Quatre-vingt-dix ans de bascules techniques
Derrière chaque image de télévision se cache une norme : un nombre de lignes, une largeur de canal, un système de couleur, un codec de compression. En quatre-vingt-dix ans, la France en a changé sept fois, et chaque bascule a rendu obsolète le parc de récepteurs existant. Le pays a d'abord été un cas à part : il a diffusé en 819 lignes de 1949 à 1983, la définition la plus élevée au monde à l'époque, avant de revenir à 625 lignes pour s'aligner sur ses voisins, puis a imposé le SECAM, un système de couleur incompatible avec le PAL allemand. L'ère numérique a corrigé cette singularité : la TNT lancée en 2005 repose sur la norme européenne DVB-T, passée du MPEG-2 au MPEG-4 en 2016. La France est aujourd'hui l'un des derniers grands pays d'Europe de l'Ouest à ne pas avoir basculé en DVB-T2, la norme qui conditionne la généralisation de l'ultra haute définition sur l'antenne. Cet observatoire réunit la chronologie complète, les caractéristiques techniques de chaque standard et les comparaisons internationales.
La définition de l'image, de 1935 à aujourd'hui
Nombre de lignes de définition selon la norme en vigueur. La progression n'est pas continue : en 1964, la France a délibérément réduit la définition de ses images, passant de 819 à 625 lignes, pour pouvoir diffuser en couleur et multiplier les chaînes.
À retenir : il a fallu attendre 2008 et l'arrivée de la haute définition sur la TNT — soit quarante-quatre ans — pour que la télévision française retrouve, puis dépasse, la définition qu'elle offrait en 819 lignes avant 1964.
Les sept normes de la télévision française
760 lignes
La première émission officielle a lieu le 26 avril 1935 depuis le ministère des PTT, rue de Grenelle, en 60 lignes — une définition qui permet tout juste de reconnaître un visage en gros plan. Le nombre de récepteurs se compte en dizaines. La définition est portée à 180 puis 455 lignes avant la guerre, sans jamais atteindre le grand public.
441 lignes
Norme d'origine allemande mise en service à Paris pendant l'Occupation et conservée par la Radiodiffusion française après 1944. C'est en 441 lignes que sont diffusés les tout premiers journaux télévisés à partir de 1949. Le réseau est arrêté en 1956, les téléspectateurs devant basculer vers le 819 lignes.
819 lignes
Adopté par décret du 20 novembre 1948, le 819 lignes offre la meilleure définition au monde à l'époque, au prix d'un canal deux fois plus large que les standards voisins — donc de très peu de chaînes possibles. Cette gourmandise en fréquences et l'impossibilité d'y ajouter la couleur condamneront le standard. Les dernières émissions en 819 lignes s'éteignent le 19 juillet 1983 sur l'émetteur de la tour Eiffel.
625 lignes — SECAM (système L)
La deuxième chaîne, lancée le 18 avril 1964, inaugure en France le 625 lignes européen — une définition inférieure au 819 lignes, mais compatible avec la couleur et bien plus économe en fréquences. Le SECAM, procédé français de codage de la couleur, arrive le 1er octobre 1967. La France conserve en outre une variante unique au monde, le « système L » à modulation vidéo positive et son en amplitude, qui rend ses téléviseurs incompatibles avec ceux du reste de l'Europe.
DVB-T / MPEG-2 (TNT SD)
La télévision numérique terrestre démarre le 31 mars 2005 : un même canal de 8 MHz, jusqu'alors occupé par une seule chaîne analogique, transporte désormais six services en définition standard grâce à la compression MPEG-2. Le nombre de chaînes gratuites passe de 6 à 18 en quelques mois.
