OBSERVATOIRE — PATRIMOINE AUDIOVISUEL 2026

Les Archives Audiovisuelles Françaises

Dépôt légal, conservation et accès : qui garde la mémoire de la télévision et de la radio, et pourquoi une partie a disparu

Mis à jour en 2026 — Sources : INA, ministère de la Culture, CNC, BnF, UNESCO

Heures conservées
23 M
Tous supports et tous fonds confondus
Chaînes captées
170
Télévision et radio, 24 heures sur 24
Dépôt légal TV depuis
1995
Loi du 20 juin 1992, appliquée en 1995
Sites web média
20 000
Moissonnés en versions successives depuis 2009

Volumes : ordres de grandeur communiqués par les institutions dépositaires, non des mesures TV.fr (voir méthodologie)

Une obligation légale, pas une bonne volonté

Chaque seconde diffusée à la télévision et à la radio en France est captée, indexée et conservée. Cette obligation porte un nom : le dépôt légal de la radio et de la télévision, confié à l'Institut national de l'audiovisuel (INA) par la loi du 20 juin 1992 et appliqué depuis 1995. À côté de l'INA, d'autres institutions se partagent la mémoire des images animées : les Archives françaises du film du CNC pour le cinéma, la BnF pour les vidéogrammes édités, la Cinémathèque française pour le patrimoine cinématographique, les cinémathèques régionales pour les fonds locaux. Ensemble, elles constituent l'un des dispositifs de conservation audiovisuelle les plus complets au monde — et une ressource de première main pour les journalistes, les historiens et les enseignants.

🏛️
Dépositaire principal
INA — Bry-sur-Marne
⚖️
Base légale
Loi du 20 juin 1992
🎓
Accès
Consultation sur place gratuite pour la recherche
💾
Numérisation
Plan de sauvegarde et de numérisation achevé
©️
Réutilisation
Droits d'auteur et droits voisins applicables
📈
Flux annuel
Plus d'un million d'heures par an

Ce qui est conservé, et par qui

8

Le patrimoine audiovisuel français n'est pas conservé en un seul endroit. Huit grands ensembles, régis par des logiques différentes — le flux, l'édition, le sauvetage volontaire, la mémoire territoriale — se complètent sans jamais totalement se recouvrir.

📺Depuis 1995

Le dépôt légal de la télévision

Captation en continu, 24 heures sur 24, des chaînes hertziennes puis de la TNT, du câble, du satellite et des principales chaînes d'information. Chaque programme est enregistré avec sa grille, ses interruptions publicitaires et ses bandes-annonces : c'est le seul endroit où l'on retrouve le flux tel qu'il a réellement été diffusé.

📻Depuis 1995

Le dépôt légal de la radio

Le même dispositif s'applique aux stations de radio nationales et à un échantillon de radios locales et thématiques. La radio représente une part considérable du volume horaire collecté, souvent sous-estimée : une station émet 8 760 heures par an à elle seule.

🌐Depuis 2009

Le dépôt légal du web média

Étendu par la loi de 2006 sur le droit d'auteur, le dépôt légal couvre depuis 2009 les sites web des médias audiovisuels : sites de chaînes, de radios, de presse audiovisuelle, comptes et chaînes vidéo associés. Environ 20 000 sites sont moissonnés, avec leurs versions successives.

🎞️Avant 1995

Les fonds d'archives professionnelles

Les fonds hérités de la RTF puis de l'ORTF, dissoute en 1974, ont été confiés à l'INA à sa création. Ils remontent aux premières actualités télévisées de la fin des années 1940 et constituent la mémoire visuelle de la Quatrième et de la Cinquième République naissantes.

🎬CNC — depuis 1969

Les Archives françaises du film

Installées à Bois-d'Arcy, elles conservent, restaurent et numérisent les films de cinéma déposés au titre du dépôt légal ou confiés par les ayants droit : fictions, documentaires, films amateurs, films d'entreprise. Le fonds couvre l'ensemble de l'histoire du cinéma français depuis les années 1890.

