OBSERVATOIRE — TERRITOIRES ET AUDIENCES 2026

Un seul pays, vingt-deux heures de décalage : la télévision des Outre-mer

Neuf stations de plein exercice, jusqu'à 75,4 % de part d'audience sur un journal du soir — et une chaîne nationale supprimée en 2020 au nom d'une plus grande visibilité des Outre-mer

Mis à jour en septembre 2026 — Décalages calculés par rapport à l'heure de Paris en période d'heure d'hiver

Stations La 1ère
9
Antennes généralistes de plein exercice
Écart horaire maximal
22 h
De Wallis-et-Futuna à la Polynésie française
Meilleure part d’audience
30,8 %
Guadeloupe La 1ère, mesure Médiamétrie
Chaîne nationale dédiée
0
Depuis l’arrêt de France Ô le 23 août 2020

Là où le prime time n'existe pas à la même heure

La télévision française n'a pas une heure de grande écoute : elle en a une par fuseau horaire, et il y en a onze. Quand le journal de vingt heures commence à Paris, il est quinze heures à Pointe-à-Pitre, vingt-trois heures à Saint-Denis de La Réunion, neuf heures du matin à Papeete et six heures du matin du lendemain à Nouméa. Vingt-deux heures séparent les deux extrémités du même pays. Cette contrainte physique explique une organisation que la métropole connaît mal : dans chacun des neuf territoires ultramarins, la chaîne principale n'est pas une antenne nationale mais une station de plein exercice du réseau La 1ère, qui produit son journal, sa grille et ses programmes en langue régionale. Le résultat tient du record : Guadeloupe La 1ère a mesuré 30,8 % de part d'audience, et son journal du soir 75,4 %, des niveaux qu'aucune chaîne nationale n'atteint en métropole. Pendant vingt-deux ans, une chaîne nationale a été consacrée aux Outre-mer — RFO Sat en 1998, devenue France Ô en 2005, arrivée sur la TNT métropolitaine en 2010. Elle a été supprimée dans la nuit du 23 août 2020, et la justification officielle mérite d'être citée telle quelle : au nom d'une plus grande visibilité des Outre-mer sur l'ensemble des antennes.

📺
Le réseau
Neuf stations de plein exercice
🕐
La contrainte
Vingt-deux heures entre Wallis et Papeete
📈
Le record
Jusqu’à 75,4 % sur un journal du soir
La rupture
France Ô supprimée le 23 août 2020
📜
La contrepartie
Un pacte de visibilité signé en juillet 2019
👥
Le bassin total
Près de 2,8 millions d’habitants

Vingt-deux heures d'un bout à l'autre du pays

22 h

Les décalages sont calculés par rapport à l'heure de Paris en période d'heure d'hiver. Huit des neuf territoires n'appliquent pas le changement d'heure : leur écart avec la métropole varie donc d'une heure entre l'hiver et l'été, sans que leur heure locale bouge. Saint-Pierre-et-Miquelon est la seule exception : il change d'heure comme la métropole, et son décalage reste constant à quatre heures toute l'année.

11 hHEURE DE PARIS+ 11 h
Wallis-et-FutunaUTC+12 · Wallis-et-Futuna La 1ère+11 h · 7 h le lendemain
Le territoire le plus en avance sur Paris et le moins peuplé du réseau. Le décalage y est tel que le prime time métropolitain tombe au milieu de la nuit locale : aucune diffusion simultanée n'y a de sens, et la station fonctionne en journée sur sa propre grille.
Nouvelle-CalédonieUTC+11 · Nouvelle-Calédonie La 1ère+10 h · 6 h le lendemain
Station de plein exercice à Nouméa, avec une production locale importante en français et une place particulière pour les langues kanak. Le décalage de dix heures fait du journal de Paris un programme de petit matin.
La RéunionUTC+4 · Réunion La 1ère+3 h · 23 h
Le territoire le plus peuplé du réseau, et le seul où une chaîne privée locale historique — Antenne Réunion — dispute la première place à la station publique. Le décalage de trois heures est le seul qui permette une quasi-simultanéité du prime time.
MayotteUTC+3 · Mayotte La 1ère+2 h · 22 h
Département depuis 2011, avec une population très jeune et une part importante de foyers non francophones à la maison. La station produit en français, en shimaoré et en kibushi. Le recensement engagé fin 2025 n'est pas publié : le chiffre retenu ici est celui de 2017 et sous-estime la population actuelle.
Saint-Pierre-et-MiquelonUTC−3 · Saint-Pierre-et-Miquelon La 1ère−4 h · 16 h
Le seul territoire ultramarin qui applique le changement d'heure comme la métropole : son décalage avec Paris est donc constant toute l'année, à quatre heures. C'est aussi le plus petit bassin de population du réseau, de très loin.
GuyaneUTC−3 · Guyane La 1ère−4 h · 16 h
Un territoire continental de la taille du Portugal, où la desserte hertzienne se heurte à la forêt et où une partie de la population vit sur les fleuves. La station produit en français et diffuse des programmes en créole guyanais et en langues bushinenge et amérindiennes.
GuadeloupeUTC−4 · Guadeloupe La 1ère−5 h · 15 h
La station la plus performante du réseau en part d'audience, avec 30,8 % mesurés par Médiamétrie. Son signal couvre aussi Saint-Barthélemy et Saint-Martin, qui n'ont pas de station La 1ère propre mais disposent de chaînes privées locales.
MartiniqueUTC−4 · Martinique La 1ère−5 h · 15 h
Premier territoire ultramarin à avoir vu naître une chaîne privée locale, ATV, autorisée en 1992 et à l'antenne en 1993. La station publique y reste largement leader avec 21,9 % de part d'audience.
Polynésie françaiseUTC−10 · Polynésie La 1ère−11 h · 9 h
Le territoire le plus en retard sur Paris, et le plus étendu : cent dix-huit îles réparties sur une surface maritime comparable à celle de l'Europe. La station produit en français et en reo tahiti. Le journal de Paris y arrive en pleine matinée.
En retard sur ParisEn avance sur Paris

