OBSERVATOIRE — CALENDRIER ET AUDIENCES 2026

La télévision française n'a pas douze mois identiques

Entre le mois le plus regardé et le mois le moins regardé, l'écart avoisine une heure par jour et par personne — davantage que ce qui sépare deux grandes chaînes concurrentes sur une année entière. Et selon le modèle de Médiamétrie, la météo y pèse plus lourd que la grille des programmes

Mis à jour en septembre 2026 — Saison 2025-2026, données Médiamétrie (Médiamat annuel 2025 et modèle explicatif des facteurs d'évolution de la durée d'écoute)

Mois le plus regardé
Janvier
Indice 114 pour une moyenne annuelle de 100
Mois le moins regardé
Août
Indice 82, le plancher du cycle annuel
Écart entre les deux
1 h 07
Par jour et par personne, ordre de grandeur
Variations expliquées
71 %
Pouvoir explicatif du modèle Médiamétrie

Un cycle que les chaînes subissent et épousent

La télévision française ne se regarde pas de la même façon en janvier et en août, et cet écart n'a presque rien à voir avec la qualité des programmes. La consommation télévisée suit un cycle annuel d'une régularité remarquable, commandé par trois familles de variables que Médiamétrie a modélisées : la météo, le calendrier scolaire et social, et la densité des événements. Les chaînes ne subissent pas ce cycle, elles l'épousent : elles concentrent leurs lancements sur une saison qui court de fin août à fin juin, allègent la grille pendant neuf semaines d'été, et réservent leurs coups les plus chers aux mois où le public est mécaniquement le plus disponible. Comprendre la saisonnalité, c'est comprendre pourquoi une série lancée le 15 juillet n'a jamais eu les mêmes chances qu'une série lancée le 15 janvier.

🔁
Le principe
Un cycle annuel stable, pas douze mois interchangeables
🌡️
Le moteur
La météo et le calendrier avant la programmation
📅
La saison
Fin août → fin juin
📉
L'amplitude
≈ 1 h 07 entre le mois haut et le mois bas
📊
Le modèle
71 % des variations expliquées par un modèle statistique
🎯
La conséquence
La date de lancement vaut autant que le programme

Le profil de l'année télévisée

114 contre 82

L'écart entre le mois le plus regardé et le mois le moins regardé atteint une trentaine de points d'indice, soit, rapporté à une durée d'écoute moyenne de l'ordre de trois heures trente par jour, un écart d'environ une heure par personne et par jour entre janvier et août. Cet écart est plus important que celui qui sépare deux chaînes généralistes concurrentes sur une année entière. Il est aussi remarquablement stable d'une année à l'autre, ce qui en fait un phénomène structurel et non conjoncturel.

114
112
106
99
94
90
84
82
92
101
108
110
Jan
Fév
Mar
Avr
Mai
Juin
Juil
Août
Sep
Oct
Nov
Déc
JanvierPic annuel · 114

Nuits les plus longues, températures les plus basses, rentrée scolaire de janvier : toutes les variables du modèle poussent dans le même sens. C'est le mois où les chaînes lancent leurs nouvelles cases et où le coût d'un écran publicitaire repart à la hausse après le creux de début d'année.

FévrierPic annuel · 112

Deuxième mois le plus regardé. Les vacances d'hiver, étalées sur trois zones, retirent une partie du public des grandes agglomérations sans casser le niveau général : partir au ski, c'est regarder moins, mais l'effet est compensé par le froid dans les régions qui restent.

MarsPériode haute · 106

Le changement d'heure de fin mars marque la première rupture nette de l'année : une heure de clarté supplémentaire en soirée déplace mécaniquement une partie de la disponibilité vers l'extérieur.

AvrilAutour de la moyenne · 99

Le mois de bascule : la consommation repasse sous la moyenne annuelle. Les vacances de printemps et les premiers week-ends prolongés fragmentent les soirées.

MaiDécrue · 94

Le mois le plus troué du calendrier français : jours fériés, ponts, longs week-ends. Les chaînes y placent volontiers des rediffusions, sauf les soirs où un grand rendez-vous sportif ou une finale de télécrochet tient le prime time.

JuinDécrue · 90

Fin de saison : les feuilletons quotidiens s'arrêtent ou passent en rediffusion, les magazines soldent leurs derniers numéros. Les années paires, un Euro ou une Coupe du monde de football peut inverser localement la tendance pendant trois semaines.

JuilletCreux annuel · 84

Le Tour de France occupe les après-midi et soutient la consommation de journée, mais les soirées sont les plus faibles de l'année après celles d'août. La grille bascule intégralement en mode estival.

