Netflix : « Monstre » revient le 17 septembre avec sa première criminelle
Il existe peu de franchises de streaming aussi mécaniquement efficaces que « Monstre ». Depuis 2022, l'anthologie de Ryan Murphy et Ian Brennan produit à intervalles réguliers des saisons qui s'installent en tête des classements Netflix en France comme ailleurs, tout en déclenchant à chaque fois la même controverse sur la mise en spectacle de crimes réels. La quatrième livraison, attendue le 17 septembre 2026, introduit une variation notable.
Une affaire vieille de 134 ans
« Monstre : l'histoire de Lizzie Borden » s'attaque à l'un des faits divers les plus commentés de l'histoire criminelle américaine. En août 1892, à Fall River dans le Massachusetts, Andrew Borden et son épouse Abby sont tués à coups de hache à leur domicile. La fille du premier lit, Lizzie Borden, alors âgée de 32 ans, est arrêtée, jugée, puis acquittée en juin 1893.
L'affaire n'a jamais été résolue. C'est précisément ce qui la distingue des trois saisons précédentes : Jeffrey Dahmer, les frères Menendez et Ed Gein étaient des coupables établis, dont la série reconstituait les actes. Lizzie Borden est un point d'interrogation judiciaire, entré dans la culture populaire américaine sous forme de comptine enfantine. La série ne peut donc pas s'appuyer sur un récit factuel stabilisé — elle doit choisir une hypothèse, ce qui la place structurellement du côté de la fiction plutôt que de la reconstitution.
Un casting inhabituellement dense
Ella Beatty tient le rôle-titre. Vicky Krieps, révélée par « Phantom Thread » et remarquée dans le cinéma d'auteur européen, incarne Bridget Sullivan, la domestique irlandaise de la maison — personnage central de toutes les reconstitutions de l'affaire. Rebecca Hall joue Abby Borden, la belle-mère, et Charlie Hunnam le père, Andrew Borden.
Ce dernier point mérite d'être relevé : Charlie Hunnam tenait déjà le rôle-titre de la saison consacrée à Ed Gein. Le passage d'un acteur d'une saison à l'autre dans une anthologie est une signature assumée de Ryan Murphy, qui construit ses ensembles comme des troupes plutôt que comme des castings ponctuels.
Ce que change une « monstre » féminine
Netflix France a communiqué sur l'argument de la première figure criminelle féminine de l'anthologie. La formule est commerciale, mais elle recouvre un vrai déplacement narratif. Les trois saisons précédentes reposaient sur un même schéma : un homme, une série d'actes documentés, une exploration des mécanismes psychologiques et sociaux ayant conduit au passage à l'acte.
Avec Lizzie Borden, le matériau impose autre chose : un huis clos familial, une question de classe et de patrimoine — le père était un homme riche et réputé avare — et un procès dont l'issue s'explique en partie par l'incapacité du jury de 1893 à concevoir qu'une femme de la bonne société ait pu commettre un tel crime. C'est un sujet de série sociale autant que criminelle, ce qui pourrait la rendre plus intéressante que ses devancières, ou plus bavarde.
Une case de rentrée très encombrée
Le 17 septembre est une date stratégique. Netflix a réparti ses sorties de septembre sur tout le mois, avec la saison 2 de « The Gentlemen » en ouverture, puis « Fauda » et la finale de « Nouvelle École » en début de mois. « Monstre » occupe la seconde quinzaine, avant la fin de mois consacrée aux franchises d'horreur.
Face à elle, l'offre concurrente en France est fournie : Prime Video lance « Neagley » le 16 septembre, Disney+ pousse « Chad Powers » et prépare son événement cinéma de fin d'année, et les chaînes hertziennes alignent leurs lancements de fiction française à partir de la mi-septembre. Notre guide du replay et du streaming recense les principales sorties disponibles en France.
La question qui revient à chaque saison
« Monstre » traîne depuis ses débuts une critique sérieuse : celle de l'exploitation. Les familles des victimes de Jeffrey Dahmer avaient publiquement reproché à Netflix de rejouer leur deuil sans les consulter ; la saison consacrée aux frères Menendez avait suscité des réactions similaires. Le choix d'une affaire de 1892 neutralise en grande partie cet écueil — il n'existe plus de proches vivants — et cela ressemble à une réponse, au moins partielle, aux polémiques précédentes.
Reste la question artistique. Une anthologie qui atteint sa quatrième saison doit prouver qu'elle n'applique pas simplement une recette. Le déplacement vers un crime non résolu et vers une protagoniste féminine constitue au moins une tentative de renouvellement, là où la reconduction d'un même dispositif aurait signalé l'épuisement.
À surveiller
Deux indicateurs diront si le pari fonctionne. D'abord la durée de présence dans le top 10 français : les saisons précédentes tenaient plusieurs semaines, signe d'un effet de bouche-à-oreille et non d'un simple pic de lancement. Ensuite l'accueil critique, historiquement plus sévère que le succès d'audience — un écart devenu la marque de fabrique des productions Ryan Murphy.
En attendant le 17 septembre, l'actualité quotidienne des chaînes et des plateformes est suivie sur notre page actualités, et les programmes du soir sont détaillés sur Ce soir à la télé.
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