DVB-T / MPEG-4 AVC (TNT HD)
Les premières chaînes HD arrivent sur la TNT le 30 octobre 2008 avec le codec MPEG-4 AVC, deux fois plus efficace que le MPEG-2. Le 5 avril 2016, l'intégralité de la TNT bascule en MPEG-4 : toutes les chaînes gratuites passent en haute définition et la bande des 700 MHz est libérée au profit du mobile. Des millions de téléviseurs et d'adaptateurs deviennent obsolètes en une nuit.
DVB-T2 / HEVC (UHD)
La France expérimente l'UHD sur l'antenne depuis 2024, notamment à l'occasion des grands événements sportifs. La bascule complète vers le couple DVB-T2 + HEVC, indispensable pour généraliser le 4K sur la TNT, est envisagée à l'horizon 2028-2030 : ce sera la troisième obsolescence programmée du parc de téléviseurs en vingt-cinq ans.
Combien de chaînes tiennent dans un canal de 8 MHz ?
C'est la question qui gouverne toute la politique audiovisuelle : plus la compression progresse, plus le même spectre accueille de chaînes. Le nombre de services d'un multiplex dépend du codec, de la définition et du débit alloué à chacun.
L'efficacité des codecs de compression
4Débit nécessaire pour une qualité d'image équivalente, en indice base 100 pour le MPEG-2. Plus la barre est courte, plus le codec est efficace : chaque génération divise environ par deux le débit requis.
La chronologie technique complète
13Première émission officielle en 60 lignes
Le 26 avril 1935, la France diffuse sa première émission officielle de télévision depuis le ministère des PTT. La définition de 60 lignes ne permet guère plus qu'un visage reconnaissable ; les récepteurs se comptent sur les doigts de la main.
Le décret qui impose le 819 lignes
Le décret du 20 novembre 1948 fixe le standard français à 819 lignes, la définition la plus élevée au monde. Le choix est autant industriel que politique : il protège les constructeurs nationaux et affiche une ambition technique, mais il impose des canaux de 14 MHz, soit deux fois la largeur des standards voisins.
La deuxième chaîne inaugure le 625 lignes
Lancée le 18 avril 1964 en UHF, la deuxième chaîne abandonne le 819 lignes pour le 625 lignes européen. La France accepte une définition inférieure pour pouvoir ajouter la couleur et diffuser davantage de chaînes dans le même spectre.
La couleur en SECAM
Le 1er octobre 1967, la deuxième chaîne passe à la couleur avec le SECAM, procédé français concurrent du PAL allemand. Le choix, adopté aussi par l'URSS et une partie de l'Afrique francophone, isole techniquement le parc français pendant quarante ans.
Extinction du 819 lignes
Le 19 juillet 1983, les dernières émissions en 819 lignes s'éteignent sur l'émetteur de la tour Eiffel. Le réseau VHF noir et blanc est reconverti aux normes 625 lignes couleur, notamment pour accueillir la nouvelle chaîne payante Canal+ l'année suivante.
Le numérique par satellite
Le premier bouquet numérique français est lancé par satellite en 1996 en DVB-S et MPEG-2. Le satellite sert de laboratoire : compression, bouquets de dizaines de chaînes, guide électronique des programmes, contrôle d'accès. La diffusion hertzienne suivra neuf ans plus tard.
Lancement de la TNT
Le 31 mars 2005, la télévision numérique terrestre démarre en DVB-T et MPEG-2. Un canal de 8 MHz transporte six chaînes au lieu d'une : l'offre gratuite triple en quelques mois et la TNT devient la plus grande réforme de l'audiovisuel français depuis la création des chaînes privées.
Les premières chaînes HD
Le 30 octobre 2008, la haute définition arrive sur la TNT avec le codec MPEG-4 AVC. Deux normes de compression coexistent alors sur l'antenne : le MPEG-2 pour les chaînes en définition standard, le MPEG-4 pour les chaînes HD.
Fin de la télévision analogique
Le 29 novembre 2011, les derniers émetteurs analogiques de France métropolitaine sont coupés, après une extinction région par région étalée sur deux ans. Soixante-deux ans de diffusion analogique prennent fin ; le SECAM disparaît de l'antenne.