AoûtCreux annuel · 82

Le plancher annuel. Congés, chaleur, journées longues : les trois principales variables négatives se cumulent. C'est aussi le mois où les recettes publicitaires télévisées sont les plus faibles, ce qui justifie économiquement la grille la plus légère.

SeptembreReprise · 92

Contre-intuitif : septembre est le mois de la rentrée des grilles, pas celui de la rentrée des audiences. La disponibilité du public remonte lentement, alors que les chaînes ont déjà dépensé l'essentiel de leur budget de lancement.

OctobreAutour de la moyenne · 101

Le retour à l'heure d'hiver fin octobre produit l'effet inverse de celui de mars : la nuit tombe avant la fin de la journée de travail, et la consommation repasse au-dessus de la moyenne annuelle.

NovembrePériode haute · 108

Mois sans vacances scolaires longues, sans jour férié structurant après le 11, et le plus sombre de l'année avant décembre. Les chaînes y placent leurs soirées les plus coûteuses et les lancements de deuxième vague.

DécembrePic annuel · 110

Mois de rendez-vous : Téléthon le premier week-end, films de Noël, Miss France, réveillons. Les fêtes déplacent la consommation vers les programmes familiaux et rassembleurs plus qu'elles ne l'augmentent globalement.

Lecture : l'axe vertical est un indice, base 100 égale moyenne annuelle, matérialisée par le trait pointillé. 6 mois se situent au-dessus de cette moyenne, 6 en dessous. L'échelle est resserrée autour de l'amplitude observée afin de rendre les écarts lisibles ; elle ne commence pas à zéro, et les hauteurs de colonnes ne doivent donc pas être lues comme des rapports de proportion. L'écart de 32 points entre janvier et août correspond, rapporté à une durée d'écoute moyenne de l'ordre de 3 h 30 par jour, à environ 1 h 07 d'écart quotidien par personne. L'indice mensuel est un profil type construit par TV.fr : il synthétise le sens et l'ordre de grandeur des variations saisonnières documentées, et ne reproduit pas les chiffres mensuels du Médiamat, qui sont des données propriétaires de Médiamétrie.

Ce qui fait vraiment varier la durée d'écoute

71 % expliqués

En 2014, les statisticiens de Médiamétrie ont publié un modèle explicatif des variations de la durée d'écoute individuelle, présenté lors d'un Hotspot(s) consacré à la mesure d'audience. Son pouvoir explicatif atteint 71 % : près de trois quarts des variations mensuelles de la consommation télévisée s'expliquent par des variables extérieures aux programmes. Les 29 % restants recouvrent ce qui n'est pas quantifiable — la programmation des chaînes elle-même et la concurrence des loisirs non numériques.

Pour neutraliser la saisonnalité, le modèle ne travaille pas sur la durée d'écoute brute mais sur une durée différentielle : l'écart entre un mois donné et le même mois de l'année précédente. Novembre est comparé à novembre, jamais à octobre. C'est précisément parce que la saisonnalité est trop forte pour être ignorée qu'il a fallu l'éliminer méthodologiquement.

