Top 10 des séries à voir cette semaine sur les plateformes
Notre top 10 des séries à voir cette semaine sur Netflix, Prime Video et Disney+ : The Gentlemen, Monster, Neagley et les fictions françaises de la rentrée.
Top 10 des séries à voir cette semaine sur Netflix, Prime Video et Disney+
Septembre 2026 restera comme l'un des mois les plus encombrés de l'histoire récente du streaming français. En trois semaines, les plateformes ont dégainé une saison 2 très attendue, un spin-off à gros budget, une nouvelle anthologie criminelle et le blockbuster cinéma de l'année. Résultat : un embouteillage qui met le téléspectateur face à un problème de riche. Voici notre top 10 des séries à voir cette semaine, classées non pas par budget mais par plaisir de visionnage.
1. « The Gentlemen », saison 2 — la classe anglaise, toujours
Arrivée le 3 septembre sur Netflix, la deuxième saison de la série dérivée du film de Guy Ritchie confirme ce que la première laissait espérer : il existe une place, entre le thriller criminel et la comédie de mœurs aristocratique, pour un objet aussi élégant que délinquant. Dialogues ciselés, costumes impeccables, violence stylisée — la série assume son artifice et s'en amuse. C'est la proposition la plus divertissante du mois, et de loin celle qui se binge le plus facilement.
2. « Monster : l'histoire de Lizzie Borden » — Ryan Murphy récidive
Mise en ligne le 17 septembre, la quatrième saison de l'anthologie de Ryan Murphy et Ian Brennan s'attaque à l'un des faits divers les plus commentés de l'histoire américaine : le double meurtre de Fall River, en 1892, et le procès retentissant qui suivit. On retrouve la patte Murphy — esthétique léchée, mise en scène du sordide, ambiguïté morale assumée. La série divisera, comme toujours, mais elle s'imposera dans le Top 10 français. C'est mathématique.
3. « Neagley » — le pari du spin-off
Disponible depuis le 16 septembre sur Prime Video, « Neagley » est le premier dérivé de l'univers « Reacher ». On y suit Frances Neagley, ancienne enquêtrice de l'armée reconvertie en détective privée, personnage que les fans réclamaient depuis deux saisons. Le format est plus resserré, plus urbain, moins démonstratif que la série mère. Un choix courageux : plutôt que de dupliquer la recette, Prime Video a préféré changer de registre.
4. « Fauda », saison 5 — le retour des maîtres de la tension
La série israélienne revient pour une cinquième saison sur Netflix. Toujours aussi nerveuse, toujours aussi inconfortable, « Fauda » reste l'une des rares productions à assumer la complexité de son sujet sans chercher à rassurer le spectateur. Ceux qui n'ont jamais tenté l'expérience devraient commencer par la première saison — le rattrapage en vaut la peine.
5. « Stranger Things : Chroniques de 1985 »
Netflix continue d'exploiter son actif le plus précieux avec cette extension de l'univers de Hawkins. Le format permet d'explorer des personnages secondaires laissés de côté par la série principale. Les puristes crieront à l'exploitation industrielle du filon ; les autres y trouveront exactement ce qu'ils venaient chercher.
6. « Sneaky Pete » — le rattrapage intelligent de la semaine
Arrivée en intégralité sur Netflix, cette série d'arnaqueurs longtemps confidentielle mérite largement sa seconde vie. Giovanni Ribisi y campe un escroc qui usurpe l'identité de son ancien codétenu pour échapper à ses créanciers. Écriture millimétrée, personnages secondaires savoureux : c'est le genre de pépite qu'un catalogue bien géré remet en lumière au bon moment.
7. « Nouvelle école » — la fabrique du rap français
Le télé-crochet rap de Netflix fait son retour et reste l'un des rares formats de divertissement français à avoir trouvé une véritable identité sur plateforme. Rythme, exigence artistique, absence de pathos : la production évite les écueils habituels du genre. Un objet qui parle à un public que la TNT peine à capter.
8. Les fictions françaises de la rentrée
Il serait injuste de réduire l'actualité série aux plateformes américaines. La rentrée 2026 a vu TF1 lancer « La cible », mini-série d'action portée par Tomer Sisley et Fauve Hautot, qui a rassemblé 3,66 millions de téléspectateurs en moyenne sur ses deux premiers épisodes, soit 23,3 % de part d'audience. De son côté, France 2 a proposé son adaptation du « Rouge et le Noir » avec Victor Belmondo. Deux propositions que l'on peut rattraper en replay.
9. « Dix pour cent : le film » — la famille ASK au complet
Ce n'est pas une série, mais c'est l'événement que tous les amateurs de fiction française attendaient : le long-métrage prolongeant « Dix pour cent » est arrivé sur Netflix. Après la fermeture de l'agence ASK, Andréa veut passer à la réalisation et doit réunir son ancienne équipe pour compenser la défection de son acteur principal. Le plaisir des retrouvailles opère immédiatement.
10. « Lupin » — l'éternel retour
La série avec Omar Sy reste, quatre ans après son lancement, la locomotive française du catalogue Netflix à l'international. Chaque remontée dans le Top 10 hexagonal rappelle une évidence : la fiction française sait exporter quand elle se donne les moyens d'une ambition formelle.
Ce que ce classement dit du marché
Dix titres, quatre plateformes, une conclusion : l'abondance est devenue le principal problème du spectateur français. « Nous sommes passés d'une économie de la rareté à une économie de l'attention », résume Marianne Delvaux, consultante en stratégie de programmes. « Le vrai enjeu pour les plateformes n'est plus de produire, c'est de se rendre visible dans son propre catalogue. »
Les chiffres confirment cette bascule : 70 % des Français sont aujourd'hui abonnés à au moins une plateforme payante, et pour la première fois, la SVOD est devenue le premier réflexe pour choisir une série, avec 49 % de citations contre 45 % pour les chaînes gratuites. Netflix domine largement le marché français avec 12,7 millions d'abonnés, devant Prime Video (7,4 millions), Disney+ (6,1 millions), Max (2,9 millions) et Apple TV+ (2,5 millions).
Trois règles pour s'y retrouver
Ne commencez pas par la page d'accueil. Les interfaces des plateformes sont conçues pour pousser la nouveauté, pas la qualité. Le fonds de catalogue, lui, est souvent bien plus riche — la remise en ligne de « Sneaky Pete » ce mois-ci en est la démonstration.
Acceptez de ne pas tout voir. Dix sorties majeures en trois semaines, c'est physiquement impossible à suivre. Le vrai luxe, en 2026, consiste à choisir deux titres et à les regarder correctement plutôt qu'à en survoler huit.
N'oubliez pas la télé. Les meilleures audiences de la rentrée n'ont pas été réalisées par une plateforme mais par des fictions diffusées sur les chaînes gratuites — jusqu'à 3,9 millions de téléspectateurs pour un lancement de mini-série sur TF1. Le programme TV reste, pour beaucoup de foyers, la porte d'entrée la plus simple vers une bonne soirée.
Notre coup de cœur de la semaine
S'il ne fallait en retenir qu'un, ce serait « Sneaky Pete ». Pas la sortie la plus bruyante, pas celle qui trustera le Top 10 : simplement la mieux écrite. Trois saisons d'une mécanique d'arnaque impeccablement huilée, des personnages secondaires qui ont chacun leur épaisseur, et cette rareté absolue à l'heure des séries interminables — une histoire qui sait où elle va. C'est exactement ce que le fonds de catalogue devrait servir plus souvent.
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