📀BnF

Les vidéogrammes et phonogrammes édités

La Bibliothèque nationale de France reçoit au titre du dépôt légal les documents sonores et audiovisuels édités et commercialisés : disques, cassettes, DVD, Blu-ray, éditions numériques. Une logique d'édition, complémentaire de la logique de flux appliquée par l'INA.

🏛️Depuis 1936

Les cinémathèques

La Cinémathèque française, fondée en 1936, et une trentaine de cinémathèques régionales conservent des copies, des appareils, des costumes, des scénarios et des fonds personnels. Leur mission de collecte relève du sauvetage volontaire plus que de l'obligation légale.

🏙️Réseau

Les fonds territoriaux et thématiques

Archives départementales et municipales, mémoires ouvrières, fonds d'entreprises, collections d'amateurs numérisées : un tissu de dépôts locaux complète les grandes institutions et documente ce que la télévision nationale n'a jamais filmé.

Le poids relatif des grands ensembles

Indice illustratif du volume horaire conservé par grand ensemble (base 100). Contre-intuitivement, c'est la radio, et non la télévision, qui pèse le plus lourd : une station émet 8 760 heures par an, et le dépôt légal en capte une centaine simultanément.

Radio (dépôt légal)92 / 100
Le plus gros contributeur en volume horaire : une centaine de stations captées en continu
Télévision (dépôt légal)85 / 100
Environ 170 chaînes captées 24 h/24, soit plus d'un million d'heures ajoutées chaque année
Fonds professionnels historiques48 / 100
Archives RTF / ORTF et fonds confiés par les chaînes publiques, antérieurs à 1995
Web média36 / 100
Sites, vidéos et flux sociaux des médias audiovisuels, archivés en versions successives
Cinéma (Archives françaises du film)27 / 100
Longs et courts métrages, films amateurs et d'entreprise conservés à Bois-d'Arcy
Vidéogrammes édités (BnF)21 / 100
Éditions vidéo commerciales déposées par les éditeurs
Fonds régionaux et thématiques14 / 100
Cinémathèques régionales, archives départementales, mémoires locales numérisées
23 M
d'heures conservées, tous supports confondus
~170
chaînes de télévision et de radio captées en continu
1992
loi étendant le dépôt légal à la radio et à la TV
~20 000
sites web média moissonnés depuis 2009
1 M+
d'heures nouvelles ajoutées chaque année

Le risque de perte, support par support

Indice de criticité estimé par famille de supports (base 100), combinant fragilité physique du matériau et disponibilité des lecteurs capables de le relire. Un support peut être en parfait état et néanmoins illisible : c'est l'obsolescence des machines, autant que la chimie, qui menace les fonds.

Bandes magnétiques 2 pouces (1956-1980)95 / 100
Support pionnier de l'enregistrement TV : lecteurs quasi introuvables, oxyde instable
Cassettes U-matic et Betacam (1970-2000)82 / 100
Syndrome du vinaigre, colmatage des têtes de lecture : la numérisation était une course contre la montre
Films couleur sur support acétate74 / 100
Dégradation chimique irréversible sans conservation à froid et à hygrométrie contrôlée
Films nitrate (avant 1952)68 / 100
Hautement inflammable : stockage en cellules isolées, priorité absolue de transfert
Cassettes numériques DV / DigiBeta45 / 100
Meilleure stabilité, mais obsolescence rapide des lecteurs et des cartes d'acquisition
Fichiers numériques natifs38 / 100
Le risque n'est plus physique mais logiciel : formats propriétaires, codecs abandonnés, pertes silencieuses
Criticité élevée (70+)
Criticité moyenne (45-69)
Criticité maîtrisée (< 45)

De l'ordonnance de 1537 au flux permanent

12
1537

L'ordonnance de Montpellier

François Ier institue le dépôt légal pour les livres imprimés. Le principe — l'État conserve une copie de ce qui est publié — traversera cinq siècles avant d'être appliqué aux images animées.

1936

La Cinémathèque française

Henri Langlois, Georges Franju et Jean Mitry fondent une association pour sauver les films muets que l'industrie détruisait. Une logique de sauvetage militant, sans mandat public.

1969

Le Service des archives du film

Le CNC crée à Bois-d'Arcy un service dédié à la conservation des films, futur Archives françaises du film. Le patrimoine cinématographique entre dans le domaine de l'action publique.