Lecture : le trait vertical central est l'heure de Paris. L'échelle est symétrique parce que les deux extrêmes le sont — onze heures d'avance à Wallis-et-Futuna, onze heures de retard en Polynésie française, soit un écart total de 22 heures. La mention portée à droite de chaque ligne indique l'heure locale au moment où le journal de vingt heures commence à Paris. Saint-Pierre-et-Miquelon est le seul territoire à changer d'heure comme la métropole : son décalage, à −4 h, ne varie pas d'une saison à l'autre.

Des audiences qu'aucune chaîne nationale n'atteint

rapport 1 à 103

Le rapport entre la meilleure part d'audience mesurée dans un territoire et celle de la chaîne nationale qui leur était consacrée en métropole est d'environ un à cent trois. Les deux chiffres ne décrivent pas la même chose — un marché insulaire de quelques centaines de milliers de personnes d'un côté, un marché de soixante-cinq millions de l'autre — mais leur mise en regard éclaire la décision de 2020 : la télévision des Outre-mer fonctionne remarquablement bien là où elle est regardée, et n'a jamais trouvé son public national.

Guadeloupe La 1èreGuadeloupe30,8 %
Médiamétrie, vague MétridomNiveau record pour la station sur douze ans, en progression de trois points sur un an. Le journal du soir atteint 75,4 % de part d'audience : trois téléspectateurs sur quatre allumés devant le même programme, une concentration sans équivalent en métropole.
Martinique La 1èreMartinique21,9 %
Médiamétrie, vague Métridom septembre-novembre 2024En progression de 1,6 point sur la vague précédente. La station affronte ici une chaîne privée locale installée depuis 1993, ce qui rend le niveau d'autant plus notable.
Réunion La 1èreLa Réunion14,5 %
Médiamétrie, vague MétridomEn progression de 0,6 point sur un an. C'est le territoire où la concurrence privée locale est la plus ancienne et la plus forte : Antenne Réunion diffuse depuis 1991 et dispute la première place.
France Ô, en métropoleFrance métropolitaine0,3 %
Ordre de grandeur des dernières années de diffusionLa chaîne nationale consacrée aux Outre-mer plafonnait à environ trois dixièmes de point de part d'audience en métropole avant son arrêt. C'est la barre de référence de ce graphique : elle met en regard le succès des stations sur leur territoire et l'échec d'audience d'une antenne nationale dédiée.

Lecture : la barre rouge est celle de la chaîne nationale supprimée, réduite à un trait par l'échelle. Les trois premières barres sont des parts d'audience locales, mesurées sur le territoire concerné ; la quatrième est une part d'audience nationale métropolitaine. Les deux grandeurs ne se comparent pas directement — un marché de quelques centaines de milliers de personnes contre un marché de soixante-cinq millions —, mais leur mise en regard est précisément l'objet de ce graphique : la télévision des Outre-mer réussit là où elle est regardée. Les vagues de mesure ne coïncident pas exactement d'un territoire à l'autre.

Le même cahier des charges pour 5 900 et pour 900 000 habitants

1 à 152

Le réseau doit servir, avec le même cahier des charges, un département d'environ neuf cent mille habitants et un archipel de moins de six mille. Le rapport entre le plus grand et le plus petit bassin est de l'ordre de un à cent cinquante-deux. C'est la difficulté centrale d'un réseau de service public ultramarin : le coût fixe d'une station — studio, régie, rédaction, diffusion — ne diminue pas à proportion de la population desservie.

1La Réunionréf. 2025899 660 hab.
2Guadelouperéf. 2025388 493 hab.
3Martiniqueréf. 2025364 348 hab.
4Guyaneréf. 2025296 053 hab.
5Polynésie françaiseréf. 2022278 786 hab.
6Nouvelle-Calédonieréf. 2019271 407 hab.
7Mayotteréf. 2017256 500 hab.
8Wallis-et-Futunaréf. 202311 151 hab.
9Saint-Pierre-et-Miquelonréf. 20245 900 hab.

Lecture : les neuf bassins totalisent 2 772 298 habitants, soit près de deux millions huit cent mille personnes. Les années de référence diffèrent d'un territoire à l'autre et sont indiquées sur chaque ligne : le total agrège donc des millésimes hétérogènes. Le chiffre retenu pour Mayotte est celui du dernier recensement complet publié, antérieur à celui engagé fin 2025, et sous-estime la population actuelle. La barre rouge est le plus petit bassin du réseau, Saint-Pierre-et-Miquelon, qui dispose néanmoins d'une station de plein exercice.

Vingt-deux ans pour construire un canal national, une nuit pour l'éteindre

base 100

L'indice n'est pas une audience : c'est une mesure de la possibilité matérielle de recevoir, en métropole, une chaîne nationale consacrée aux Outre-mer. Il monte de 1998 à 2010, plafonne dix ans, puis retombe à zéro. Le point remarquable est que la suppression n'a pas été justifiée par un renoncement mais par l'inverse : la dilution volontaire d'une programmation sur toutes les antennes plutôt que sa concentration sur une seule.

