Patrick Sébastien attaque Delphine Ernotte : Laurent Ruquier riposte sur T18
La chanson sexiste « Delphine » de Patrick Sébastien contre Delphine Ernotte a déclenché une plainte et la riposte cinglante de Laurent Ruquier samedi soir sur T18.
Patrick Sébastien attaque Delphine Ernotte : Laurent Ruquier riposte sur T18
L'affaire fait du bruit dans le Landerneau audiovisuel français. Depuis quelques jours, Patrick Sébastien est au cœur d'une polémique majeure après la diffusion d'une chanson intitulée Delphine, qui s'en prend de façon frontale — et selon plusieurs observateurs, ouvertement sexiste — à la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte. Samedi 9 mai 2026, Laurent Ruquier a profité de son émission Chez Ruquier sur la nouvelle chaîne T18 pour fustiger son confrère. Retour sur une séquence qui interroge le rapport au politiquement incorrect dans la télévision française.
Les faits : une chanson aux paroles outrageantes
Tout est parti de la sortie, début mai, d'un nouvel album de Patrick Sébastien intitulé Mes adieux à la télé qui me déteste. Sur cet opus, le chanteur-animateur — qui n'a plus d'émission régulière à la télévision française depuis 2018 — règle ses comptes avec ce qu'il considère comme un système qui l'aurait progressivement marginalisé. Parmi les titres présents sur l'album, la chanson Delphine s'en prend nommément à la présidente de France Télévisions.
Les paroles, qui ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux, font référence à l'apparence physique, au sexe et à l'âge de la dirigeante du service public. Plusieurs collectifs féministes ont immédiatement dénoncé un texte « sexiste, méprisant et indigne d'un artiste qui prétend à la liberté d'expression ». L'Association nationale des élues du paysage audiovisuel a, de son côté, demandé le retrait pur et simple de la chanson des plateformes.
Delphine Ernotte dépose plainte
Confrontée à la diffusion massive du titre, la présidente de France Télévisions a réagi très vite. Le mercredi 6 mai, elle a déposé une plainte pour outrage sexiste auprès du parquet de Paris. Une démarche officielle qui marque une étape symbolique : c'est la première fois qu'une dirigeante du service public français porte plainte de cette façon contre un artiste pour les paroles d'une chanson.
« Je ne peux laisser passer ce qui s'apparente à une attaque sexiste caractérisée, et qui plus est dans l'espace public », a déclaré Delphine Ernotte dans un communiqué transmis à l'AFP. « Au-delà de ma personne, c'est la dignité de toutes les femmes en position de responsabilité qui est en cause. »
Le ministère de la Culture a apporté son soutien à la dirigeante de l'audiovisuel public, par la voix de la ministre Rachida Dati. « Aucune dérive sexiste n'a sa place dans le débat audiovisuel français », a-t-elle réagi sur ses réseaux sociaux.
La riposte de Laurent Ruquier sur T18
C'est dans ce contexte que samedi 9 mai, Laurent Ruquier a profité de son émission hebdomadaire Chez Ruquier sur T18 pour dénoncer publiquement la démarche de Patrick Sébastien. Avec ses mots habituels — incisifs, sarcastiques, parfois cruels — l'animateur a réglé ses comptes avec celui qui fut longtemps son rival sur le créneau du samedi soir.
« Patrick Sébastien était un grand entertainer. Aujourd'hui, c'est un vieux monsieur aigri qui ne se remet pas d'avoir été poussé vers la sortie », a notamment lancé Laurent Ruquier face à ses invités. « Sa chanson n'est pas drôle, elle n'est pas spirituelle, elle est juste pathétique. Quand on en arrive là, on se tait. »
La séquence, partagée massivement sur les réseaux sociaux, a recueilli des réactions très majoritairement positives. Plusieurs personnalités du monde audiovisuel — de Léa Salamé à Augustin Trapenard, en passant par Camille Combal — ont publiquement soutenu la prise de position de l'animateur de T18.
Patrick Sébastien réplique : « c'est de l'humour »
Face à la levée de boucliers, Patrick Sébastien a réagi le dimanche 10 mai via une longue déclaration publiée sur ses réseaux sociaux. L'artiste y défend une « tradition française de la chanson satirique » et affirme avoir voulu pointer « le népotisme et la perte de sens du service public ». Une justification qui n'a pas convaincu grand monde dans le milieu.
« Ce n'est pas la première fois que Patrick Sébastien confond satire et insulte », commente Pierre Tournier, chroniqueur médias. « Le problème, c'est que cette stratégie de la provocation systématique ne fonctionne plus dans le contexte actuel. Les lignes ont bougé, et le public ne suit plus. »
Un débat plus large sur la place du sexisme dans l'audiovisuel
Au-delà du seul cas Patrick Sébastien, cette polémique remet sur la table la question récurrente de la place du sexisme dans l'humour et le divertissement français. Plusieurs animateurs et animatrices ont profité de l'affaire pour rappeler que les attaques personnelles contre des femmes de pouvoir restaient monnaie courante dans certaines émissions, sans que les chaînes ne s'en émeuvent particulièrement.
« Il y a un vrai travail de fond à faire, au-delà des affaires individuelles », souligne la sociologue des médias Anne-Sophie Mauboussin. « Le moment Patrick Sébastien est révélateur d'un basculement plus profond : ce qui était toléré il y a vingt ans, voire dix ans, ne l'est plus aujourd'hui. La société a évolué, et les médias doivent suivre. »
Quelles conséquences pour la suite ?
L'enquête judiciaire ouverte par le parquet de Paris suit son cours. Si Patrick Sébastien était condamné pour outrage sexiste, il encourrait une amende pouvant atteindre 1 500 euros, et jusqu'à 3 000 euros en cas de récidive. Les plateformes Spotify, Deezer et Apple Music ont, de leur côté, été contactées par l'Arcom et étudient actuellement l'éventuel retrait du titre de leurs catalogues.
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Ce qu'il faut retenir
L'affaire Patrick Sébastien dépasse largement le seul incident isolé. Elle pose la question de la place du sexisme dans l'humour audiovisuel français, du rapport entre liberté d'expression et dignité des personnes, et de la capacité des acteurs du paysage médiatique à se réguler. Une polémique qui aura, à coup sûr, des prolongements dans les semaines à venir.
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