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Qui sera le plus nul ? : la chute qui embarrasse TF1

Par Rédaction TV.fr

Le retour de Qui sera le plus nul ? avec Camille Combal a perdu 1,5 million de téléspectateurs en une saison. Pourquoi TF1 s'est trompée sur son format événement.

« Qui sera le plus nul ? » : la chute qui embarrasse TF1

4 millions de téléspectateurs pour le lancement de la saison 1. 2,53 millions pour celui de la saison 2. Entre les deux, un an à peine. Le retour du quiz de Camille Combal sur TF1, vendredi 4 septembre, a viré à la contre-performance, et il pose une question désagréable à la première chaîne : que reste-t-il d'un format événement quand l'événement est passé ?

Les chiffres, sans ménagement

Le lancement de la deuxième saison a rassemblé 2 527 000 téléspectateurs pour 15,9 % de part d'audience. Dans l'absolu, ce n'est pas un échec industriel : la chaîne reste deuxième de la soirée. Mais rapporté au point de départ — plus de 4 millions un an plus tôt — la perte dépasse 37 % du public.

Le contexte aggrave le constat. En face, France 2 a placé la fiction À l'instinct à 3 157 000 téléspectateurs et 20,7 % de part d'audience. L'écart de près de cinq points est le vrai sujet : TF1 n'a pas seulement reculé, elle a été distancée sur une case qu'elle considérait comme sienne.

Un concept qui s'use plus vite qu'il n'y paraît

Le principe du programme est astucieux : dans ce quiz inversé, le bon élève est le premier à sortir, et le dernier resté sur son banc hérite d'un titre que personne ne réclame. La mécanique produit du rire par renversement, avec des célébrités qui acceptent de jouer contre leur image.

C'est précisément là que se situe la faille. Ce type de comique repose sur la surprise du dispositif. Une fois la règle assimilée, le spectateur anticipe la vanne avant qu'elle n'arrive. La première saison l'avait déjà montré : après un démarrage à 4 millions, les audiences avaient reculé numéro après numéro — une érosion que TF1 avait alors attribuée, non sans raison, au caractère événementiel du format.

La chaîne a néanmoins jugé le concept assez fort pour le ramener dès la rentrée, sur une case stratégique. Ce pari est aujourd'hui contesté en interne, selon plusieurs observateurs du secteur.

Camille Combal, animateur en première ligne

Faut-il en tenir l'animateur pour responsable ? Ce serait injuste. Camille Combal fait ce qu'on lui demande : donner du rythme, désamorcer les temps morts, exister sans écraser. Le problème n'est pas la présentation, c'est la promesse.

Mais un animateur qui enchaîne les formats à durée de vie courte finit par en payer le prix en termes d'image. C'est le risque structurel des carrières bâties sur l'événement : chaque échec s'attache au visage, pas au concept. « Le public ne dit jamais "ce format s'est essoufflé", il dit "je n'ai pas aimé son émission" », observe Camille Vasseur, analyste médias indépendante.

Le vrai problème de TF1 : la dépendance à l'événement

Au-delà de ce cas particulier, la soirée du 4 septembre met en lumière une fragilité de fond. La grille de TF1 repose largement sur des rendez-vous à forte intensité et à durée de vie limitée. Il faut donc en créer de nouveaux chaque année, ce qui coûte cher et échoue souvent.

France 2 a fait le pari inverse : de la fiction française inédite, semaine après semaine, sans effet d'annonce. Résultat, en juillet, la chaîne publique a dépassé TF1 sur un mois complet pour la première fois de son histoire — 17 % contre 16,3 %, le plus mauvais mois de l'histoire de la Une. Le vendredi 4 septembre confirme que cette dynamique n'était pas estivale.

Le piège du succès initial

Il y a une leçon plus large dans cette histoire, et elle vaut au-delà de TF1. Un démarrage à 4 millions crée une attente que le programme lui-même ne peut pas honorer. La chaîne budgète la saison suivante sur la base de ce pic, vend ses espaces publicitaires en conséquence, et se retrouve mécaniquement en situation d'échec quand le format revient à son niveau naturel.

Or ce niveau naturel, pour un divertissement de plateau du vendredi soir, se situe probablement autour de 2 à 2,5 millions. C'est-à-dire à peu près ce qu'a réalisé le programme jeudi. Vu sous cet angle, la saison 2 n'est pas un effondrement : c'est une correction. Le problème est que personne, en interne, n'avait budgété une correction.

« Le pic de lancement est la donnée la plus trompeuse de la télévision », note encore Camille Vasseur. « Il mesure la curiosité, pas l'adhésion. Les chaînes le savent parfaitement, et elles continuent pourtant à construire leurs plans dessus. »

La comparaison qui fâche

L'autre difficulté tient au coût. Un divertissement de plateau avec des personnalités mobilise un casting, un décor, une production lourde. La fiction qui l'a battu vendredi coûte cher également, mais elle laisse un actif : un titre exploitable en rediffusion, en replay, à l'export.

Un numéro de jeu, lui, n'a quasiment aucune valeur résiduelle. Il est consommé une fois et disparaît. Quand les audiences ne sont plus au rendez-vous, le rendement s'effondre d'un coup, sans amortissement possible. C'est ce calcul qui pèse aujourd'hui sur la direction des programmes de la Une.

Que va faire TF1 ?

Trois scénarios se dessinent. Le premier : maintenir la saison jusqu'au bout, en espérant une stabilisation autour de 2 millions. Le deuxième : réduire le nombre de numéros et redéployer la case sur de la fiction ou du cinéma. Le troisième, le plus probable à moyen terme : conserver la marque mais la transformer en programme événementiel ponctuel, deux ou trois fois par an, plutôt qu'en rendez-vous de saison.

Le prochain numéro sera décisif. S'il passe sous les 2 millions, l'arbitrage se fera vite. La télévision commerciale a peu de patience, et une case du vendredi soir vaut trop cher pour rester en observation.

Et ce week-end ?

TF1 se rattrape ce samedi avec The Voice Kids à 21h10, valeur nettement plus sûre de sa grille. En face, France 2 propose Versailles en fête et France 3 un inédit de Meurtres à…. La grille complète est sur TV.fr — Ce soir, les scores détaillés dans notre rubrique audiences, et le reste de l'actualité des chaînes dans nos actualités.

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