1954-1997Aucune offre nationale0
Pendant plus de quarante ans, la télévision des Outre-mer existe uniquement sur place : stations locales de la Radiodiffusion de la France d'outre-mer, puis de la SORAFOM, de l'OCORA, de FR3 DOM-TOM et enfin de RFO à partir de 1982. Rien n'est diffusé en métropole.
1998-2004RFO Sat, satellite et câble12
Lancée le 25 mars 1998, RFO Sat est la première antenne nationale consacrée aux Outre-mer. Elle n'est accessible que par satellite et par câble, soit une fraction des foyers métropolitains.
2005-2006France Ô, satellite et câble18
Le 25 février 2005, RFO Sat devient France Ô. Le changement de nom et l'intégration dans France Télévisions, actée par la loi du 9 juillet 2004, donnent à la chaîne une identité et une visibilité nouvelles, mais pas de canal hertzien.
2007-2009TNT Île-de-France28
France Ô obtient un canal sur la TNT francilienne. La chaîne devient accessible sans abonnement, mais seulement dans une région — celle où vit la plus importante communauté ultramarine de métropole.
2010-2020TNT nationale, canal 19100
Le 14 juillet 2010, France Ô accède à la TNT nationale sur le canal 19. Pour la première et unique fois, une chaîne consacrée aux Outre-mer est reçue gratuitement par l'antenne dans tous les foyers de métropole. Elle le restera dix ans.
Depuis le 24 août 2020Retour à zéro0
France Ô cesse d'émettre dans la nuit du 23 août 2020. Le compteur revient à la valeur qu'il avait avant 1998. Le pacte pour la visibilité des Outre-mer, signé en juillet 2019, prend le relais sous une autre forme : vingt-cinq engagements et onze indicateurs chiffrés destinés à faire apparaître les Outre-mer sur l'ensemble des antennes nationales, accompagnés d'un portail numérique dédié lancé en juin 2020.

Lecture : les deux barres hachurées rouges sont des valeurs nulles, ramenées à un trait de trois pour cent de largeur pour rester visibles. L'indice est une construction TV.fr : il traduit la possibilité matérielle de recevoir en métropole une chaîne nationale consacrée aux Outre-mer selon son mode de diffusion — satellite et câble, TNT régionale, TNT nationale. Il ne mesure aucune audience et ne doit pas être cité comme une donnée. Ce qu'il montre est une trajectoire : une montée en quatre étapes sur douze ans, un plateau de dix ans, puis un retour à la situation de 1997.

Le pacte pour la visibilité des Outre-mer

Signature
Juillet 2019
Engagements
25 engagements
Indicateurs de suivi
11 indicateurs chiffrés

Le pacte pour la visibilité des Outre-mer a été signé entre l'État et France Télévisions en juillet 2019, un an avant l'extinction de France Ô. Il engage le groupe à généraliser ce que ses documents appellent le « réflexe outre-mer » : présence des territoires dans les journaux nationaux, dans les magazines, dans la fiction et dans le sport, avec des indicateurs de suivi chiffrés. Un portail numérique consacré aux Outre-mer a été lancé en juin 2020, en compensation explicite de la fermeture du canal 19. Le dispositif pose une question méthodologique que la page ne tranche pas : une présence diffuse est plus difficile à mesurer qu'un canal identifié, et les indicateurs de visibilité ne sont pas des parts d'audience.

Les neuf stations du réseau

9

Pour chaque territoire : la station, son fuseau horaire, son décalage avec Paris en heure d'hiver puis en heure d'été, l'heure locale au moment du journal de vingt heures métropolitain, et la population légale avec son année de référence.

TerritoireFuseauDécalage ParisÀ 20 h à ParisPopulation
Pacifique
Wallis-et-Futuna
Wallis-et-Futuna La 1ère
UTC+12+11 h en hiver
+10 h en été
7 h le lendemain11 151
Population municipale, recensement 2023
Pacifique
Nouvelle-Calédonie
Nouvelle-Calédonie La 1ère
UTC+11+10 h en hiver
+9 h en été
6 h le lendemain271 407
Recensement 2019, ISEE-NC
Océan Indien
La Réunion
Réunion La 1ère
UTC+4+3 h en hiver
+2 h en été
23 h899 660
Population légale, décret de recensement
Océan Indien
Mayotte
Mayotte La 1ère
UTC+3+2 h en hiver
+1 h en été
22 h256 500
Dernier recensement complet publié (2017), arrondi
Atlantique Nord
Saint-Pierre-et-Miquelon
Saint-Pierre-et-Miquelon La 1ère
UTC−3−4 h en hiver
−4 h en été
16 h5 900
Estimation au 1er janvier 2024
Amérique du Sud
Guyane
Guyane La 1ère
UTC−3−4 h en hiver
−5 h en été
16 h296 053
Population légale, décret de recensement
Caraïbes
Guadeloupe
Guadeloupe La 1ère
UTC−4−5 h en hiver
−6 h en été
15 h388 493
Population légale, décret de recensement
Caraïbes
Martinique
Martinique La 1ère
UTC−4−5 h en hiver
−6 h en été
15 h364 348
Population légale, décret de recensement
Pacifique
Polynésie française
Polynésie La 1ère
UTC−10−11 h en hiver
−12 h en été
9 h278 786
Recensement août 2022, ISPF

Lecture : le décalage d'été diffère du décalage d'hiver pour huit territoires sur neuf, non parce qu'ils changent d'heure — ils ne le font pas — mais parce que la métropole, elle, la change. Saint-Pierre-et-Miquelon est la seule exception : il suit le calendrier métropolitain, et son écart reste constant.

L'offre privée locale, ancienne et inégale

6

Contrairement à une idée répandue, la télévision ultramarine n'est pas exclusivement publique. Vingt-deux ans séparent la première chaîne privée locale de Martinique, à l'antenne en 1993, de son équivalent guyanais, créé en 2015 — un décalage d'ouverture au moins aussi parlant que le décalage horaire.