Météo — températures et ensoleillementmétéorologiquePousse à la baisse
La variable la plus puissante à court terme. Médiamétrie a chiffré l'effet : sur les neuf premiers mois de 2014, un gain de 1,3 degré de température moyenne en un an correspondait à trois minutes de durée d'écoute quotidienne en moins, soit environ deux minutes par degré. La durée d'ensoleillement est, elle, fortement corrélée négativement aux précipitations, à hauteur de 77 %, ce qui permet de n'en retenir qu'une des deux dans le modèle.
Calendrier — vacances et jours fériéscalendaireEffet ambivalent
Le nombre de jours de vacances est une variable explicative à part entière. Son effet n'est pas univoque : des vacances d'hiver augmentent la consommation des enfants restés à domicile, des vacances d'été la réduisent fortement. C'est la combinaison saison + vacances qui compte, pas les vacances seules.
Événements — grands rendez-vous sportifsévénementielPousse à la hausse
Le nombre de jours de grands événements sportifs figure explicitement parmi les variables du modèle. C'est le seul facteur capable d'inverser ponctuellement le cycle saisonnier : une Coupe du monde en juin-juillet ou des Jeux olympiques d'été replacent, pendant deux à trois semaines, des niveaux de consommation de plein hiver au cœur de la période basse.
Programmation — nombre de nouveaux programmeséditorialPousse à la hausse
Le nombre de nouveaux programmes est intégré au modèle, mais son pouvoir explicatif est nettement inférieur à celui de la météo. C'est le résultat le plus dérangeant pour les chaînes : sur un mois donné, la programmation pèse moins lourd que le thermomètre.
Équipement — tablettes, enregistreurs, écrans internetstructurelPousse à la baisse
Effet structurel et non saisonnier, mais il se superpose au cycle. Médiamétrie a mesuré qu'une progression conjointe de 11,7 points de l'équipement en tablettes et de 3,3 points en enregistreurs numériques correspondait à cinq minutes de durée d'écoute en direct en moins.
Usages concurrents du téléviseur — différé, replay, jeu vidéostructurelPousse à la baisse
Agrégat des usages de l'écran de télévision autres que le direct. Sur la période testée, il expliquait à lui seul une minute de durée d'écoute en direct en moins — ce qui a justifié l'intégration progressive du différé, en janvier 2011, puis du replay sur téléviseur, en octobre 2014, dans la mesure de référence.
Conjoncture — pouvoir d’achat, taux d’activitééconomiqueEffet ambivalent
Variables de conjoncture retenues parmi les explicatives potentielles. Leur effet est lent et diffus : elles agissent sur le niveau général d'une année à l'autre, pas sur la forme du cycle à l'intérieur d'une année.
Actualité — intensité du cycle d’informationévénementielPousse à la hausse
Une élection, une crise sanitaire ou un attentat produisent des pics de consommation qui n'appartiennent à aucun cycle. Ces effets restent, avec la programmation fine des chaînes, dans les 29 % de variations que le modèle ne prétend pas expliquer.

Lecture : les longueurs de barres traduisent un ordre de priorité entre facteurs, construit par TV.fr à partir de la hiérarchie exposée par Médiamétrie ; elles ne reproduisent pas les coefficients du modèle, qui n'ont pas été publiés facteur par facteur. Les barres rouges désignent les variables qui poussent la durée d'écoute à la baisse, les barres vertes celles qui la poussent à la hausse, les barres hachurées violettes celles dont l'effet dépend de la saison. Seuls trois effets ont été chiffrés publiquement : trois minutes perdues pour 1,3 degré gagné, cinq minutes perdues pour la progression conjointe des tablettes et des enregistreurs, une minute perdue pour les autres usages du téléviseur.

Qui gagne le mois de décembre

6 hausses / 9 baisses

Le Médiamat annuel publie, pour chaque chaîne, sa part d'audience du mois de décembre à côté de sa part d'audience sur l'année entière. La comparaison des deux colonnes donne une mesure directe et publique d'un effet saisonnier : quelles chaînes gagnent du terrain quand le gâteau se réduit et se recompose en fin d'année, et lesquelles en perdent. Le résultat contredit une intuition répandue : ce sont les petites chaînes de la TNT, et non les grandes généralistes, qui profitent le plus de décembre.

W9
+0,6 pt
TNT — décembre 3,1 % contre 2,5 % sur l'année
TMC
+0,5 pt
TNT — décembre 3,5 % contre 3,0 % sur l'année
FRANCE 4
+0,3 pt
Service public — décembre 1,3 % contre 1,0 % sur l'année
M6
+0,2 pt
Historique — décembre 8,1 % contre 7,9 % sur l'année
CSTAR
+0,1 pt
TNT — décembre 1,3 % contre 1,2 % sur l'année
L'ÉQUIPE
+0,1 pt
TNT — décembre 1,7 % contre 1,6 % sur l'année
ARTE
±0,0 pt
Service public — décembre 3,1 % contre 3,1 % sur l'année
FRANCE 5
±0,0 pt
Service public — décembre 3,5 % contre 3,5 % sur l'année
GULLI
±0,0 pt
Jeunesse — décembre 1,1 % contre 1,1 % sur l'année
LCI
±0,0 pt
Info — décembre 2,0 % contre 2,0 % sur l'année
franceinfo:
±0,0 pt
Info — décembre 0,9 % contre 0,9 % sur l'année
RMC STORY
±0,0 pt
TNT — décembre 1,7 % contre 1,7 % sur l'année
RMC DÉCOUVERTE
±0,0 pt
TNT — décembre 1,8 % contre 1,8 % sur l'année
BFM TV
−0,1 pt
Info — décembre 2,7 % contre 2,8 % sur l'année
TFX
−0,1 pt
TNT — décembre 1,7 % contre 1,8 % sur l'année
6TER
−0,1 pt
TNT — décembre 1,7 % contre 1,8 % sur l'année
TF1 SÉRIES FILMS
−0,1 pt
TNT — décembre 1,6 % contre 1,7 % sur l'année
CANAL+
−0,1 pt
Payante — décembre 1,3 % contre 1,4 % sur l'année
CNEWS
−0,2 pt
Info — décembre 3,2 % contre 3,4 % sur l'année
FRANCE 3
−0,4 pt
Service public — décembre 8,7 % contre 9,1 % sur l'année
TF1
−0,4 pt
Historique — décembre 18,3 % contre 18,7 % sur l'année
FRANCE 2
−0,9 pt
Service public — décembre 14,0 % contre 14,9 % sur l'année

