ANALYSE

Streaming ou TNT : la TVA sur les chaînes payantes

Par Rédaction TV.fr

Streaming ou TNT ? La hausse de TVA de 10 à 20 % sur les chaînes payantes, contestée par Canal+, rebat les cartes. Analyse et chiffres d'audience.

Streaming ou TNT : la hausse de TVA sur les chaînes payantes rebat les cartes

Le débat streaming contre TNT prend une tournure très concrète : le gouvernement envisage de faire passer la TVA des chaînes payantes de 10 % à 20 % dans le cadre du budget 2027, et Canal+ dénonce « une attaque directe sur les activités du groupe ». Derrière cette querelle fiscale se joue la question de l'équilibre entre télévision gratuite, abonnements payants et plateformes de streaming. Analyse.

Pour comparer l'offre, consultez notre page streaming et le programme TV des chaînes gratuites.

Ce que prévoit le gouvernement

Aujourd'hui, les services payants qui diffusent des programmes en direct bénéficient d'un taux réduit de 10 %. Les plateformes de vidéo à la demande comme Netflix paient 20 %. Le gouvernement justifie sa proposition par la nécessité de « simplifier le système de TVA applicable » au secteur. Canal+, qui propose à la fois du direct et de la vidéo à la demande, profite du taux réduit sur une partie de ses abonnements.

La réponse de Canal+ : 200 millions d'euros en jeu

Le groupe estime la perte potentielle à environ 200 millions d'euros par an. Dans un communiqué, il avertit : si la hausse est confirmée par le Parlement, il « en tirera les conséquences et accélérera son déploiement à l'international ». Les abonnés pourraient aussi en subir les effets, le groupe ayant déjà relevé les tarifs de certaines offres lors d'un précédent changement de TVA. L'enjeu touche aussi le cinéma : Canal+ s'est engagé à investir 980 millions d'euros dans la création française et européenne jusqu'en 2032 et treize organisations du secteur ont alerté le chef de l'État le 25 septembre sur les « conséquences dramatiques » possibles. Le rugby s'inquiète aussi pour son principal soutien financier.

La TNT gratuite, grande gagnante de la rentrée ?

Pendant ce temps, la télévision gratuite se porte bien. Au mois de septembre, TF1 a été leader 28 jours sur 28, avec 19,1 % de part d'audience. France 2 a atteint 13,7 %, France 3 9,3 % et M6 8,0 %, son meilleur niveau de rentrée depuis trois ans. Les chaînes de la TNT ne sont pas en reste : W9 progresse de 0,9 point sur un an et TMC gagne 0,4 point.

La télévision linéaire conserve donc une force considérable en prime time : « Koh-Lanta : All Stars » a rassemblé plus de 2,7 millions de téléspectateurs le 29 septembre, et le duel « Sœurs » – « Tracker » a dépassé 2,6 millions chacun le lendemain. Aucune plateforme ne réunit chaque soir un tel public en direct.

Le streaming, un autre rythme de consommation

Face à cela, le streaming joue sur d'autres armes : la disponibilité immédiate, l'absence de publicité, la possibilité de regarder une saison entière d'un trait. Octobre en fournit des exemples : « À l'est d'Éden » sur Netflix depuis le 1er octobre, « Carrie » sur Prime Video aujourd'hui, « VisionQuest » le 14 octobre sur Disney+, « Lupin » le 23 octobre. Les plateformes sortent le grand jeu à la rentrée pour fidéliser leurs abonnés, tandis que la télévision gratuite réplique par l'événementiel.

Une frontière de plus en plus floue

La distinction entre « télévision » et « streaming » devient théorique. Les chaînes gratuites proposent leur replay et leurs plateformes, les services payants diffusent du direct, et les plateformes de streaming s'intéressent désormais au direct sportif ou aux événements. La proposition de TVA révèle précisément cette ambiguïté : faut-il taxer comme de la télévision ce qui ressemble de plus en plus à du streaming, ou l'inverse ?

Pour le téléspectateur, l'enjeu est avant tout le prix. Si la TVA passe à 20 % sans compensation, les abonnements pourraient augmenter. Mais le calendrier reste ouvert : le texte doit encore être débattu au Parlement, et les amendements sont possibles.

Qui sont les gagnants et les perdants ?

À court terme, Canal+ est le plus exposé, mais pas seul : les ayants droit du cinéma et du sport, financés en partie par le groupe, craignent des effets en cascade. Les chaînes gratuites ne sont pas concernées directement par la mesure, mais elles pourraient bénéficier d'un réflexe de consommation : si les abonnements augmentent, une partie du public revient vers la télévision gratuite. Les plateformes américaines, déjà taxées à 20 %, voient leur désavantage fiscal se réduire.

Conclusion : un débat à suivre

Cette bataille fiscale montre que le paysage audiovisuel français est en pleine recomposition. Pour comparer les offres, parcourez la page streaming, consultez la grille de ce soir et suivez les développements dans nos actualités.

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