Antenne Réunion
La Réunion · 18 mars 1991
Chaîne privée locale, TNT

Autorisée par le Conseil supérieur de l'audiovisuel le 2 mars 1990, elle diffuse son premier journal le 18 mars 1991. C'est la plus ancienne chaîne commerciale privée d'outre-mer et la seule à disputer durablement la première place à une station La 1ère. Propriété du groupe Cirano depuis novembre 2021.

ATV Martinique
Martinique · 11 février 1993
Chaîne privée locale, réseau Vià

Autorisée le 5 juin 1992, à l'antenne le 11 février 1993 : première chaîne privée locale de Martinique. Rachetée par Médias du Sud en mai 2018, intégrée au réseau Vià lancé le 4 juillet 2018 sous le nom ViàATV.

ATV Guadeloupe
Guadeloupe · 25 mars 2014
Chaîne privée locale, réseau Vià

Déclinaison guadeloupéenne du modèle martiniquais, créée vingt et un ans après l'originale. Renommée ViàGuadeloupe après l'intégration au réseau Vià en 2018.

ATV Guyane
Guyane · 21 septembre 2015
Chaîne privée locale, réseau Vià

La dernière des trois ATV, créée en 2015. Elle illustre le calendrier de l'ouverture privée outre-mer : vingt-deux ans séparent la première chaîne privée locale martiniquaise de son équivalent guyanais.

Chaînes locales de Saint-Martin et Saint-Barthélemy
Îles du Nord · Années 2000-2010
Chaînes privées locales

Ces deux collectivités, couvertes par le signal de Guadeloupe La 1ère, n'ont pas de station La 1ère propre. Leur proximité télévisuelle repose donc sur des chaînes privées locales, un cas unique dans le réseau ultramarin.

Offre payante de Canal+ Outre-mer
Tous bassins · Années 1990-2000
Distribution payante

Le groupe Canal+ opère des offres payantes dédiées dans les bassins caraïbe, indien et pacifique, avec des grilles et des droits sportifs adaptés aux territoires. Les dates de création de chacune de ces entités n'ont pas pu être vérifiées sur source primaire et ne sont donc pas indiquées.

De la radio coloniale au pacte de visibilité

16
14 septembre 1954

Création de la Radiodiffusion de la France d'outre-mer. L'organisation de l'audiovisuel ultramarin commence par la radio : la télévision ne viendra qu'avec les décennies suivantes, territoire par territoire.

1955-1964

La SORAFOM, société de radiodiffusion de la France d'outre-mer, puis l'OCORA, office de coopération radiophonique, prennent la suite. Le modèle est celui d'un service produit depuis Paris pour des territoires, et non d'un service produit dans les territoires.

1975

Après l'éclatement de l'ORTF, les stations ultramarines sont rattachées à FR3 sous l'appellation FR3 DOM-TOM. Le rattachement à la chaîne des régions installe pour longtemps l'idée que l'outre-mer est une catégorie de la proximité.

17 septembre 1982

Création de RFO, société de radiodiffusion et de télévision pour l'outre-mer, détenue par FR3, l'État et Radio France. Pour la première fois, un opérateur est spécifiquement dédié aux territoires ultramarins.

25 mars 1998

Lancement de RFO Sat, première chaîne nationale consacrée aux Outre-mer, diffusée par satellite et par câble. L'offre existe désormais en métropole, mais reste réservée aux foyers abonnés.

9 juillet 2004

La loi du 9 juillet 2004 intègre RFO dans le groupe France Télévisions. Le réseau ultramarin devient une composante du service public audiovisuel unifié, avec les arbitrages budgétaires que cela implique.

25 février 2005

RFO Sat devient France Ô. Le nom marque l'ambition : une chaîne nationale de plein exercice, éditorialisée, et non un simple canal de reprise des programmes des stations.

2007

France Ô obtient un canal de la TNT en Île-de-France. La chaîne devient gratuite et hertzienne, mais dans une seule région — celle qui concentre la plus importante population ultramarine de métropole.

14 juillet 2010

France Ô accède à la TNT nationale sur le canal 19. C'est le seul moment de l'histoire de la télévision française où une chaîne consacrée aux Outre-mer est reçue par l'antenne, gratuitement, dans tous les foyers de métropole.

12 octobre-30 novembre 2010

France Télévisions annonce le 12 octobre que le réseau RFO devient Outre-mer 1ère, chaque station prenant le nom de son territoire suivi de « La 1ère ». Le nouveau nom est officiel le 30 novembre 2010, jour du lancement de la télévision numérique terrestre dans les territoires ultramarins.

2011

L'analogique s'éteint dans les Outre-mer, selon un calendrier propre échelonné dans l'année et distinct de la date métropolitaine du 29 novembre 2011. Les territoires passent au numérique avec une offre de chaînes gratuites nettement plus réduite qu'en métropole.

9 avril 2019

La délégation sénatoriale aux Outre-mer adopte le rapport « Les Outre-mer dans l'audiovisuel public ». Il documente la réduction des effectifs du réseau ultramarin : 1 295 équivalents temps plein en 2019, contre 1 437 en 2012, soit un recul d'environ dix pour cent en sept ans.

Juillet 2019

Signature du pacte pour la visibilité des Outre-mer entre l'État et France Télévisions : vingt-cinq engagements et onze indicateurs chiffrés destinés à faire apparaître les territoires sur l'ensemble des antennes du groupe. Le pacte précède d'un an la suppression de France Ô et en constitue la justification officielle.