Lecture : Un écart positif signifie que la chaîne pèse plus lourd en décembre que sur l'ensemble de l'année. La part d'audience étant un partage à somme constante, la somme des gains égale celle des pertes : décembre ne crée pas d'audience, il la redistribue. Les barres partent d'un axe central ; vers la droite pour un gain, vers la gauche pour une perte, avec une échelle commune calée sur l'écart le plus important, 0,9 point. Sur les 22 chaînes publiées, 6 progressent en décembre, 9 reculent et 7 restent au même niveau qu'en moyenne annuelle. Les parts d'audience sont reprises telles quelles du communiqué Médiamat annuel 2025 de Médiamétrie, du 29 décembre 2025, pour les individus de quatre ans et plus, du lundi au dimanche, de 3 h à 3 h. Les deux nouvelles chaînes T18 et Novo19 ne figurent pas dans le classement : entrées dans la mesure quotidienne au 1er septembre 2025, leur part d'audience annuelle n'a pas été publiée.

Anatomie d'une saison en 9 phases

52 semaines

Une année de télévision ne se découpe pas en quatre trimestres mais en neuf séquences éditoriales, chacune avec sa fonction, son niveau de dépense et son type de programmes. La grille d'été occupe 9 semaines sur 52, soit environ 17 % de l'année, pour une part très inférieure des budgets de programmes.

PhaseFenêtreDuréeCe qui s'y joueEnjeu
La pré-rentréeMi-août → fin août2 sem.Retour des feuilletons quotidiens et des access, encore devant un public partiel. Les chaînes testent les nouveautés les moins exposées avant l'arrivée du gros du public.Roder les cases sans risquer les lancements chers
La rentréeDébut septembre → fin septembre4 sem.Conférences de presse passées, grilles complètes, lancement des nouvelles émissions d'access et des magazines. Les campagnes d'autopromotion atteignent leur maximum annuel.Installer les habitudes qui tiendront jusqu’en juin
La première vague de primeOctobre → mi-novembre7 sem.Le public est pleinement disponible, la nuit tombe tôt, aucune vacance longue n'interrompt les semaines. Les fictions événementielles et les grands divertissements y sont concentrés.La période la plus rentable de la saison
Les fêtesFin novembre → 31 décembre5 sem.Téléthon, films de Noël, Miss France, spectacles et rediffusions patrimoniales. La consommation reste élevée mais se déplace vers les programmes familiaux et les grands rendez-vous.Rassembler plutôt que segmenter
La seconde rentréeJanvier → février9 sem.Le pic annuel de disponibilité. Deuxième salve de lancements, retours de franchises, télécrochets. Les Enfoirés, sur TF1, y réalisent régulièrement la meilleure audience de l'année.Le meilleur rapport exposition/coût de l’année
Le plateau de printempsMars → mi-avril6 sem.Consommation encore haute mais déclinante après le changement d'heure. Les chaînes soldent leurs stocks de fiction et installent les programmes de fin de saison.Amortir avant la décrue
La décrueMi-avril → fin mai6 sem.Jours fériés, ponts et beaux jours fragmentent les soirées. Les grilles se font plus répétitives, sauf les soirs de compétition sportive.Tenir sans dépenser
La fin de saisonJuin4 sem.Finales, derniers numéros, arrêts des quotidiennes. Les années paires, un grand tournoi de football peut recréer artificiellement une période haute.Sortir par le haut ou en silence
La grille d’étéJuillet → mi-août9 sem.Rediffusions, feuilletons d'été tournés en décor permanent, séries de stock, Tour de France l'après-midi. Le coût horaire de la grille est au plus bas de l'année, en face de recettes publicitaires elles aussi au plus bas.Occuper l’antenne au coût le plus faible possible

Les rendez-vous qui tiennent le calendrier

8

Les Enfoirés

Annuel
Début mars (diffusion)TF1

Concert enregistré en janvier, diffusé début mars au profit des Restos du Cœur. L'édition 2025 a réuni 8,4 millions de téléspectateurs à sept jours, 45 % de part d'audience et un pic à 9 millions : la meilleure audience de la télévision française depuis le début de l'année.

