Faustine Bollaert, l'animatrice qui a conquis France 2
Portrait de Faustine Bollaert : Ça commence aujourd'hui, le retour des Enfants de la télé le 30 août et une carrière bâtie à contre-courant sur France 2.
Faustine Bollaert, la femme qui a apprivoisé les après-midi de France 2
Elle n'a jamais cherché le clash, ni la punchline virale. En dix ans, Faustine Bollaert s'est pourtant imposée comme l'une des animatrices les plus solides du service public, capable de tenir une quotidienne exigeante à 13h55 et un divertissement de prime time le week-end. Alors qu'elle relance « Les enfants de la télé » dans une formule entièrement repensée le 30 août sur France 2, portrait d'une animatrice qui a bâti sa carrière à contre-courant des modes.
Une quotidienne devenue institution
Depuis 2017, Faustine Bollaert présente « Ça commence aujourd'hui » sur France 2, juste après le journal de 13 heures. Le principe est simple et redoutable : des anonymes viennent raconter une épreuve, une reconstruction, une histoire de vie. Rien de spectaculaire, aucune mise en scène tapageuse — juste une parole, un plateau sobre et une animatrice qui écoute.
Ce format, longtemps considéré comme un pari risqué pour une case de début d'après-midi, s'est imposé comme l'un des piliers de la grille de France 2. Il occupe désormais une plage étendue, avec des doubles numéros diffusés jusqu'en milieu d'après-midi, et il est rediffusé de nuit — signe qu'il génère une audience de fond, y compris hors des cases premium.
La force de l'émission tient à un équilibre difficile : donner à voir des situations souvent douloureuses sans jamais basculer dans le voyeurisme. C'est là que se joue le savoir-faire de l'animatrice, dont la conduite d'entretien — relances courtes, silences assumés, refus de la surenchère émotionnelle — a été régulièrement saluée par la profession.
Des débuts sur le terrain de la télé jeunesse
Rien ne la prédestinait à cette case. Formée au journalisme, Faustine Bollaert a d'abord fait ses armes sur des antennes plus jeunes et plus rythmées, où elle a appris le direct, l'improvisation et le contact avec le public. Ce passage par des formats de divertissement explique sans doute sa capacité à alterner aujourd'hui deux registres opposés : la gravité de la quotidienne et la légèreté du samedi soir.
Elle rejoint le service public au milieu des années 2010, à un moment où France Télévisions cherche à renouveler ses visages et à rajeunir ses cases de journée. Le pari s'est révélé payant sur la durée : là où beaucoup d'animateurs recrutés à la même période ont disparu des grilles, elle a consolidé sa position saison après saison.
« Les enfants de la télé » fait sa révolution
Depuis septembre 2025, Faustine Bollaert a repris les rênes des « Enfants de la télé », l'un des programmes patrimoniaux du service public. Un exercice périlleux : l'émission a une histoire longue, une identité forte et un public attaché à ses codes. Le retour de la saison, prévu le dimanche 30 août 2026 à 18h05, s'accompagne d'une refonte substantielle.
Nouvelle formule : chaque numéro est désormais thématisé, avec des invités choisis en fonction d'une ligne éditoriale précise plutôt que d'un simple plateau de personnalités. L'animatrice s'entoure d'une bande de chroniqueurs renouvelée, et chaque émission accueille un invité mystère dont l'identité doit être devinée par les autres personnalités présentes.
« C'est exactement ce qu'il fallait faire », estime Camille Ferrand, analyste des médias. « Les émissions d'archives fonctionnent tant qu'elles racontent quelque chose. En passant du plateau ouvert au numéro thématique, France 2 transforme un programme de nostalgie en programme éditorialisé. C'est plus exigeant à produire, mais beaucoup plus solide à long terme. »
La mécanique d'une case d'après-midi
Pour comprendre la place qu'occupe Faustine Bollaert dans la grille, il faut comprendre ce que représente une case d'après-midi pour une chaîne généraliste. Contrairement au prime time, où chaque soirée se joue sur un programme, la journée fonctionne par accumulation. L'audience s'y construit sur des habitudes, avec un public en partie captif — personnes à domicile, retraités, télétravailleurs — et une concurrence directe limitée à deux ou trois autres chaînes.
Dans cette économie particulière, la régularité prime sur l'événement. Une émission de journée coûte une fraction du budget d'un prime time et occupe, sur une année, un volume horaire considérable. Les chaînes cherchent donc des formats reproductibles, capables de tenir deux cents numéros par saison sans lasser. « Ça commence aujourd'hui » remplit exactement ce cahier des charges : un dispositif léger, une écriture reconductible, un capital sympathie qui se transmet d'une saison à l'autre.
Cette logique explique aussi pourquoi France Télévisions déplace « Le Mag de la santé » vers France 2 à 15 heures : le groupe reconstitue, autour des programmes existants, un bloc d'après-midi cohérent capable de retenir le téléspectateur d'un rendez-vous à l'autre. Un enjeu d'audience, mais aussi de recettes, la journée représentant une part croissante des revenus publicitaires des chaînes historiques.
Un profil rare dans le paysage actuel
Ce qui distingue Faustine Bollaert dans le paysage audiovisuel de 2026, c'est précisément ce qu'elle ne fait pas. Elle n'anime pas de talk polémique, ne cultive pas de posture éditoriale clivante et n'apparaît pas dans les rubriques people. À une époque où les carrières se construisent souvent sur la visibilité maximale et l'exposition permanente, elle a choisi une trajectoire d'artisane.
Ce positionnement a une valeur stratégique pour le service public. Alors que plusieurs figures majeures de France Télévisions se retrouvent au cœur de polémiques sur la transparence et le fonctionnement des sociétés de production, disposer d'animateurs identifiés à leur programme plutôt qu'à leur statut constitue un atout.
Ce que la saison lui réserve
La rentrée s'annonce chargée. « Ça commence aujourd'hui » reprend son rythme quotidien, « Les enfants de la télé » revient dans sa nouvelle version dominicale, et la chaîne recompose largement ses après-midi avec l'arrivée du « Mag de la santé », rapatrié de France 5 avec Flavie Flament à partir du 7 septembre. Autrement dit, l'animatrice devra défendre son territoire dans une grille remaniée.
Le contexte concurrentiel n'est pas simple non plus : TF1 lance un nouveau jeu d'access et poursuit ses fictions quotidiennes, M6 déploie plusieurs formats inédits. Mais France 2, qui sort d'un été historique — première fois qu'elle devance TF1 sur un mois complet, 17 % contre 16,3 % — aborde septembre avec une confiance rare.
Pour suivre les horaires de ses émissions et l'ensemble de la grille, consultez le programme TV complet, la page France 2, notre sélection ce soir à la télé et nos actualités TV.