23 août 2020

France Ô cesse d'émettre. La suppression, annoncée dans le cadre de la réforme de l'audiovisuel public de 2018-2019 et confirmée par le ministère de la Culture, laisse le paysage national sans chaîne consacrée aux Outre-mer pour la première fois depuis 1998. Un portail numérique dédié, lancé en juin 2020, est présenté comme la contrepartie.

23 septembre 2025

La Cour des comptes publie un rapport sur France Télévisions dans lequel le pôle Outre-mer est décrit comme une variable d'ajustement budgétaire. Le constat n'est pas assorti, dans les éléments publics, d'un montant isolé pour le pôle : le budget propre du réseau ultramarin reste difficile à établir depuis l'extérieur.

2026

Le réseau compte neuf stations, sert près de deux millions huit cent mille habitants répartis sur vingt-deux heures de décalage, et réalise localement des parts d'audience qu'aucune antenne nationale n'atteint en métropole. La question posée depuis 2020 reste ouverte : une visibilité diffuse sur toutes les antennes remplace-t-elle un canal identifié ?

Six mécanismes pour comprendre

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Vingt-deux heures de décalage interdisent un prime time national

Mécanisme structurel

Une grille nationale suppose que les téléspectateurs soient disponibles au même moment. Entre Wallis-et-Futuna, à onze heures d'avance sur Paris, et la Polynésie française, à onze heures de retard, il n'existe aucune heure de la journée où l'ensemble du pays puisse regarder le même programme dans des conditions comparables. Ce n'est pas une difficulté d'organisation, c'est une impossibilité arithmétique : elle impose que chaque territoire dispose d'une grille propre, construite sur son propre horaire de grande écoute.

La station locale n’est pas un décrochage, c’est la chaîne principale

Idée reçue tenace

En métropole, une antenne régionale de France 3 insère des éditions locales dans une grille nationale. Outre-mer, le rapport est inversé : la station La 1ère est la chaîne généraliste de référence du territoire, avec son journal, ses magazines, ses retransmissions sportives et ses programmes en langue régionale, et c'est elle qui reprend certains programmes nationaux, non l'inverse. Cette inversion explique les niveaux de part d'audience observés : la station n'est pas une option de proximité, elle est la télévision du territoire.

Le coût fixe d’une station ne dépend pas de la population desservie

Mécanisme structurel

Un studio, une régie, une rédaction et un réseau de diffusion coûtent approximativement la même chose à Saint-Pierre-et-Miquelon, cinq mille neuf cents habitants, qu'à La Réunion, près de neuf cent mille. Le rapport de un à cent cinquante-deux entre les bassins de population ne se retrouve pas dans les budgets, et ne peut pas s'y retrouver sans fermer des antennes. C'est la raison structurelle pour laquelle le réseau ultramarin apparaît coûteux au regard des audiences agrégées et indispensable au regard des audiences locales.

Une chaîne nationale dédiée n’a jamais trouvé son public

Idée reçue tenace

France Ô a bénéficié pendant dix ans du meilleur emplacement possible — un canal gratuit de la TNT nationale — sans dépasser quelques dixièmes de point de part d'audience. Deux explications coexistent dans le débat : l'insuffisance des moyens de programmation d'une part, la difficulté intrinsèque d'agréger une audience autour d'une catégorie géographique plutôt que d'un genre d'autre part. Les deux sont plausibles et la page ne tranche pas ; le constat de l'échec d'audience, lui, n'est pas contesté.

La dilution est plus difficile à mesurer que la concentration

À nuancer

Le pacte de visibilité substitue à un canal identifié une présence répartie sur l'ensemble des antennes, assortie de onze indicateurs chiffrés. Le dispositif est cohérent et potentiellement plus efficace en termes d'exposition : un sujet ultramarin dans le journal de vingt heures atteint un public sans commune mesure avec celui de France Ô. Mais un indicateur de présence n'est pas une part d'audience, et il n'existe aucune série antérieure permettant de comparer l'avant et l'après sur la même grandeur.

L’audience ultramarine se mesure séparément

À nuancer

Les parts d'audience des territoires ne sont pas incluses dans la mesure nationale quotidienne : elles font l'objet de vagues d'enquête spécifiques, publiées à une fréquence bien moindre. Une conséquence pratique en découle : une station peut réaliser trente pour cent de part d'audience sur son territoire sans jamais apparaître dans les classements quotidiens commentés dans la presse nationale. La visibilité statistique suit la même logique que la visibilité éditoriale.

Six idées reçues sur la télévision ultramarine

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Idée reçue tenace

« Les Outre-mer reçoivent la même télévision que la métropole »

Non, et à deux titres. L'offre de chaînes gratuites reçues par l'antenne y est sensiblement plus réduite qu'en métropole depuis le passage au numérique de 2010-2011. Et la chaîne de référence n'est pas une antenne nationale mais la station La 1ère du territoire, avec sa propre grille, son propre journal et ses propres horaires — calés sur l'heure locale, pas sur celle de Paris.

Idée reçue tenace

« France Ô a été supprimée faute d’audience »

L'audience était effectivement très faible, de l'ordre de trois dixièmes de point. Mais ce n'est pas la justification officielle retenue : la suppression a été présentée comme la contrepartie d'un pacte pour la visibilité des Outre-mer signé en juillet 2019, censé faire apparaître les territoires sur l'ensemble des antennes du groupe plutôt que sur une seule. La formulation mérite d'être citée exactement, parce qu'elle inverse l'intuition : la chaîne a été fermée au nom d'une visibilité accrue.