Roland-Garros

Annuel
Fin mai → début juinFrance Télévisions / Prime Video

Le dernier grand rendez-vous sportif avant la décrue estivale. Il occupe les après-midi pendant deux semaines, au moment précis où la consommation de journée commence à baisser.

Le Tour de France

Annuel
JuilletFrance Télévisions

Le seul programme capable de soutenir la consommation d'après-midi au cœur du creux estival, trois semaines durant, en semaine comme le week-end.

Le Téléthon

Annuel depuis 1987
Premier week-end de décembreFrance Télévisions

Trente heures de direct qui structurent le premier week-end de décembre sur le service public depuis bientôt quarante ans.

Miss France

Annuel
Mi-décembreTF1

L'un des derniers grands rendez-vous fédérateurs de fin d'année en clair, placé juste avant la bascule vers les programmes de réveillon.

Le Sidaction

Annuel depuis 1994
Fin mars / début avrilMulti-chaînes

Opération multi-antennes héritée de la soirée du 7 avril 1994, diffusée simultanément sur les sept chaînes hertziennes de l'époque.

Jeux olympiques d’été

Tous les 4 ans
Juillet-aoûtFrance Télévisions / Eurosport

Le seul événement capable d'inverser complètement le creux estival : il replace, pendant deux semaines d'été, des niveaux de consommation de saison haute.

Euro / Coupe du monde de football

Tous les 2 ans
Juin-juilletTF1 / M6 / diffuseurs payants

Décale la fin de saison : les chaînes retardent l'arrêt de leurs programmes ou l'avancent, selon qu'elles détiennent ou non les droits.

Soixante ans de cycle annuel

10
1964

La deuxième chaîne de l'ORTF ouvre et impose de penser la grille en concurrence interne. La notion de « saison » télévisuelle, calquée sur l'année scolaire, s'installe progressivement dans les rédactions de programmes.

1985

Médiamétrie est créée. Pour la première fois, les variations mensuelles de la consommation télévisée deviennent mesurables de façon continue et opposable à tout le marché.

1989

Repère de long terme publié par Médiamétrie : en vingt-cinq ans, entre 1989 et 2014, la durée d'écoute quotidienne des Français a augmenté de quarante-quatre minutes.

2011

Le Médiamat intègre le visionnage en différé. Une partie de la consommation qui échappait à la saisonnalité du direct — on enregistre en semaine, on regarde le week-end — entre dans la mesure de référence.

2012

Année record de la durée d'écoute individuelle, à 3 h 49 par jour. Le reflux qui suit, quatre minutes en 2013 puis cinq en 2014, déclenche chez Médiamétrie la recherche d'un modèle explicatif.

2014

Octobre : le replay sur téléviseur entre dans le Médiamat. Décembre : Médiamétrie publie son modèle explicatif des facteurs d'évolution de la durée d'écoute, avec un pouvoir explicatif de 71 %, et chiffre pour la première fois l'effet de la température.

2020

Les confinements liés au Covid-19 produisent l'anomalie saisonnière la plus forte jamais observée : un pic de consommation en mars-avril, mois habituellement de décrue, puis un été atypique. L'événement démontre par l'absurde que la disponibilité du public commande le cycle.

2024

Le 1er janvier, le Médiamat intègre les Français non équipés de téléviseur à domicile et les contenus regardés sur écran internet à domicile. Médiamétrie précise que cette évolution rend impossible toute comparaison avec les résultats des années antérieures — une rupture de série qui complique l'analyse des saisonnalités longues.

2025

Le Médiamat annuel, publié le 29 décembre, couvre la période du 30 décembre 2024 au 28 décembre 2025 et fournit, chaîne par chaîne, la part d'audience de décembre à côté de celle de l'année. Une nouvelle numérotation de la TNT est entrée en vigueur le 6 juin, et deux nouvelles chaînes gratuites, T18 et Novo19, ont rejoint la mesure quotidienne au 1er septembre.

2026

La saison 2025-2026 s'achève sur un constat stable : malgré la fragmentation des usages, la forme du cycle annuel — creux d'août, pic de janvier — n'a pas changé de nature depuis trente ans, seule son amplitude relative se déplace.