Toute la TNT en MPEG-4
Dans la nuit du 4 au 5 avril 2016, la TNT bascule intégralement en MPEG-4 : toutes les chaînes gratuites passent en haute définition et la bande des 700 MHz est transférée aux opérateurs mobiles. Les récepteurs non compatibles affichent un écran noir ; une campagne nationale d'information et un dispositif d'aide accompagnent l'opération.
Premières diffusions UHD sur l'antenne
La TNT accueille ses premières diffusions en ultra haute définition, à l'occasion des grands rendez-vous sportifs, sur des canaux expérimentaux en HEVC. La démonstration technique est faite ; reste la question du parc de récepteurs compatibles.
Nouvelle numérotation et nouveaux entrants
Le 6 juin 2025, l'Arcom met en œuvre une nouvelle numérotation de la TNT : les chaînes d'information sont regroupées entre les canaux 13 et 16 et les fréquences libérées par deux chaînes non reconduites accueillent de nouveaux entrants. Cette réorganisation prépare la montée en puissance de l'UHD.
Le cap du DVB-T2
Le déploiement progressif de la norme DVB-T2, associée au codec HEVC, est envisagé à l'horizon 2028-2030. C'est la condition technique d'une TNT majoritairement en ultra haute définition — et la troisième obsolescence programmée du parc de téléviseurs depuis 2005.
La France comparée à ses voisins
6Le choix de 2016 — généraliser le MPEG-4 sans changer de norme de transport — a mis la France à contretemps de plusieurs de ses voisins, déjà passés au DVB-T2.
France
Analogique éteint en 2011, tout MPEG-4 depuis 2016. La France n'a pas encore basculé en DVB-T2 : elle fait partie des derniers grands pays d'Europe de l'Ouest à rester sur la première génération de la norme terrestre.
Royaume-Uni
Pionnier européen du DVB-T2, déployé dès 2010 pour la haute définition de la plateforme gratuite. Le pays dispose ainsi d'une marge de capacité que la France n'a pas.
Allemagne
L'Allemagne a basculé en DVB-T2 avec le codec HEVC à partir de 2017 et a éteint la première génération deux ans plus tard : la plateforme terrestre y est intégralement en haute définition.
Italie
L'Italie a généralisé le MPEG-4 au début des années 2020 avant d'engager la migration vers le DVB-T2, avec un calendrier plusieurs fois repoussé pour ménager le parc de récepteurs.
États-Unis
Les États-Unis utilisent la famille de normes ATSC, incompatible avec le DVB européen. Le déploiement d'ATSC 3.0 (« NextGen TV »), qui apporte l'UHD et l'interactivité, se fait chaîne par chaîne, sans extinction nationale programmée.
Pays du SECAM
Le SECAM a été adopté par l'URSS et ses alliés ainsi que par une grande partie de l'Afrique francophone, créant une géographie technique durable. Le passage au numérique, fondé sur les mêmes normes DVB partout, a effacé cette frontière.
Idées reçues et réalités techniques
6La définition a reculé en 1964
Idée reçue : la qualité d'image n'a fait que progresser. En réalité, la France est passée de 819 à 625 lignes en 1964. Ce recul assumé était le prix à payer pour la couleur et pour la multiplication des chaînes dans un spectre limité.
Le SECAM n'était pas qu'un choix technique
Le SECAM a été défendu comme un enjeu de souveraineté industrielle face au PAL allemand. Son adoption par l'URSS et l'Afrique francophone a prolongé pendant quarante ans une frontière technique entre les parcs de téléviseurs européens.
Chaque norme rend le parc obsolète
1956, 1983, 2011, 2016 : chaque bascule a mis hors service des millions de récepteurs. C'est le principal frein politique au passage au DVB-T2, qui suppose à nouveau d'équiper les foyers d'un téléviseur récent ou d'un adaptateur.