À nuancer

« La 1ère est un décrochage de France 3 »

Historiquement, les stations ultramarines ont bien été rattachées à FR3 en 1975 sous l'appellation FR3 DOM-TOM. Mais depuis la création de RFO en 1982, le réseau constitue une entité propre, intégrée à France Télévisions en 2004 et rebaptisée en 2010. Chaque station est une antenne généraliste de plein exercice, pas un décrochage régional inséré dans une grille nationale.

Idée reçue tenace

« Le journal de 20 heures est regardé à 20 heures partout en France »

Il est diffusé à quinze heures en Guadeloupe et en Martinique, à seize heures en Guyane et à Saint-Pierre-et-Miquelon, à vingt-deux heures à Mayotte, à vingt-trois heures à La Réunion, à neuf heures du matin en Polynésie française, et à six ou sept heures du matin du lendemain en Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna. L'expression « journal de vingt heures » ne désigne une heure de diffusion que dans un seul fuseau du pays.

À nuancer

« Il n’existe pas de télévision privée outre-mer »

Antenne Réunion diffuse depuis 1991, ATV Martinique depuis 1993, leurs déclinaisons guadeloupéenne et guyanaise depuis 2014 et 2015, et Saint-Martin comme Saint-Barthélemy reposent essentiellement sur des chaînes privées locales. Le groupe Canal+ y opère par ailleurs des offres payantes dédiées. La concurrence privée est ancienne dans l'océan Indien et aux Antilles, plus récente ailleurs.

À nuancer

« Un réseau de neuf stations, c’est neuf fois la même chose »

Les neuf territoires relèvent de statuts juridiques différents — départements, collectivités, pays d'outre-mer —, de quatre bassins géographiques, de neuf environnements linguistiques distincts et de bassins de population allant de cinq mille neuf cents à près de neuf cent mille habitants. Les grilles, les langues de diffusion et les partenariats sportifs n'ont pas de commune mesure d'un territoire à l'autre.

Six modèles pour des territoires lointains

6

Les configurations sont trop différentes pour autoriser un classement : elles dépendent du statut constitutionnel des territoires autant que de la politique audiovisuelle. Cette section est descriptive et ne compare pas des grandeurs chiffrées.

🇫🇷
France
Neuf stations locales, plus de chaîne nationale dédiée

Un réseau de neuf antennes généralistes de plein exercice, intégrées au groupe public national, chacune avec sa grille et son journal. La chaîne nationale consacrée aux Outre-mer a existé de 1998 à 2020 avant d'être supprimée au profit d'un pacte de visibilité transversal. Aucun autre pays européen ne gère un réseau audiovisuel public réparti sur autant de fuseaux horaires.

🇵🇹
Portugal
Antennes régionales insulaires du diffuseur public

Le diffuseur public portugais opère des antennes dédiées à Madère et aux Açores, avec production locale et décalage horaire — d'une heure pour Madère, de deux pour les Açores. L'échelle est sans commune mesure avec le cas français : deux régions insulaires proches, contre neuf territoires répartis sur trois océans.

🇪🇸
Espagne
Antenne canarienne et chaîne autonomique

Les Canaries disposent d'une antenne du diffuseur public national et d'une chaîne de la communauté autonome. Le décalage avec la péninsule est d'une heure, ce qui permet des grilles largement alignées. Le modèle espagnol repose surtout sur les chaînes des communautés autonomes, une catégorie sans équivalent français.

🇩🇰
Danemark
Diffuseurs autonomes au Groenland et aux Féroé

Le Groenland et les îles Féroé disposent de diffuseurs publics propres, distincts du diffuseur danois, avec leurs langues et leurs grilles. C'est le contraire du choix français : plutôt qu'un réseau intégré au groupe national, des institutions audiovisuelles séparées pour des territoires autonomes.

🇬🇧
Royaume-Uni
Aucune obligation de service public dans les territoires

Les territoires britanniques d'outre-mer ne relèvent pas du périmètre de service public du diffuseur national : leurs paysages audiovisuels reposent sur des opérateurs locaux et sur la reprise de chaînes internationales. Le contraste avec la France est frontal, et il découle des statuts constitutionnels : les territoires ultramarins français font partie de la République, et plusieurs sont des départements.

🇺🇸
États-Unis
Affiliés locaux, aucune chaîne nationale dédiée

Hawaï, Porto Rico, Guam ou les Samoa américaines sont desservis par des stations affiliées aux grands réseaux, selon le modèle général du pays : les réseaux nationaux ne diffusent pas directement mais par l'intermédiaire de stations locales, qui ajustent leurs grilles à leur fuseau. Le décalage n'y est pas un problème d'exception mais le principe même d'organisation du marché.

Citer cette page

Cette page est mise à disposition sous licence Creative Commons BY-SA 4.0. Journalistes, enseignants, étudiants et chercheurs peuvent en reprendre les tableaux et les graphiques en citant la source, en renvoyant à Médiamétrie pour les parts d'audience et aux recensements pour les populations, et en rappelant que l'indice de portée nationale de l'offre dédiée est un indicateur construit par TV.fr et non une mesure externe.

TV.fr, « La télévision dans les Outre-mer : neuf stations, vingt-deux heures de décalage », Observatoire TV.fr, septembre 2026. https://www.tv.fr/observatoire/television-outre-mer

Méthodologie et sources

Périmètre

Cette page porte sur la télévision dans les neuf territoires ultramarins desservis par une station du réseau La 1ère de France Télévisions : Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna et Saint-Pierre-et-Miquelon. Elle traite de l'organisation du réseau public, de la contrainte des fuseaux horaires, des parts d'audience locales, de l'offre privée locale et de la trajectoire de la chaîne nationale consacrée aux Outre-mer, de 1998 à 2020. Elle ne traite pas de la radio, ni de la télévision régionale métropolitaine, ni de l'audiovisuel extérieur français, qui font l'objet de pages distinctes de l'Observatoire.