Six mécanismes pour comprendre

6

Le thermomètre programme autant que le directeur des programmes

Mécanisme structurel

C'est le résultat le plus contre-intuitif du modèle de Médiamétrie : sur un mois donné, la météo pèse plus lourd que la grille. Un gain de 1,3 degré en moyenne sur neuf mois valait trois minutes de durée d'écoute quotidienne en moins, soit environ deux minutes par degré. À l'échelle d'un pays de soixante-trois millions d'habitants, deux minutes par jour et par personne représentent un volume d'exposition publicitaire considérable, que personne n'a décidé et que personne ne peut corriger.

La saison télé est calquée sur l’année scolaire, pas sur l’année civile

Mécanisme structurel

Les grilles se pensent de septembre à juin, comme un calendrier scolaire. Cela a une conséquence budgétaire directe : les exercices comptables des chaînes, eux, courent de janvier à décembre. Une saison chevauche donc toujours deux exercices, et un lancement raté en septembre pèse sur deux bilans successifs.

Septembre est un mois de lancement, pas un mois de pic

Idée reçue tenace

L'intuition professionnelle place la rentrée en haut du cycle ; les données la placent encore sous la moyenne annuelle. Les chaînes engagent leurs dépenses de lancement les plus lourdes à un moment où la disponibilité du public n'est pas encore revenue à son niveau haut. C'est un pari assumé : on installe en septembre une habitude qui se consommera en novembre et en janvier.

Le sport est le seul levier capable d’inverser le cycle

Idée reçue tenace

Aucune fiction, aucun divertissement n'annule un creux saisonnier. Un grand tournoi de football ou des Jeux olympiques d'été, si. C'est la raison pour laquelle les droits sportifs d'été se négocient à des niveaux sans rapport avec leur durée d'antenne : ils achètent de l'audience là où l'audience n'existe pas naturellement.

La grille d’été n’est pas une grille au rabais, c’est une grille à coût aligné

À nuancer

L'allègement estival n'est pas un renoncement éditorial mais un ajustement économique : les recettes publicitaires sont au plus bas en juillet-août, la grille se cale donc sur un coût horaire correspondant. Les feuilletons d'été tournés en décor permanent, amortis sur des dizaines d'épisodes, sont l'expression la plus aboutie de cette contrainte.

Décembre redistribue l’audience plus qu’il ne l’augmente

À nuancer

La comparaison publique entre la part d'audience de décembre et la part d'audience annuelle montre des mouvements nets : certaines chaînes de la TNT gagnent plusieurs dixièmes de point, plusieurs généralistes en perdent. La part d'audience étant un partage, ces mouvements s'annulent — ce qui change en décembre, c'est la répartition du regard, pas son volume.

Six idées reçues sur la saison télé

6
Idée reçue tenace

« Les gens regardent moins la télévision l’été parce que les programmes sont mauvais »

L'ordre causal est inverse. Les chaînes allègent la grille parce qu'elles savent que le public est moins disponible et que les recettes publicitaires sont au plus bas, pas l'inverse. Le modèle de Médiamétrie attribue l'essentiel des variations mensuelles à la météo, aux vacances et aux événements ; le nombre de nouveaux programmes y figure, mais avec un poids explicatif nettement inférieur.

Idée reçue tenace

« La rentrée de septembre est le pic d’audience de l’année »

Septembre est le pic de lancement, pas le pic de consommation. La disponibilité du public remonte progressivement et ne dépasse la moyenne annuelle qu'à partir d'octobre, une fois le changement d'heure passé. Le sommet du cycle se situe en janvier et février.

À nuancer

« La saisonnalité s’efface avec le streaming et le replay »

Le différé et le replay déplacent le moment du visionnage à l'intérieur d'une semaine, pas d'une saison. Les mêmes contraintes — clarté, température, vacances, disponibilité des soirées — s'appliquent à une série regardée sur une plateforme. La saisonnalité change d'amplitude, pas de forme.

À nuancer

« Les mois de décembre sont les plus regardés de l’année »

Décembre est un très grand mois, mais janvier et février le devancent régulièrement. Les fêtes déplacent une partie du public hors du domicile, chez des proches ou en vacances, et les journées de réveillon elles-mêmes sont des journées de faible consommation individuelle, compensées par des soirées très rassembleuses.

Mécanisme structurel

« On peut comparer un mois de 2026 à un mois de 2019 »

Non, pas directement. Médiamétrie a intégré au Médiamat le différé en 2011, le replay sur téléviseur en 2014, puis, au 1er janvier 2024, les foyers non équipés de téléviseur et les contenus regardés sur écran internet à domicile — en précisant que cette dernière évolution rend impossible toute comparaison avec les années antérieures à 2024.

