C dans l’air

Infos et débats télévisés sur France 5

Une émission d’actualité et de débats à chaud

C dans l’air est une émission quotidienne en semaine (du lundi au samedi) qui passe sur France 5 (anciennement La Cinquième). Elle qui débute à 17h45 et qui dure 65 minutes ; elle est en direct. Sa première diffusion remonte à septembre 2001. Depuis ses origines, elle a traité et traite encore, de l’actualité à chaud, des évènements qui ont marqué notre monde, aux quatre coins de la Terre. C’est une émission de débats autour de sujets le plus souvent poignants, à laquelle sont conviés des spécialistes du sujet traité, autour de l’animateur principal, Yves Calvi. Chaque soir de la semaine, un thème politique, social, économique ou culturel est choisi, sujet qui sera décrypté, analysé et débattu, autour de la table et des quatre invités spécialistes de la question qui vont donner leur point de vue, leur avis, leur opinion et leur analyse du sujet en question. L’émission a pour but d’informer le téléspectateur en lui donnant la possibilité de confronter divers avis afin de se faire une idée complète des enjeux, des situations, des évènements et des phénomènes qui ponctuent l’actualité et qui ont un impact sur chacun de nous. Au cours de l’émission, les téléspectateurs peuvent poser des questions sur le sujet traité ou faire réagir l’un des invités, par SMS ou via Internet. A la fin de l’émission, les 15 dernières minutes sont consacrées à une sélection de ces questions auxquelles une réponse est apportée.

Des records d’audience

C dans l’air saisit les sujets et les thèmes les plus importants et les traite avec une réactivité déconcertante. Selon les sujets traités, le taux d’audience peut être très important, battant souvent les records de parts de marché dans l’audiovisuel. Ainsi, le débat qui a eu lieu entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2007 a rassemblé 16,8% des téléspectateurs ; en 2010, le changement de gouvernement a réuni environ 14% du taux d’audience français, chiffre renouvelé le 13 janvier 2014. L’audience de C dans l’air bénéficie de thématiques ciblées bien que diversifiées. Les thèmes de prédilection de l’émission sont la politique notamment française ; l’actualité internationale qu’il s’agisse de conflits, de catastrophes ayant des répercussions sur les hommes ; l’économie de manière générale, traitant des variations du prix de pétrole, de l’immobilier, du chômage ou encore de la croissance ; d’autres sujets traitent des sciences, de la justice, de la sécurité, de l’environnement et du sport.

Des thématiques variées

En 2015, C dans l’Air a choisi des sujets brûlants, traités dans les jours qui ont suivi l’évènement. Ainsi, le 6 novembre, le débat a tourné autour de l’avion russe, le A321 qui a explosé en vol en dessus du désert du Sinaï : est-ce un attentat qui a tué les 224 passagers à bord ? Le 5 novembre, le sujet a gravité autour de Rome : la capitale italienne est-elle également la capitale de la Mafia ? De nombreux indices laissent à croire que la police italienne a rassemblé des informations concluantes qui lui permettent aujourd’hui de mettre en place une dynamique anti-corruption qui touche non seulement les criminels mais aussi des hommes politiques et des hommes d’affaires. Le 2 novembre, C dans l’air s’est penché sur le phénomène Erdogan, le maître de la Turquie qui a remporté les élections régionales, instaurant en Turquie une politique islamo-conservatrice : où s’oriente donc la Turquie ? Le 28 octobre, les débats se sont animés au tour des jeunes des banlieues : « avoir 15 ans dans les banlieues » en France : enjeux, risques, dérives, échecs mais également succès et réussites. La santé et l’alimentaire ne sont pas en reste : ainsi le 27 octobre, il était question du cancer et de ce que l’on met dans notre assiette : « Cancer : alors on mange quoi ? ». Viande rouge et charcuterie ont été pointées du doigt par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le 26 octobre, c’était au tour du Pape François de faire la Une de l’émission C dans l’air : qui est cet homme, la plus haute autorité de l’Eglise catholique, qui veut réformer l’Eglise et qui se retrouve confronté au conservatisme des évêques ? L’Eglise peut-elle se moderniser pour répondre à l’évolution sociale ?

