de grandeur, non un classement.
Contact presse : journalistes, enseignants et chercheurs souhaitant la série complète des montants, le détail des références de presse par édition ou la base de comparaison internationale peuvent contacter presse@tv.fr.
Questions fréquentes
8Combien le Téléthon a-t-il collecté depuis sa création ?+
Le cumul des promesses de dons depuis la première édition de 1987 dépasse 2,73 milliards d'euros après l'édition 2024. En sommes effectivement collectées, le cumul s'établissait à environ 2,88 milliards d'euros après l'édition 2023, les montants encaissés dépassant presque toujours les promesses annoncées à l'antenne. Sur une année récente, l'ordre de grandeur est de 80 à 97 millions d'euros selon que l'on retient les promesses ou la collecte définitive.
Quelle est la différence entre promesses de dons et collecte ?+
Les promesses sont les engagements enregistrés pendant le direct, affichés au compteur à la fin des trente heures d'émission. La collecte est le montant définitivement encaissé, arrêté plusieurs mois plus tard : tout don parvenu à l'association avant le 1er avril de l'année suivante est rattaché à l'édition. Environ 85 % des promesses se concrétisent dès décembre. À l'exception de 1991 et de 2010, la collecte a toujours dépassé les promesses, de 17 % en 2021 par exemple.
Quelle part des dons va réellement à la recherche ?+
D'après la communication de l'association, 83 % des dépenses sont affectées aux missions sociales : recherche médicale — biothérapies, essais thérapeutiques, programmes stratégiques —, accompagnement des familles et plateforme d'aide, communication et sensibilisation. Les 17 % restants couvrent les frais de gestion, les frais de collecte et le budget de fonctionnement. Le Téléthon représente par ailleurs 82 % des ressources de collecte de l'association.
Quelle a été la meilleure et la pire édition du Téléthon ?+
La meilleure reste celle de 2006, avec 101,5 millions d'euros de promesses et 106,7 millions d'euros effectivement collectés — c'est aussi la première année où France 3 rejoint France 2 pour la diffusion. La plus faible de la période récente est celle de 2020, à 77,3 millions d'euros : l'édition s'est tenue sous confinement et 80 % des animations de terrain, qui représentent habituellement 40 % de la collecte, ont été annulées. L'édition 2024, à 96,55 millions d'euros, constitue le meilleur résultat depuis 2006.
Le premier Sidaction a-t-il vraiment été diffusé sur toutes les chaînes ?+
Oui. Le 7 avril 1994, la même émission a été diffusée simultanément sur les sept chaînes de télévision françaises de l'époque, ce qui constitue une première audiovisuelle mondiale. Environ vingt-trois millions de téléspectateurs l'ont suivie et près de trois cents millions de francs, soit à peu près 45,7 millions d'euros, ont été recueillis en une seule soirée. Aucune opération caritative française n'a depuis réuni un dispositif de diffusion comparable.
Pourquoi les Enfoirés rapportent-ils de l’argent sans appel aux dons ?+
Le modèle économique des Enfoirés ne repose pas sur la collecte pendant l'émission mais sur la vente des spectacles, des albums et des DVD au profit des Restos du Cœur : chaque vente du double album ou du double DVD finance dix-sept repas. L'émission joue donc un rôle de vitrine et de déclencheur commercial. Elle réalise régulièrement l'une des meilleures audiences françaises de l'année : 8,4 millions de téléspectateurs et 45 % de part d'audience pour l'édition 2025, avec un pic à 9 millions.
D’autres pays pratiquent-ils le téléthon comme la France ?+
De moins en moins sous cette forme. Le format a été inventé aux États-Unis en 1966 avec le Labor Day Telethon de la Muscular Dystrophy Association, animé par Jerry Lewis, et c'est l'édition américaine de 1986 qui a inspiré la création du Téléthon français ; les États-Unis y ont pourtant mis fin en 2014. Le Royaume-Uni pratique une soirée d'appel adossée à une campagne annuelle, avec 52,7 millions de livres pour Children in Need sur l'exercice 2024-2025. L'Italie étale sa collecte sur l'année, pour plus de 69 millions d'euros en 2024.
Comment est né le Téléthon français ?+
En août 1986, Pierre Birambeau, cadre et père d'un enfant atteint de myopathie, part enquêter aux États-Unis sur le Téléthon américain, qui venait de lever l'équivalent d'une trentaine de millions d'euros. Il convainc le conseil d'administration de l'Association française contre les myopathies, alors présidé par Bernard Barataud, qui le charge d'organiser l'émission. Antenne 2 accepte de la diffuser et les bénévoles du Lions Club de France répondent au téléphone. La première édition a lieu les 4 et 5 décembre 1987 ; le compteur à huit chiffres, trop court, doit être complété d'un neuvième peint à la main.