À nuancer

« Une bonne audience en août vaut une bonne audience en janvier »

En valeur absolue, non : le public disponible n'est pas le même. En valeur relative, la part d'audience corrige cet effet, ce qui explique que les chaînes communiquent volontiers en parts d'audience l'été et en millions de téléspectateurs l'hiver. Lire les deux indicateurs ensemble est la seule façon de comparer honnêtement deux performances de saisons différentes.

Citer cette page

Cette page est mise à disposition sous licence Creative Commons BY-SA 4.0. Journalistes, enseignants, étudiants et chercheurs peuvent en reprendre les tableaux et les graphiques en citant la source, en renvoyant à Médiamétrie pour les parts d'audience et les effets chiffrés, et en rappelant que le profil mensuel indiciaire et la hiérarchie des facteurs sont des indicateurs construits par TV.fr, et non des publications de Médiamétrie.

TV.fr, « La saison télé : le calendrier caché de la télévision française », Observatoire TV.fr, septembre 2026. https://www.tv.fr/observatoire/saisonnalite-television

Méthodologie et sources

Périmètre

Cette page porte sur la saisonnalité de la consommation télévisée en France métropolitaine, mesurée sur l'ensemble des individus âgés de quatre ans et plus. Elle couvre la saison 2025-2026 pour la description des grilles, et les publications de Médiamétrie de 2014 à 2025 pour les éléments quantifiés.

Origine des données

Deux catégories de données sont mobilisées. Les écarts de part d'audience entre décembre 2025 et l'année 2025 sont issus tels quels du communiqué Médiamat annuel publié par Médiamétrie le 29 décembre 2025, qui couvre la période du 30 décembre 2024 au 28 décembre 2025. Les facteurs explicatifs et leurs effets chiffrés proviennent de la présentation du modèle explicatif des facteurs d'évolution de la durée d'écoute individuelle, élaboré par les statisticiens de Médiamétrie et présenté en octobre 2014.

Indicateurs construits

Deux indicateurs sont construits par TV.fr et n'existent pas sous cette forme chez les producteurs de données. Le profil mensuel indiciaire, base 100 égale moyenne annuelle, synthétise le sens et l'ordre de grandeur des variations saisonnières documentées : ce n'est pas une restitution des Médiamat mensuels, qui sont des données propriétaires. L'indice de poids explicatif attribué à chaque facteur hiérarchise les variables retenues dans le modèle de Médiamétrie ; il ne reproduit pas les coefficients du modèle, qui n'ont pas été publiés facteur par facteur.

Précautions de lecture

Trois précautions. D'abord, les effets chiffrés de la température datent de la période janvier-septembre 2014 et valent comme ordre de grandeur, non comme coefficient actuel. Ensuite, l'évolution méthodologique du Médiamat au 1er janvier 2024 interdit toute comparaison directe avec les années antérieures. Enfin, la comparaison décembre/année porte sur la part d'audience, un indicateur de répartition : un gain de part d'audience en décembre ne signifie pas nécessairement un gain de téléspectateurs.

Sources mobilisées
1
Médiamétrie — Médiamat annuel 2025
Communiqué de presse du 29 décembre 2025, période du 30 décembre 2024 au 28 décembre 2025. Parts d'audience de décembre 2025 et de l'année 2025 par chaîne, couverture mensuelle, description des deux panels de la mesure.
2
Médiamétrie — Modèle explicatif des facteurs d'évolution de la durée d'écoute individuelle
Présentation de Lorie Dudoignon, experte statisticienne, lors du Hotspot(s) « Innover pour enrichir la mesure d'audience de demain » du 9 octobre 2014 ; publication du 30 décembre 2014. Pouvoir explicatif de 71 %, effet de la température, effet des équipements.
3
Médiamétrie — Médiamat, méthodologie
Panel d'environ 12 000 individus dans 5 500 foyers équipés d'audimètres, second panel d'environ 5 000 porteurs d'audimètres individuels, population de référence de 63,1 millions de personnes de 4 ans et plus. Évolution méthodologique du 1er janvier 2024.
4
Médiamétrie — bilans annuels vidéo
Repères de consommation vidéo tous écrans, dont une consommation quotidienne de contenus vidéo de 4 h 14 en 2025.
5
Calendriers officiels des chaînes et des compétitions
Dates de diffusion des rendez-vous récurrents : Téléthon (premier week-end de décembre depuis 1987), Les Enfoirés, Roland-Garros, Tour de France, Jeux olympiques d'été.
Mise à jour
15 septembre 2026
Couverture
France métropolitaine, individus de 4 ans et plus
Licence
CC BY-SA 4.0
Périmètre chiffré
12 mois, 8 facteurs, 22 chaînes

Contact presse : journalistes, enseignants et chercheurs souhaitant le détail de la construction du profil mensuel, la table complète des écarts décembre/année ou les références exactes des publications Médiamétrie citées peuvent contacter presse@tv.fr.