Origine des données

Les dates institutionnelles — création de la Radiodiffusion de la France d'outre-mer le 14 septembre 1954, création de RFO le 17 septembre 1982, lancement de RFO Sat le 25 mars 1998, intégration à France Télévisions par la loi du 9 juillet 2004, passage à France Ô le 25 février 2005, accès à la TNT nationale le 14 juillet 2010, annonce du nom Outre-mer 1ère le 12 octobre 2010 et entrée en vigueur le 30 novembre 2010, arrêt de la diffusion le 23 août 2020 — sont issues des communications de France Télévisions, du ministère de la Culture et des textes cités. Les parts d'audience proviennent des vagues d'enquête Métridom de Médiamétrie consacrées aux territoires ultramarins. Les effectifs du réseau — 1 295 équivalents temps plein en 2019 contre 1 437 en 2012 — sont ceux du rapport de la délégation sénatoriale aux Outre-mer adopté le 9 avril 2019. Les populations sont des populations légales issues des recensements, avec l'année de référence propre à chaque territoire.

Indicateurs construits

Les décalages horaires sont calculés par TV.fr à partir des fuseaux officiels de chaque territoire, par rapport à l'heure de Paris en période d'heure d'hiver ; l'écart maximal de vingt-deux heures est la différence entre le territoire le plus en avance, Wallis-et-Futuna à onze heures, et le plus en retard, la Polynésie française à onze heures. Les heures locales correspondant à vingt heures à Paris en découlent directement. Le rapport d'environ un à cent trois entre la meilleure part d'audience locale et celle de France Ô en métropole, et le rapport d'environ un à cent cinquante-deux entre le plus grand et le plus petit bassin de population — La Réunion contre Saint-Pierre-et-Miquelon —, sont des calculs TV.fr. L'indice de portée nationale de l'offre dédiée est une construction TV.fr en base 100 sur la période de diffusion par la TNT nationale : il traduit la possibilité matérielle de recevoir la chaîne en métropole selon son mode de diffusion, ne provient d'aucune source externe, ne mesure aucune grandeur observable et ne doit pas être cité comme une donnée — seul l'ordre de ses valeurs, et son retour à zéro en 2020, portent de l'information.

Précautions de lecture

Trois précautions de lecture. D'abord, les années de référence des populations diffèrent d'un territoire à l'autre : le total d'environ deux millions huit cent mille habitants agrège donc des millésimes hétérogènes, et le chiffre retenu pour Mayotte est celui du dernier recensement complet publié, antérieur à celui engagé fin 2025, ce qui sous-estime la population actuelle. Ensuite, les parts d'audience locales proviennent de vagues d'enquête distinctes, dont les périodes ne coïncident pas : elles ne constituent pas une photographie simultanée des trois territoires mesurés, et deux valeurs légèrement différentes circulent pour la Martinique selon les vagues citées. Enfin, aucun montant budgétaire isolé n'a pu être établi pour le pôle Outre-mer de France Télévisions à partir de sources publiques : la page s'en tient donc aux effectifs, qui sont documentés, et ne publie aucun budget. Les dates de création des offres payantes de Canal+ dans les bassins ultramarins n'ont pas non plus pu être vérifiées et ne sont pas indiquées.

Sources mobilisées
1
Médiamétrie — vagues Métridom
Enquêtes d'audience consacrées aux territoires ultramarins, qui mesurent les parts d'audience des chaînes en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion selon un calendrier de vagues propre, distinct de la mesure nationale quotidienne.
2
France Télévisions — réseau Outre-mer La 1ère
Communications du groupe sur l'organisation du réseau, le changement de nom annoncé le 12 octobre 2010 et effectif le 30 novembre 2010, le lancement du portail numérique dédié en juin 2020 et la programmation des stations.
3
Ministère de la Culture
Annonces relatives à la réforme de l'audiovisuel public de 2018-2019, confirmation de l'arrêt de France Ô à compter du 23 août 2020 et pacte pour la visibilité des Outre-mer signé en juillet 2019.
4
Délégation sénatoriale aux Outre-mer
Rapport « Les Outre-mer dans l'audiovisuel public », adopté le 9 avril 2019, qui documente les effectifs du réseau ultramarin et leur évolution depuis 2012.
5
Cour des comptes
Rapport sur France Télévisions publié le 23 septembre 2025, dans lequel le pôle Outre-mer est présenté comme une variable d'ajustement budgétaire du groupe.
6
Insee, ISEE-NC, ISPF et décrets de recensement
Populations légales et résultats de recensement pour chacun des neuf territoires, avec des années de référence distinctes : 2025 pour les départements d'Amérique et La Réunion, 2023 pour Wallis-et-Futuna, 2022 pour la Polynésie française, 2019 pour la Nouvelle-Calédonie, 2017 pour Mayotte.
Mise à jour
Septembre 2026
Couverture
Outre-mer français — 1954-2026
Licence
CC BY-SA 4.0
Population couverte
2 772 298 habitants

Contact presse : journalistes, enseignants et chercheurs souhaitant le détail des références, les séries d'audience par vague ou la composition de l'indice de portée peuvent contacter presse@tv.fr.

Questions fréquentes

9
Combien de stations La 1ère existe-t-il dans les Outre-mer ?+

Neuf : Guadeloupe La 1ère, Martinique La 1ère, Guyane La 1ère, Réunion La 1ère, Mayotte La 1ère, Nouvelle-Calédonie La 1ère, Polynésie La 1ère, Wallis-et-Futuna La 1ère et Saint-Pierre-et-Miquelon La 1ère. Saint-Barthélemy et Saint-Martin n'ont pas de station propre : ces deux collectivités sont couvertes par le signal de Guadeloupe La 1ère et disposent de chaînes privées locales. Le réseau a pris ce nom le 30 novembre 2010, en remplacement de l'appellation RFO.

