PEOPLE

Faustine Bollaert relance Les Enfants de la télé ce soir

Par Rédaction TV.fr

Portrait de Faustine Bollaert, qui relance Les Enfants de la télé ce dimanche 30 août sur France 2 avec une nouvelle bande et des émissions thématiques.

Faustine Bollaert relance Les Enfants de la télé : portrait d'une animatrice qui avance masquée

Elle n'a jamais fait de bruit, et c'est peut-être sa plus grande force. Ce dimanche 30 août à 18h05, Faustine Bollaert relance Les Enfants de la télé sur France 2 avec une bande entièrement renouvelée et un format repensé. Un peu plus d'un an après avoir succédé à Laurence Boccolini aux commandes de ce rendez-vous culte, l'animatrice de 47 ans entame la saison qui devrait dire si elle a définitivement fait sienne l'une des émissions les plus identitaires du service public.

Une trajectoire à contretemps

Faustine Bollaert n'appartient à aucune des deux grandes familles de l'animation française. Elle n'est ni une figure de divertissement pur venue du télécrochet, ni une journaliste convertie au présentateur-vedette. Sa spécialité, construite patiemment depuis plus d'une décennie, tient à un registre plus rare : l'écoute.

C'est ce qui l'a rendue incontournable avec Ça commence aujourd'hui, le rendez-vous d'après-midi de France 2 où des anonymes racontent des parcours de vie souvent difficiles. Là où la télévision de témoignage tourne facilement au spectacle de la détresse, elle a imposé un ton retenu, sans surjeu, qui a fini par constituer une signature. L'émission est devenue l'un des socles de l'après-midi de la chaîne. Retrouvez la grille complète sur la page France 2.

Un héritage encombrant

Reprendre Les Enfants de la télé n'avait donc rien d'évident. L'émission, née dans les années 1990, repose sur une mécanique très différente : archives, autodérision, réparties rapides, complicité entre invités. C'est un exercice de rythme, pas d'écoute. Et l'ombre des présentateurs successifs y pèse lourd.

Faustine Bollaert a choisi de ne pas imiter ses prédécesseurs. Plutôt que de forcer le registre de la vanne, elle a joué la carte de la curiosité sincère : laisser les invités raconter, quitte à ralentir le tempo. Le pari a divisé la critique lors de sa première saison. Il a néanmoins permis à l'émission de conserver sa case du dimanche en avant-soirée, créneau stratégique qui précède le journal de 20 heures.

Ce qui change cette saison

Pour cette rentrée, l'animatrice et la production ont procédé à une révision plus profonde. La bande de chroniqueurs a été intégralement renouvelée. Surtout, chaque numéro s'organise désormais autour d'un thème, avec des invités directement concernés — une manière d'ancrer l'émission dans un fil narratif plutôt que dans une succession d'archives.

Le numéro de ce dimanche 30 août inaugure la formule avec une spéciale consacrée à la météo et à ses présentateurs, figures paradoxales de la télévision française : vues tous les jours par des millions de personnes, et pourtant rarement interrogées. Le 6 septembre suivra une spéciale consacrée aux « reines de la télé ».

Bernard Montiel, la caution mémoire

Autre nouveauté marquante : l'arrivée de Bernard Montiel, présent chaque semaine en seconde partie d'émission pour livrer coulisses, anecdotes et secrets de l'âge d'or de la télévision. Un choix habile.

Montiel apporte précisément ce que Faustine Bollaert n'a pas — une mémoire de première main des plateaux des années 1980 et 1990 — et lui permet de rester dans son registre. « C'est un attelage classique mais efficace », commente Camille Ferrand, analyste des usages audiovisuels chez Médiastrat. « L'animatrice tient le fil émotionnel, le chroniqueur apporte l'expertise nostalgique. Chacun reste dans sa zone de confort, et l'émission gagne en cohérence. »

Un créneau plus stratégique qu'il n'y paraît

L'avant-soirée du dimanche est l'un des territoires les plus disputés de la télévision française. Elle prépare le public au journal de 20 heures et détermine largement le point de départ de la soirée. France 2 y joue donc bien plus qu'un simple rendez-vous de divertissement.

Le contexte de rentrée ajoute une pression particulière : la chaîne vient de traverser une séquence délicate avec le retrait de Léa Salamé de la présentation du 20 Heures, remplacée par Jean-Baptiste Marteau. Dans ce climat, un dimanche solide en avant-soirée constitue un actif précieux pour la direction des programmes.

Une animatrice devenue pilier

À force de discrétion, Faustine Bollaert est devenue l'un des rares visages présents à la fois en journée et le week-end sur la même antenne — position que peu d'animateurs occupent aujourd'hui en France. Elle porte une émission de témoignage quotidienne et un divertissement patrimonial hebdomadaire, deux exercices que tout oppose.

Cette polyvalence explique pourquoi France Télévisions lui a confié la relance des Enfants de la télé plutôt qu'à une figure plus spectaculaire. Le service public ne cherchait pas un coup d'éclat, mais une continuité. Reste à voir si le public suivra sur la durée : la réponse commencera à s'écrire dès ce soir.

À cela s'ajoute un atout rarement souligné : Faustine Bollaert connaît intimement le fonctionnement d'un plateau de témoignage, exercice où l'animateur doit gérer l'émotion en direct sans jamais la provoquer artificiellement. Cette discipline lui sert aussi dans un divertissement d'archives, où les invités racontent souvent des souvenirs plus douloureux qu'ils ne l'avaient prévu. La télévision de patrimoine n'est pas seulement nostalgique : elle réveille des carrières brisées, des échecs, des disparitions.

Le pari de la mémoire télévisuelle

Au-delà du cas Bollaert, la relance des Enfants de la télé pose une question que toutes les chaînes françaises affrontent : que faire du patrimoine audiovisuel quand une part croissante du public n'a pas connu les images diffusées ?

Pendant longtemps, l'émission a fonctionné sur un implicite générationnel : tout le monde reconnaissait les extraits. Cette évidence a disparu. Un téléspectateur de 25 ans n'a aucune raison d'identifier un présentateur des années 1980, et les archives risquent alors de produire l'effet inverse de celui recherché — l'exclusion plutôt que la complicité.

La formule thématique adoptée cette saison constitue une réponse à ce problème. En organisant chaque numéro autour d'un sujet — la météo, les grandes figures féminines de l'antenne —, la production offre une clé d'entrée à ceux qui ne connaissent pas les images. L'archive cesse d'être un clin d'œil réservé aux initiés pour devenir un document explicable. C'est aussi, accessoirement, un format bien plus facile à découper et à diffuser sur les réseaux sociaux, où se joue désormais une part importante de la notoriété des émissions de divertissement.

Pour connaître les horaires exacts de l'émission et le reste de la soirée, consultez notre page ce soir à la TV et le programme TV complet. Tous nos portraits d'animateurs et l'actualité des chaînes sont à retrouver dans la rubrique actualités.

Toutes les chaînes

Voir toutes les chaînes →