1975

La naissance de l'INA

L'éclatement de l'ORTF crée sept sociétés, dont l'Institut national de l'audiovisuel, chargé de la conservation des archives, de la recherche et de la formation. Il hérite des fonds de la RTF et de l'ORTF.

1992

La loi sur le dépôt légal

La loi du 20 juin 1992 étend le dépôt légal aux documents sonores et audiovisuels et confie à l'INA le dépôt légal de la radio et de la télévision. La conservation du flux devient une obligation légale.

1995

La captation en continu commence

L'INA lance la collecte permanente des chaînes hertziennes et des radios nationales. À partir de cette date, aucun programme diffusé en France n'est censé disparaître.

1999

Le plan de sauvegarde et de numérisation

Constat alarmant : des centaines de milliers d'heures sur bandes magnétiques se dégradent. Un plan pluriannuel de transfert est engagé pour numériser les fonds menacés avant que les supports ne deviennent illisibles.

2006

Le dépôt légal du numérique

La loi relative au droit d'auteur et aux droits voisins dans la société de l'information étend le dépôt légal à l'internet, partagé entre la BnF pour le web général et l'INA pour le web média.

2009

Le moissonnage du web média

L'INA commence à archiver les sites des chaînes et des radios, puis leurs déclinaisons vidéo et sociales. L'archive cesse d'être un flux linéaire pour devenir un ensemble de pages, de commentaires et de métadonnées.

2015

La fin du plan de sauvegarde

Les fonds analogiques les plus menacés ont été transférés sur supports numériques. Le combat se déplace : conserver des fichiers pendant des décennies pose des problèmes différents de la conservation d'une bande.

2019

Les archives au grand public

L'INA développe une offre de vidéo à la demande par abonnement puisée dans ses fonds et des chaînes éditorialisées sur les plateformes vidéo et les réseaux sociaux. Les extraits d'archives deviennent un objet de consommation courante.

2026

Archives, plateformes et intelligence artificielle

L'indexation automatique, la reconnaissance de visages et la restauration assistée par IA accélèrent l'exploitation des fonds — tout en posant la question de l'utilisation des archives comme données d'entraînement et du respect des droits des personnes filmées.

Qui conserve quoi : la carte des dépositaires

8
InstitutionDepuisPérimètreContenu des fonds
INA (Institut national de l’audiovisuel)1975Dépôt légal radio, TV et web médiaFlux de ~170 chaînes depuis 1995 + fonds RTF/ORTF ; consultation professionnelle et recherche
Archives françaises du film (CNC)1969Patrimoine cinématographiqueFilms de long et court métrage, films amateurs et d'entreprise ; laboratoire de restauration à Bois-d'Arcy
BnF — département de l’Audiovisuel1975Vidéogrammes et phonogrammes éditésÉditions commerciales déposées par les éditeurs ; accès à l'INAthèque sur le site François-Mitterrand
Cinémathèque française1936Collecte volontaire et diffusionCopies de films, appareils, costumes, affiches, fonds personnels de cinéastes
Cinémathèques et pôles régionauxVariableMémoires territorialesFilms amateurs, actualités régionales, fonds industriels et associatifs numérisés
Forum des images1988Mémoire audiovisuelle de ParisCollection de films tournés à Paris ou évoquant la ville, consultable sur place
Archives nationales et départementalesVariableDocuments publics audiovisuelsFilms institutionnels, enregistrements administratifs, campagnes officielles
Chaînes et producteursArchives privéesFonds détenus par les groupes audiovisuels et sociétés de production, exploités commercialement

Les cinq défis de la conservation

Volume, obsolescence, indexation, droits et intelligence artificielle : les cinq problèmes que les institutions dépositaires traitent simultanément, et qui décideront de ce qui restera consultable dans cinquante ans.

1

Conserver un flux qui ne cesse jamais de grossir

Environ 170 chaînes captées 24 heures sur 24 produisent plus d'un million d'heures nouvelles par an, auxquelles s'ajoutent le web média et les réseaux sociaux. Le volume conservé double sur des cycles courts, alors que les budgets de conservation, eux, ne doublent pas. Arbitrer entre exhaustivité et échantillonnage devient une décision politique autant que technique.

