« L'Affaire Laura Stern » : la série coup de poing de France 2
Avec Valérie Bonneton dans le rôle-titre, L'Affaire Laura Stern signe l'une des fictions françaises les plus marquantes de 2026. Plongée dans une œuvre brûlante.
« L'Affaire Laura Stern » : la série coup de poing de France 2 qui marque 2026
Il est rare qu'une fiction française fasse autant parler d'elle. Diffusée depuis le 11 mars 2026 sur France 2, la mini-série L'Affaire Laura Stern a réussi en quatre épisodes ce que la plupart des productions hexagonales mettent une saison entière à accomplir : créer un événement social, médiatique et politique. Portée par une Valérie Bonneton à contre-emploi, écrite par Frédéric Krivine et Marie Kremer, réalisée par Akim Isker, l'œuvre signe une saison majeure pour la fiction du service public. Plongée dans un phénomène.
Une histoire douloureusement contemporaine
Laura Stern est pharmacienne dans une ville moyenne du sud-ouest. Mère de famille respectée, elle a fondé une petite association d'aide aux victimes de violences conjugales, baptisée Femmes Debout. Mais lorsque l'une des femmes qu'elle accompagne est assassinée par son ex-conjoint, malgré sept plaintes restées sans réponse, Laura bascule. De la colère naît une décision : si la justice ne fait rien, elle agira. Le scénario, sans manichéisme, suit le glissement progressif d'une femme ordinaire vers l'irréparable.
La force de la série tient à son refus du sensationnel. Akim Isker filme la province française dans une lumière froide, presque clinique, et laisse Valérie Bonneton porter le récit par les silences. Le procédé rappelle les meilleures heures de la fiction scandinave.
Valérie Bonneton, performance d'actrice
L'actrice révélée par Fais pas ci, fais pas ça trouve ici l'un de ses rôles les plus complexes. Loin de la comédie populaire qui lui a longtemps collé à la peau, elle compose une Laura Stern opaque, douloureuse, dont le basculement n'est jamais explicité, simplement rendu visible par micro-décrochages. La performance lui a valu le prix de la meilleure interprétation féminine au CreaTVty 2025, ainsi que le prix de la meilleure fiction au Festival de la fiction de La Rochelle. Le métier reconnaît l'évidence.
Autour d'elle, on retrouve un casting d'excellence : Olivier Rabourdin en mari désemparé, Anna Mouglalis en avocate générale, et la jeune Khadija Kouyaté en stagiaire de l'association, dont le regard change progressivement sur son employeuse.
Une diffusion événementielle, en France et en Suisse
La série a fait le choix d'une diffusion conjointe : à partir du 6 mars 2026 sur RTS1 en Suisse, et à partir du 11 mars sur France 2. Une stratégie qui a permis d'amplifier la portée du programme dans toute la francophonie. Les deux derniers épisodes, diffusés ce soir mercredi 27 mai, devraient confirmer le très bon parcours des trois premières semaines.
Disponible également en intégralité sur la plateforme france.tv, la mini-série a battu un record de visionnage en replay sur le service public : 2,8 millions de visionnages cumulés en deux mois. Notre rubrique Séries revient en détail sur l'avenir de la fiction française face aux plateformes.
Un débat sociétal qui dépasse la fiction
L'autre force de la série est d'avoir relancé un débat de fond. Plusieurs associations, dont la Fondation des Femmes et le Collectif Féministe Contre le Viol, ont salué la justesse du propos. La ministre déléguée à l'Égalité a même cité la série dans une interview accordée au Monde, soulignant que « la fiction sait parfois rendre visibles des angles morts que les statistiques laissent enfouis ».
Le débat dépasse l'écran : France 2 a programmé jeudi 28 mai à 22h45 un numéro spécial d'Infrarouge consacré aux protocoles d'éviction des conjoints violents, en seconde partie de soirée. Un dispositif éditorial cohérent que la chaîne maîtrise depuis quelques années.
Pourquoi la fiction française revient en force
« On a longtemps cru que la fiction française était condamnée face aux séries américaines », analyse Sophie Bénetreau, critique chez Télérama. « Or, depuis trois ans, on observe l'inverse : des œuvres comme HPI, Sambre ou L'Affaire Laura Stern prouvent qu'il existe un appétit fort pour des fictions ancrées dans le réel français. La singularité paie. »
Cette tendance se confirme dans les chiffres. France Télévisions a investi plus de 520 millions d'euros dans la fiction française en 2025, en hausse de 12 % sur deux ans. Et plusieurs projets attendus pour la rentrée — l'adaptation du roman de Valérie Perrin, la nouvelle création de Léa Domenach — confirment cette dynamique.
Pour aller plus loin
Si vous n'avez vu aucun épisode, les quatre sont disponibles en intégralité sur france.tv. Et pour le grand final, rendez-vous ce soir à 21h05 sur France 2. Consultez notre grille TV complète pour les détails du prime time, ou notre sélection Ce soir pour découvrir les autres pépites de la soirée. Et abonnez-vous à notre rubrique Séries pour ne rien manquer des fictions à venir.