Questions fréquentes

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Quel est le mois où les Français regardent le plus la télévision ?+

Janvier, suivi de février. Le cycle annuel est commandé par la durée du jour, la température et la disponibilité des soirées : en janvier, ces trois variables sont au maximum de leur effet positif sur la consommation télévisée. Décembre est également un très grand mois, mais les fêtes déplacent une partie du public hors du domicile. À l'inverse, août constitue le plancher annuel, avec un écart d'environ une heure par jour et par personne par rapport à janvier.

Pourquoi regarde-t-on moins la télévision en été ?+

Pour trois raisons cumulatives, et non parce que les programmes seraient moins bons. Les journées sont longues et la clarté retient à l'extérieur en soirée ; les températures élevées réduisent mécaniquement la consommation, Médiamétrie ayant chiffré l'effet à environ deux minutes de durée d'écoute par degré supplémentaire ; enfin les congés déplacent des millions de personnes hors de leur domicile habituel. Les chaînes allègent leur grille en conséquence, ce qui est une conséquence du creux, pas sa cause.

Quand commence et quand finit la saison télé en France ?+

La saison télévisuelle française court de la mi-août, avec une pré-rentrée où reviennent les feuilletons quotidiens, jusqu'à la fin juin, où s'arrêtent les dernières quotidiennes et les magazines. Elle est calquée sur le calendrier scolaire et non sur l'année civile, ce qui représente environ quarante-trois semaines de grille pleine, suivies de sept à neuf semaines de grille d'été. Les exercices comptables des chaînes courant de janvier à décembre, une saison chevauche toujours deux exercices.

La météo influence-t-elle vraiment l’audience de la télévision ?+

Oui, et c'est le facteur à court terme le plus puissant identifié par Médiamétrie. Dans le modèle explicatif publié en 2014, un gain de 1,3 degré de température moyenne sur neuf mois correspondait à une baisse de trois minutes de la durée d'écoute quotidienne, soit environ deux minutes par degré. La durée d'ensoleillement joue dans le même sens ; elle est corrélée négativement aux précipitations à hauteur de 77 %, ce qui permet de ne retenir qu'une de ces deux variables.

Quelles chaînes profitent le plus du mois de décembre ?+

D'après le Médiamat annuel 2025, ce sont plusieurs chaînes de la TNT qui affichent en décembre une part d'audience supérieure à leur moyenne annuelle, notamment W9, TMC et France 4, tandis que plusieurs grandes généralistes et chaînes d'information se situent en décembre légèrement sous leur niveau annuel. La part d'audience étant un partage à somme constante, décembre redistribue le regard plutôt qu'il ne l'augmente.

Peut-on comparer les audiences de deux mois de deux années différentes ?+

Seulement avec précaution, et seulement mois à mois identique. Médiamétrie compare novembre à novembre, jamais novembre à octobre, précisément pour neutraliser la saisonnalité. Par ailleurs, la mesure a changé plusieurs fois de périmètre : intégration du différé en 2011, du replay sur téléviseur en 2014, puis, au 1er janvier 2024, des foyers sans téléviseur et des contenus vus sur écran internet à domicile — évolution dont Médiamétrie indique qu'elle rend impossible toute comparaison avec les années antérieures.

Un grand événement sportif peut-il annuler le creux d’été ?+

Ponctuellement, oui, et c'est le seul levier qui le permette. Le nombre de jours de grands événements sportifs figure explicitement parmi les variables du modèle de Médiamétrie. Des Jeux olympiques d'été ou une Coupe du monde de football replacent, pendant deux à trois semaines de juillet, des niveaux de consommation comparables à ceux d'une période haute. L'effet est local dans le temps : le creux reprend dès la fin de la compétition.

Pourquoi les chaînes lancent-elles leurs nouveautés en septembre si le public n’est pas encore là ?+

Parce qu'un lancement n'achète pas une audience immédiate mais une habitude. Les cases installées en septembre se consomment en octobre, novembre et janvier, quand la disponibilité du public atteint son maximum. Lancer en janvier reviendrait à arriver après les concurrentes sur un public déjà pris par d'autres rendez-vous. La rentrée est donc un investissement à retour décalé, ce qui explique aussi l'intensité des campagnes d'autopromotion à cette période.

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