2

L'obsolescence des formats numériques

Une bande magnétique se dégrade lentement et de manière visible ; un fichier disparaît d'un coup, ou devient illisible parce que le codec n'est plus supporté. La conservation numérique impose des migrations régulières, des contrôles d'intégrité et une redondance des copies — un coût permanent, jamais un investissement ponctuel.

3

Retrouver dans la masse : le nerf de la guerre

Une archive non indexée est une archive perdue. La description documentaire — qui parle, de quoi, à quelle minute — représente historiquement l'essentiel du travail. La transcription et la reconnaissance automatiques changent l'échelle, mais l'expertise humaine reste indispensable pour contextualiser et corriger.

4

Le droit, obstacle et protection

Conserver est une obligation légale ; diffuser reste soumis au droit d'auteur, aux droits voisins des artistes-interprètes et au droit à l'image des personnes filmées. C'est pourquoi la consultation est largement ouverte à la recherche sur place, mais la réutilisation publique suppose une négociation de droits, souvent complexe pour les fonds anciens.

5

Les archives comme matière première de l'IA

Les corpus audiovisuels intéressent les développeurs de modèles d'intelligence artificielle : voix, visages, langue parlée sur plusieurs décennies. Leur utilisation comme données d'entraînement soulève des questions inédites de droits, de consentement des personnes filmées et de valorisation d'un patrimoine financé par la collectivité.

Comment les autres pays archivent leur télévision

6

Peu de pays ont fait le choix français d'une captation exhaustive et permanente du flux. Ailleurs, la conservation repose sur les diffuseurs eux-mêmes, sur des bibliothèques nationales ou sur des sélections patrimoniales — avec des trous de mémoire d'autant plus larges.

🇬🇧

Royaume-Uni

Archive nationale et diffuseur

Le British Film Institute conserve le patrimoine national avec le National Television Archive, tandis que la BBC exploite un fonds propre considérable. Le dépôt légal du non-imprimé a été étendu au numérique en 2013, mais la captation systématique du flux TV reste plus partielle qu'en France.

🇩🇪

Allemagne

Fédéral et décentralisé

La Deutsche Nationalbibliothek collecte les médias édités, tandis que chaque radiodiffuseur régional de l'ARD conserve ses propres archives. Le Bundesarchiv gère les fonds cinématographiques, dont ceux de l'ex-RDA. Une organisation à l'image de la structure fédérale du pays.

🇺🇸

États-Unis

Bibliothèque du Congrès et initiatives privées

La Library of Congress conserve un très large fonds audiovisuel et le National Film Registry sélectionne chaque année des films jugés patrimoniaux. Il n'existe pas d'équivalent d'une captation légale exhaustive du flux : des fondations et des universités comblent partiellement le vide.

🇳🇱

Pays-Bas

Institut intégré et ouvert

Le Netherlands Institute for Sound and Vision conserve les archives des diffuseurs publics et se distingue par une politique volontariste d'ouverture : interfaces publiques, projets d'éducation aux médias et mise à disposition de corpus pour la recherche.

🇸🇪

Suède

Dépôt légal audiovisuel ancien

Le dépôt légal suédois couvre les enregistrements sonores et audiovisuels depuis la fin des années 1970, avant la plupart des pays européens. Les fonds sont rattachés à la bibliothèque nationale, ce qui unifie livre, presse et audiovisuel dans une même institution.

🌍

UNESCO

Cadre international

La recommandation de 1980 sur la sauvegarde des images en mouvement et la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel, chaque 27 octobre, ont installé l'idée qu'un programme de télévision est un document historique. L'UNESCO alerte régulièrement sur les fonds en péril dans les pays sans dispositif de conservation.

Idées reçues et réalités

6
🔎
Point clé

« Tout est en ligne » : faux

La part des fonds librement consultable en ligne reste minoritaire. L'essentiel du dépôt légal se consulte sur place, dans des salles dédiées, pour des raisons juridiques autant que techniques. Ce qui est publié gratuitement relève d'un choix éditorial, pas de l'exhaustivité du fonds.