Le Monde de Jamy

Le Monde de Jamy : la science expliquée aux familles

À la découverte de la Terre et de nos sociétés

Le Monde de Jamy est un programme documentaire français produit par Multimédia France Productions Elephant Doc : il est diffusé depuis le 7 mai 2014 sur France 3. Cette émission tout public de vulgarisation scientifique est présentée par Jamy Gourmaud (ancien co-présentateur de C’est Pas Sorcier) en duo avec Églantine Éméyé (en remplacement de Myriam Bounafaa depuis 2018). Le concept du Monde de Jamy repose sur l’exploration d’un thème particulier : animaux, nature, environnement, climat, espace, etc. Objectif : décrypter le monde dans lequel nous vivons pour sensibiliser les plus jeunes et leurs parents sur des sujets très actuels. Pour illustrer le thème et en faciliter la compréhension, l’équipe de production a intégré des expériences plutôt amusantes ainsi qu’une bonne dose d’imagerie 3D. Au cours du reportage, les animateurs interviewent plusieurs personnes concernées par le thème, qu’il s’agisse de simples témoignages ou d’avis d’experts en la matière. Les premiers épisodes abordaient des sujets très larges sur la planète en général. On observe désormais un retour vers des thèmes plus franco-français, donc plus susceptibles d’intéresser les familles. Depuis son lancement sur les ondes de France 3, Le Monde de Jamy est devenu l’émission de vulgarisation scientifique la plus suivie de la télévision française.

Un cycle de 3 à 4 épisodes par an en moyenne

On compte en moyenne 3 à 4 épisodes produits par an depuis la création du programme, chaque épisode durant 110 minutes. Diffusé en première partie de soirée, Le Monde de Jamy est un documentaire qui demande un gros travail de préparation afin de s’assurer que l’audience sera au rendez-vous. La production nécessite en amont à peu près 2 mois d’écriture suivis de 8 semaines de tournage et de montage. Le Monde de Jamy s’apparente bien plus à l’ancienne émission phare de Nicolas Hulot Ushuaïa Nature qu’à un simple programme vulgarisateur ciblant les enfants, comme l’était son ancêtre C’est Pas Sorcier. Le fil conducteur reste toutefois le même : selon Jamy Gourmaud lui-même, le plus important, c’est que la science fasse partie de notre culture générale. L’émission s’inscrit totalement dans la mission de France Télévision qui demeure la référence en matière de diffusion de la connaissance et des savoirs sur le petit écran.

Comment l’émission a-t-elle été accueillie par le public ?

Il existe encore de nombreux fans nostalgiques de l’émission C’est Pas Sorcier, un programme similaire, fait avec les moyens du bord (ce qui faisait son charme) et diffusé de 1993 à 2013. Le duo Jamy et Fred a beaucoup apporté au domaine de la vulgarisation scientifique à la télévision pour expliquer le monde aux enfants. Le Monde de Jamy profite donc largement de la notoriété du mythique Jamy Gourmaud que le public perçoit toujours comme un scientifique qui connaît son domaine. L’émission se veut toutefois plus généraliste que son ancienne production C’est Pas Sorcier, ciblant cette fois-ci toute la famille et non plus seulement les enfants. Depuis le lancement des documentaires en 2014, les scores d’audience ont toujours été très positifs, oscillant entre 6,9% et 18,1% de part de marché, soit 1,500.000 à 4,000.000 de téléspectateurs. Si l’on observe ces très bons chiffres, il y a fort à parier que ce sont les millenials qui regardaient C’est Pas Sorcier le dimanche matin qui forment désormais le plus gros contingent de l’audience. Ils font confiance à Jamy et son équipe pour expliquer le monde à leurs propres enfants. Les sujets sont plutôt généralistes, mais les présentateurs ont l’art d’impliquer les téléspectateurs en les amenant à se sentir concernés par le sujet. Pour augmenter l’impact du message diffusé dans l’émission, Jamy Gourmaud s’appuie aussi sur une chaîne Youtube comptant à ce jour près de 300.000 abonnés.