Pourquoi France Ô a-t-elle été supprimée ?+

La suppression a été décidée dans le cadre de la réforme de l'audiovisuel public engagée en 2018-2019 et confirmée par le ministère de la Culture, pour une extinction effective dans la nuit du 23 août 2020. La justification officielle repose sur le pacte pour la visibilité des Outre-mer signé en juillet 2019 : plutôt qu'une chaîne unique regardée par environ trois dixièmes de point de part d'audience, faire apparaître les territoires sur l'ensemble des antennes du groupe, avec vingt-cinq engagements et onze indicateurs chiffrés, ainsi qu'un portail numérique dédié lancé en juin 2020. La faiblesse de l'audience de la chaîne est un fait établi, mais la décision a été présentée comme une stratégie de visibilité accrue, non comme un renoncement.

À quelle heure le journal de 20 heures est-il diffusé dans les Outre-mer ?+

À l'heure locale correspondant à vingt heures à Paris, ce qui donne, en période d'heure d'hiver métropolitaine : quinze heures en Guadeloupe et en Martinique, seize heures en Guyane et à Saint-Pierre-et-Miquelon, vingt-deux heures à Mayotte, vingt-trois heures à La Réunion, neuf heures du matin en Polynésie française, six heures du matin du lendemain en Nouvelle-Calédonie et sept heures du matin du lendemain à Wallis-et-Futuna. En pratique, les stations construisent leur propre grille autour de leur propre heure de grande écoute, et le journal national n'y occupe pas la place qu'il occupe en métropole.

Quelle est la part d’audience des stations La 1ère ?+

Elle se mesure territoire par territoire et atteint des niveaux sans équivalent métropolitain. Guadeloupe La 1ère a mesuré 30,8 % de part d'audience, son meilleur niveau en douze ans, avec 75,4 % sur le journal du soir. Martinique La 1ère a mesuré 21,9 % sur la vague de septembre à novembre 2024, Réunion La 1ère 14,5 %. Ces chiffres proviennent des vagues Métridom de Médiamétrie, dont les périodes ne coïncident pas exactement : ils ne constituent pas une photographie simultanée des trois territoires.

Les Outre-mer reçoivent-ils les mêmes chaînes gratuites que la métropole ?+

Non. Depuis le lancement de la télévision numérique terrestre ultramarine le 30 novembre 2010 et l'extinction de l'analogique en 2011, l'offre gratuite reçue par l'antenne y est sensiblement plus réduite qu'en métropole : elle associe la station La 1ère du territoire, plusieurs chaînes nationales du service public, Arte, une chaîne d'information internationale et, selon le territoire, une ou deux chaînes locales privées. Le nombre exact varie d'un bassin à l'autre, et l'écart avec les vingt-cinq chaînes nationales gratuites de la métropole reste substantiel.

Existe-t-il des chaînes privées dans les Outre-mer ?+

Oui, et certaines sont anciennes. Antenne Réunion a été autorisée le 2 mars 1990 et a diffusé son premier journal le 18 mars 1991 : c'est la plus ancienne chaîne commerciale privée d'outre-mer, et la seule à disputer durablement la première place à une station publique. ATV Martinique a été autorisée le 5 juin 1992 et mise à l'antenne le 11 février 1993, avec des déclinaisons guadeloupéenne en 2014 et guyanaise en 2015, toutes trois rachetées par Médias du Sud en mai 2018 et intégrées au réseau Vià. Le groupe Canal+ opère par ailleurs des offres payantes dédiées dans les trois bassins.

Pourquoi le décalage horaire varie-t-il entre l’hiver et l’été ?+

Parce que huit des neuf territoires n'appliquent pas le changement d'heure, contrairement à la métropole. Leur heure locale ne bouge pas, mais celle de Paris avance d'une heure au printemps : leur écart avec la métropole varie donc d'une heure selon la saison, sans qu'ils aient rien changé. Saint-Pierre-et-Miquelon est la seule exception : il change d'heure selon le même calendrier que la métropole, et son décalage avec Paris reste constant à quatre heures toute l'année.

Combien de personnes travaillent dans le réseau ultramarin ?+

Le rapport de la délégation sénatoriale aux Outre-mer adopté le 9 avril 2019 recense 1 295 équivalents temps plein pour le réseau, contre 1 437 en 2012, soit un recul d'environ dix pour cent en sept ans. Aucun montant budgétaire isolé pour le pôle Outre-mer n'a pu être établi à partir de sources publiques : le rapport de la Cour des comptes du 23 septembre 2025 décrit le pôle comme une variable d'ajustement budgétaire sans publier de chiffre consolidé.

D’autres pays ont-ils une chaîne publique consacrée à leurs territoires lointains ?+

Les configurations diffèrent trop pour qu'une comparaison directe soit possible. Le Portugal et l'Espagne disposent d'antennes publiques insulaires — Madère, les Açores, les Canaries — mais avec un ou deux fuseaux d'écart seulement. Le Danemark a fait le choix inverse du modèle français : des diffuseurs publics distincts au Groenland et aux îles Féroé, et non un réseau intégré au groupe national. Les territoires britanniques d'outre-mer ne relèvent pas du périmètre de service public du diffuseur national. Aux États-Unis, Hawaï, Porto Rico ou Guam sont desservis par des stations affiliées locales, selon le principe général d'organisation du marché américain. Aucun pays ne gère un réseau audiovisuel public réparti sur autant de fuseaux horaires que la France.

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