La TNT perd du spectre à chaque génération mobile
La bande des 800 MHz puis celle des 700 MHz ont été transférées aux opérateurs mobiles. La diffusion terrestre fait donc plus de chaînes avec moins de fréquences : c'est la compression qui absorbe la contrainte, pas la capacité.
Un multiplex, six chaînes — mais pas toujours
Le nombre de chaînes par multiplex n'est pas figé : il dépend du codec, du débit alloué à chaque service et de la définition. Une chaîne UHD peut consommer à elle seule la moitié d'un multiplex.
Le DVB-T2 est le vrai verrou du 4K hertzien
Sans bascule vers le DVB-T2 et le HEVC, la TNT ne peut pas offrir une véritable offre en ultra haute définition. C'est le principal chantier technique de la plateforme terrestre pour la fin de la décennie.
Comment citer ces données
Citation recommandée
Les données de cet observatoire, compilées à partir de sources publiques (Arcom, ANFR, TDF, INA, projet DVB, Légifrance), peuvent être reprises et citées librement, sous réserve de mention de la source (TV.fr). Licence Creative Commons BY-SA 4.0.
Méthodologie et sources
6Cet observatoire compile les caractéristiques techniques des normes successives de diffusion de la télévision en France à partir de sources publiques : textes réglementaires (décret du 20 novembre 1948 fixant le standard 819 lignes), dossiers et communiqués de l'Arcom sur la TNT et sa numérotation, documentation de l'ANFR sur le passage à la TNT haute définition du 5 avril 2016 et sur la libération des bandes 800 et 700 MHz, livre blanc de TDF sur la diffusion terrestre, spécifications du consortium DVB et travaux de l'UER, archives de l'INA pour les dates de mise en service et d'extinction. Les débits par chaîne sont des ordres de grandeur d'exploitation : ils dépendent de la configuration retenue par chaque multiplex et du type de programme. Les indices d'efficacité des codecs (base 100 = MPEG-2) et les capacités estimées d'un multiplex en DVB-T2 sont des calculs TV.fr destinés à comparer les générations entre elles, et non des valeurs normatives. Les échéances relatives au DVB-T2 sont des perspectives de déploiement discutées publiquement, et non des dates arrêtées.
Contact presse : journalistes, chercheurs et enseignants souhaitant des précisions sur les normes de diffusion, les dates de bascule ou les caractéristiques techniques peuvent écrire à presse@tv.fr.
Questions fréquentes
9Pourquoi la France a-t-elle diffusé en 819 lignes ?+
Le standard 819 lignes a été fixé par un décret du 20 novembre 1948. Il offrait alors la meilleure définition d'image au monde, très supérieure aux 625 lignes européens ou aux 525 lignes américains. Ce choix répondait à une ambition technique et industrielle : afficher un savoir-faire national et protéger les constructeurs français. Son défaut était rédhibitoire à long terme : chaque canal occupait 14 MHz, soit près du double d'un canal européen, ce qui limitait drastiquement le nombre de chaînes possibles, et la couleur ne pouvait pas y être ajoutée simplement.
Quand la diffusion en 819 lignes s'est-elle arrêtée ?+
Les dernières émissions en 819 lignes ont cessé le 19 juillet 1983, sur l'émetteur de la tour Eiffel. Pendant près de vingt ans, la France avait diffusé en parallèle deux normes : le 819 lignes en VHF pour la première chaîne et le 625 lignes en UHF pour les suivantes. Le réseau VHF libéré a été reconverti au 625 lignes couleur, notamment pour la diffusion de Canal+ à partir de 1984.