🆓
Point clé

« Les archives publiques sont libres de droits » : faux

Une archive conservée par une institution publique reste protégée par le droit d'auteur et les droits voisins. La conservation ne transfère pas les droits : réutiliser un extrait dans un documentaire ou un reportage suppose de contracter avec les ayants droit.

📼
À retenir

« Le numérique a réglé le problème » : faux

La numérisation a sauvé les supports menacés, mais elle a créé un nouveau problème : maintenir des pétaoctets lisibles sur des décennies. Un fichier non migré, non vérifié et stocké en un seul exemplaire est plus fragile qu'une bobine bien conservée.

🗑️
À retenir

Les trous de la mémoire télévisuelle

Avant 1995, la conservation dépendait des pratiques des chaînes : les bandes étaient chères et souvent réutilisées. Des émissions entières, notamment de divertissement et de plateau, n'existent plus qu'à l'état de photographies et de mentions dans la presse.

🤖
À retenir

L'indexation automatique change l'échelle

Transcription de la parole, détection de locuteurs, segmentation par sujet : des fonds jusqu'ici inaccessibles faute de description deviennent interrogeables. Les erreurs se propagent aussi à grande échelle, ce qui impose des protocoles de contrôle.

🎓
Point clé

Un usage de recherche en pleine croissance

Historiens, sociologues, linguistes et politistes utilisent le dépôt légal comme corpus quantitatif : mesurer l'évolution d'un vocabulaire, comparer des couvertures d'événements, suivre la représentation d'un groupe social sur cinquante ans. L'archive devient une donnée, pas seulement une illustration.

Comment citer ces données

Citation recommandée

Source : TV.fr, Les archives audiovisuelles françaises : dépôt légal, institutions et conservation, 2026. https://www.tv.fr/observatoire/archives-audiovisuelles

Les éléments de cet observatoire, synthétisés à partir de sources publiques (INA, ministère de la Culture, CNC, BnF, Cinémathèque française, UNESCO), peuvent être repris et cités librement, sous réserve de mention de la source (TV.fr). Les volumes cités sont des ordres de grandeur institutionnels et les indices présentés dans les graphiques sont des estimations illustratives : merci de les citer comme tels. Licence Creative Commons BY-SA 4.0.

Méthodologie et sources

6

Cette page est une synthèse documentaire réalisée par TV.fr à partir de sources publiques : textes législatifs et réglementaires relatifs au dépôt légal, publications et rapports d'activité de l'INA, du CNC, de la BnF et du ministère de la Culture, ainsi que documentation de la Cinémathèque française et de l'UNESCO. Les volumes cités (heures conservées, nombre de chaînes captées, nombre de sites moissonnés) sont des ordres de grandeur communiqués publiquement par les institutions concernées et non des mesures effectuées par TV.fr ; ils évoluent en continu par nature. Les indices présentés dans les graphiques — poids relatif des ensembles conservés et niveau de risque par famille de supports — sont des estimations illustratives sur une base 100, destinées à faire apparaître des rapports de grandeur et non des mesures normalisées. Ils ne doivent pas être cités comme des statistiques officielles. Pour toute donnée chiffrée destinée à une publication scientifique, se reporter aux rapports d'activité et aux notices méthodologiques des institutions elles-mêmes.

Dépositaire du dépôt légal de la radio, de la télévision et du web média
Cadre légal et réglementaire du dépôt légal audiovisuel
Conservation, restauration et numérisation du patrimoine cinématographique
Dépôt légal des vidéogrammes et phonogrammes édités, accès à la consultation
Collections cinématographiques, appareils et fonds personnels depuis 1936
Recommandation de 1980 et Journée mondiale du patrimoine audiovisuel
Dernière mise à jour
Août 2026
Champ
Télévision, radio, cinéma, web média
Licence
CC BY-SA 4.0

Contact presse : journalistes, chercheurs, documentalistes et étudiants souhaitant des éléments complémentaires sur le dépôt légal audiovisuel et la conservation du patrimoine télévisuel peuvent contacter presse@tv.fr.

