CULTURE

La Rochelle 2026 : ce qui attend la fiction française

Par Rédaction TV.fr

Le Festival de la fiction de La Rochelle se tient du 15 au 20 septembre 2026. Cinquante œuvres en avant-première, un jury présidé par Clémentine Célarié.

La Rochelle 2026 : ce qui attend la fiction française

C’est le rendez-vous qui donne le ton de toute la saison télévisuelle. Du mardi 15 au dimanche 20 septembre 2026, le Festival de la fiction de La Rochelle tient sa 28e édition, avec une cinquantaine d’œuvres présentées en avant-première avant leur diffusion à l’antenne. Un jury présidé par Clémentine Célarié, des séances publiques gratuites, et surtout une photographie complète de ce que les chaînes françaises proposeront dans les douze prochains mois.

Un festival devenu le baromètre de la profession

Longtemps confidentiel, le rendez-vous rochelais s’est imposé comme le point de passage obligé de la fiction francophone. Les diffuseurs y présentent leurs paris de l’année, les producteurs y nouent des coproductions, et les jurys y consacrent des œuvres qui, souvent, deviennent les succès de la saison suivante.

Cette montée en puissance accompagne un mouvement plus large : la fiction française est redevenue, en cinq ans, le principal moteur d’audience de la télévision hexagonale. Depuis le 1er septembre, les meilleurs scores nationaux reviennent tous à des séries et téléfilms français — La cible à 3,91 millions sur TF1, La stagiaire à 3,71 millions sur France 3, Le Mystère de la chambre jaune à près de quatre millions. Le festival est le lieu où se prépare cette matière.

Un jury de praticiens plutôt que de personnalités

La composition du jury de la Compétition française mérite qu’on s’y attarde. Autour de la comédienne Clémentine Célarié, qui préside, on trouve la scénariste Gaëlle Bellan, le réalisateur Akim Isker, l’auteur et compositeur Matteo Locasciulli, le comédien Grégory Montel, la comédienne Barbara Probst et la productrice Fanny Riedberger.

C’est un jury de métiers, pas de notoriété. Scénario, réalisation, musique, interprétation, production : chaque maillon de la chaîne de fabrication y est représenté. Ce choix dit quelque chose de l’ambition du festival, qui se veut d’abord un rendez-vous professionnel avant d’être une vitrine médiatique.

Une cinquantaine d’œuvres, deux compétitions

Pendant cinq jours, la programmation se répartit entre la compétition française, la compétition francophone internationale — qui accueille notamment les productions belges, suisses et québécoises — et de nombreuses séances hors compétition ou spéciales.

La compétition francophone internationale est particulièrement intéressante à suivre cette année. La coproduction entre pays francophones est devenue un modèle économique central : Les évaporés, lancée ce 9 septembre sur France 2, avait ainsi été diffusée d’abord sur la RTBF belge fin août. Ce type de montage permet de financer des fictions plus ambitieuses sans faire peser l’intégralité du risque sur un diffuseur unique.

Un festival gratuit et ouvert au public

Contrairement à beaucoup de rendez-vous professionnels, La Rochelle joue la carte de l’ouverture. Les séances publiques sont gratuites, sur réservation, et permettent de découvrir des œuvres plusieurs mois avant leur diffusion. Des rencontres avec les équipes et des séances de dédicaces complètent le programme.

Ce parti pris n’est pas anecdotique. Il fait du festival l’un des rares lieux où le public rencontre directement les fabricants de la fiction qu’il regarde chaque soir — une relation que la télévision, média de masse par excellence, entretient rarement.

Ce qu’il faut surveiller cette année

Le retour du format long

Après des années de séries en six épisodes calibrées pour l’exportation, plusieurs diffuseurs français reviennent à des formats plus étendus, adaptés à la consommation linéaire. Un signal fort si la tendance se confirme dans la sélection.

La montée des sujets sociaux

Santé mentale, monde du travail, ruralité, vieillissement : la fiction française assume de plus en plus une fonction documentaire. C’est un des rares domaines où elle se distingue nettement des productions de plateformes.

Le sort des chaînes régionales

France 3, dont les fictions ancrées dans les territoires réalisent cette rentrée les meilleures audiences du groupe public, arrive à La Rochelle en position de force. La chaîne longtemps réputée pour ses rediffusions est devenue un laboratoire à part entière.

Un écosystème économique concentré sur cinq jours

Derrière les projections publiques se tient un marché. La Rochelle réunit chaque année les directeurs de la fiction des grandes chaînes, les producteurs indépendants, les distributeurs internationaux et une partie des financeurs — régions, fonds de soutien, coproducteurs étrangers. Beaucoup de projets qui arriveront à l’antenne en 2028 se décident dans les couloirs du festival cette semaine-là.

Cette dimension explique l’attention portée au palmarès. Une récompense rochelaise ne garantit pas l’audience, mais elle change la trajectoire d’un projet : elle facilite les ventes à l’étranger, sécurise le financement d’une deuxième saison et donne de la visibilité à des auteurs et des réalisateurs encore peu identifiés.

Le rôle des régions

Les collectivités territoriales sont devenues des financeurs majeurs de la fiction française, et leur présence à La Rochelle s’est renforcée en conséquence. Leur logique est autant économique que culturelle : un tournage installe des dépenses locales, forme des techniciens et alimente une notoriété touristique durable. La Nouvelle-Aquitaine, les Hauts-de-France, l’Occitanie et la Bretagne figurent parmi les territoires les plus actifs de ce point de vue.

Le regard d’un professionnel

« La Rochelle, c’est le seul endroit où l’on voit l’ensemble de la production française d’une année d’un coup, résume Julien Rambert, consultant en stratégie de contenus audiovisuels. On y repère très vite les tendances : quand trois projets sur la même thématique arrivent la même année, ce n’est jamais un hasard, c’est le reflet d’arbitrages pris dix-huit mois plus tôt par les diffuseurs. »

Trois éditions qui ont marqué le festival

L’histoire récente de La Rochelle offre un bon indicateur de sa capacité à repérer les tendances avant tout le monde. Le festival a consacré des fictions sociales bien avant que les grandes chaînes n’en fassent une priorité de grille, distingué des comédiens aujourd’hui installés au premier plan, et primé plusieurs séries francophones internationales qui ont ensuite trouvé une exposition française.

Il a aussi servi d’accélérateur à des formats atypiques — unitaires ambitieux, mini-séries en trois volets, adaptations littéraires — que le marché considérait comme difficiles à financer. Le passage par le festival leur a souvent apporté la légitimité critique qui manquait pour convaincre les diffuseurs.

Comment suivre l’événement

La 28e édition se déroule du 15 au 20 septembre à La Rochelle, avec des séances publiques gratuites sous réserve de réservation. Les œuvres primées trouveront ensuite leur chemin vers les antennes dans les mois suivants — c’est donc, très concrètement, le programme de votre prochaine saison télévisuelle qui se joue là.

Retrouvez notre agenda des festivals et événements TV, notre panorama du paysage audiovisuel français, le programme TV complet, la sélection ce soir à la télé et toute l’actualité culturelle dans notre rubrique actualités.

Toutes les chaînes

Voir toutes les chaînes →