Qu'est-ce que le SECAM et pourquoi la France l'a-t-elle adopté ?+
Le SECAM (séquentiel couleur à mémoire) est un procédé français de codage de la couleur, mis en service le 1er octobre 1967 sur la deuxième chaîne. Il transmet les deux informations de couleur alternativement, ligne après ligne, là où le PAL allemand les transmet simultanément. Son adoption relevait autant de la performance revendiquée que de la stratégie industrielle : il a été retenu par l'URSS et ses alliés ainsi que par de nombreux pays d'Afrique francophone, créant une zone technique distincte du PAL pendant quarante ans. Le SECAM a disparu de l'antenne avec l'extinction de l'analogique en 2011.
Quand la télévision analogique a-t-elle été éteinte en France ?+
L'extinction de la diffusion analogique en France métropolitaine s'est achevée le 29 novembre 2011, au terme d'un basculement région par région engagé en 2009. L'outre-mer a suivi un calendrier propre, achevé lui aussi fin 2011. Cette opération a mis fin à soixante-deux ans de diffusion analogique et libéré une part importante du spectre hertzien, dont la bande des 800 MHz attribuée ensuite à la téléphonie mobile.
Que s'est-il passé le 5 avril 2016 sur la TNT ?+
Dans la nuit du 4 au 5 avril 2016, la TNT est passée intégralement du MPEG-2 au MPEG-4 AVC. Ce changement de norme de compression a permis de faire passer l'ensemble des chaînes gratuites en haute définition tout en libérant la bande des 700 MHz au profit des opérateurs mobiles. Les téléviseurs et adaptateurs incompatibles avec le MPEG-4 ont cessé de recevoir la TNT du jour au lendemain, ce qui a nécessité une vaste campagne d'information et un dispositif d'accompagnement des foyers concernés.
Combien de chaînes un canal hertzien peut-il transporter ?+
En analogique, un canal de 8 MHz transportait une seule chaîne. En DVB-T avec compression MPEG-2, ce même canal — appelé multiplex — a transporté environ six chaînes en définition standard à partir de 2005. Avec le MPEG-4, il transporte environ six chaînes en haute définition. En DVB-T2 associé au HEVC, la capacité pourrait atteindre une dizaine de chaînes HD, ou seulement une à deux chaînes en ultra haute définition, celles-ci étant beaucoup plus gourmandes en débit.
La TNT française va-t-elle passer en 4K ?+
Des diffusions expérimentales en ultra haute définition ont eu lieu sur la TNT depuis 2024, en particulier à l'occasion de grands événements sportifs, et de nouvelles autorisations UHD sont envisagées. Une offre véritablement généralisée suppose toutefois la bascule de la plateforme vers la norme DVB-T2 associée au codec HEVC, dont le déploiement progressif est évoqué à l'horizon 2028-2030. Comme lors des précédentes transitions, elle rendrait nécessaire un téléviseur compatible ou un adaptateur externe.
Pourquoi la France est-elle encore en DVB-T alors que ses voisins sont en DVB-T2 ?+
Le Royaume-Uni a déployé le DVB-T2 dès 2010 et l'Allemagne a basculé en DVB-T2 avec le codec HEVC à partir de 2017. La France a fait un choix différent en 2016 : rester en DVB-T mais généraliser le MPEG-4, ce qui a permis de passer toute la TNT en haute définition sans changer la norme de transport. Cette solution, moins coûteuse pour les foyers à court terme, reporte la question : la capacité gagnée en 2016 est aujourd'hui consommée, et l'UHD suppose désormais une nouvelle bascule.
Qu'est-ce qui a changé le 6 juin 2025 ?+
L'Arcom a mis en œuvre le 6 juin 2025 une nouvelle numérotation de l'ensemble des chaînes de la TNT, reprise sur les autres modes de réception (box, satellite, câble). Les chaînes d'information en continu ont été regroupées entre les canaux 13 et 16, et les numéros libérés par les chaînes non reconduites ont été réattribués aux nouveaux entrants. Cette réorganisation ne modifiait pas la norme de diffusion, mais préparait la structuration de la plateforme pour la montée en puissance de l'ultra haute définition.