Questions fréquentes

8
Qu'est-ce que le dépôt légal de la radio et de la télévision ?+

C'est l'obligation, instituée par la loi du 20 juin 1992 et appliquée depuis 1995, de conserver ce qui est diffusé à la radio et à la télévision en France. L'Institut national de l'audiovisuel en est le dépositaire : il capte les programmes en continu, les décrit et les met à disposition pour la consultation, principalement à des fins de recherche. Le principe est le même que pour le dépôt légal des livres, institué en 1537, mais appliqué à un flux qui ne s'arrête jamais.

Combien de chaînes sont captées et depuis quand ?+

Le périmètre s'est élargi progressivement : les chaînes hertziennes et les radios nationales à partir de 1995, puis la TNT, les chaînes du câble et du satellite, les chaînes d'information et une sélection de radios locales et thématiques. On compte aujourd'hui de l'ordre de 170 chaînes de télévision et de radio captées 24 heures sur 24, auxquelles s'ajoute le moissonnage d'environ 20 000 sites web média depuis 2009.

Puis-je consulter ces archives gratuitement ?+

La consultation du dépôt légal est gratuite mais encadrée : elle s'effectue sur place, dans des espaces dédiés — notamment à la Bibliothèque nationale de France sur le site François-Mitterrand et dans des points de consultation en région — et suppose de justifier d'une recherche à caractère scientifique, universitaire ou professionnel. Il ne s'agit pas d'un service de visionnage grand public : c'est une salle de lecture appliquée à l'image et au son.

Les archives audiovisuelles publiques sont-elles libres de droits ?+

Non, et c'est la confusion la plus fréquente. La conservation par une institution publique n'emporte aucun transfert de droits : les œuvres restent protégées par le droit d'auteur, les droits voisins des artistes-interprètes et des producteurs, et le droit à l'image des personnes filmées. Réutiliser un extrait dans un documentaire, un reportage ou une vidéo en ligne suppose donc d'obtenir une autorisation et, le plus souvent, de payer des droits.

Pourquoi certaines émissions anciennes n'existent-elles plus ?+

Avant la mise en place du dépôt légal, la conservation dépendait entièrement des pratiques des diffuseurs. Les bandes magnétiques coûtaient cher et étaient couramment effacées puis réutilisées, en particulier pour les programmes considérés comme éphémères : plateaux, jeux, variétés, émissions en direct. Des pans entiers de la télévision des années 1950 à 1970 ne subsistent qu'à travers des photographies, des documents de production et des articles de presse.

La numérisation a-t-elle définitivement sauvé les fonds ?+

Elle a sauvé les supports physiques les plus menacés — bandes deux pouces, cassettes affectées par le syndrome du vinaigre, films sur support nitrate ou acétate — grâce à un plan de transfert engagé à la fin des années 1990 et achevé au milieu des années 2010. Mais elle a déplacé le problème : un fichier numérique doit être migré régulièrement vers de nouveaux formats et supports, vérifié par contrôle d'intégrité et conservé en plusieurs exemplaires. La conservation numérique est un abonnement, pas un achat.

Comment les chercheurs utilisent-ils ces fonds aujourd'hui ?+

L'usage a changé de nature. Longtemps, l'archive servait d'illustration : on cherchait un extrait précis. Elle est devenue un corpus quantitatif, interrogeable à grande échelle grâce à la transcription automatique et à l'indexation : mesurer la fréquence d'un mot dans les journaux télévisés sur trente ans, comparer le traitement d'un même événement par plusieurs chaînes, suivre le temps de parole accordé à un groupe social. C'est ce basculement qui explique la croissance des travaux universitaires fondés sur le dépôt légal.

Que devient l'archive audiovisuelle à l'ère de l'intelligence artificielle ?+

L'IA agit sur deux plans. En interne, elle accélère l'indexation, la transcription, la restauration d'image et la détection de doublons, rendant exploitables des fonds jusqu'ici trop coûteux à décrire. En externe, elle transforme les archives en ressource convoitée pour l'entraînement de modèles de voix, d'image et de langue — ce qui soulève des questions de droits, de consentement des personnes filmées et de juste valorisation d'un patrimoine constitué sur fonds publics. Ces arbitrages sont en cours d'élaboration au niveau français et européen.

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