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On est en direct

On est en direct : la recette gagnante de France Télévision

L’émission n°1 de divertissement culturel du service public

Présenté par Laurent Ruquier en duo avec Léa Salamé, le programme On est en direct est un talk-show proposé en direct, en 2e partie de soirée le samedi sur France 2. Cette émission tout public, produite par ADL TV et RUQ Productions, a été diffusée pour la 1ére fois le 26 septembre 2020, en remplacement du programme phare de la chaîne : On n’est pas couché. Après 14 années passées à la tête de ce programme, Laurent Ruquier réinvestit le créneau de la deuxième partie de soirée du samedi avec un nouveau projet diffusé à 23h30. L’émission On est en direct est orientée sur l’actualité et la culture, avec une partie réservée pour l’interview politique. Elle offre une place importante aux débats d’opinion sans filtre, avec la promesse que la liberté de parole des invités sera respectée. La part belle est faite aux artistes, aux comédiens et aux écrivains qui peuvent venir promouvoir leurs livres, œuvres et spectacles. Chanteurs et chanteuses ont la possibilité de se produire sur le plateau en fin d’émission, et ce, quel que soit leur style musical. Laurent Ruquier a aussi souhaité reconquérir le terrain de l’humour qu’il avait abandonné avec sa précédente émission. Certains humoristes ont dorénavant leur propre rubrique. Sur les 120 minutes que dure l’émission, Laurent Ruquier et Léa Salamé sont en mesure d’accueillir jusqu’à 15 invités différents.

Laurent Ruquier et Léa Salamé : le duo de charme de France 2

Pour conserver une belle part d’audience le samedi, France 2 a choisi de faire à nouveau confiance à 2 poids lourds de la chaîne. D’un côté, Laurent Ruquier, sans doute le maître incontesté du talk-show de 2e partie de soirée (Tout le monde en parle, On va s’gêner, On a tout essayé, On n’est pas couché…). On le retrouve aussi sur RTL avec les Grosses Têtes, après être passé par France Inter et Europe 1. De l’autre côté, le mastodonte du PAF est accompagné de l’animatrice Léa Salamé, une autre grande figure de France Télévision et de France Radio. C’est elle qui a le privilège de présenter les débats lors des élections présidentielles ainsi que les interviews du président de la République : sa présence pèse forcément dans le succès de l’émission. D’une humeur plus légère que de précédentes émissions animées par ces 2 stars de la radio et du petit écran, le talk-show offre toujours une petite dose d’impertinence, chère au public de France 2. Laurent Ruquier le rappelle : le côté sans filtre des débats signifie que tout peut arriver, car « On est en direct ». Ce qui est sûr, c’est que la personnalité des animateurs et des chroniqueurs, sans oublier l’horaire de diffusion, influencent grandement la typologie de l’audience.

Un cadre intimiste cher au présentateur et aux téléspectateurs

Pour son programme, Laurent Ruquier a voulu créer une atmosphère plus contemporaine et plus personnelle que sur un gros plateau de télévision. L’émission a donc été tournée dans un véritable club. Le présentateur se déplace dans les différents espaces à la rencontre des invités confortablement assis autour des tables. La recette d’On est en direct semble gagnante puisqu’en moyenne, 800.000 téléspectateurs suivent l’émission chaque samedi soir pendant les 2 heures de diffusion. Cela représente près de 13% de part d’audience. Le talk-show a été légèrement impacté par les différents confinements de 2020 et 2021, les couvre-feux, ne permettant donc pas de tourner l’émission en direct de manière continue. Pour l’occasion, la production a choisi de rebaptiser le programme On est presque en direct, avec un tournage en journée dans les conditions du direct, jusqu’au retour à la normale en janvier 2021.

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Grandes Reportages

Le magazine de reportages et d’informations de TF1

Grands Reportages, un parcours et ses rebondissements

Grands Reportages est né de l’esprit imaginatif de Henri Chambon et Michèle Cotta en 1987. Le ton se veut informatif mais surtout varié et sans entrave. En évitant soigneusement toute dérive, le magazine s’emploie dès ses débuts à décrypter faits de société et actualité. Sur une durée de 50 minutes, des gros plans assortis d’interviews et d’immersions plongent le téléspectateur au cœur d’un lieu, d’un événement, de la vie d’un groupe d’individus. L’émission est diffusée avec régularité, le vendredi soir d’abord puis le lundi. Néanmoins, le succès n’est pas conforme à celui attendu et le programme est suspendu en 1998. Mais cet arrêt annonce un retour en force en 2015. Avec une diffusion à 13h30, immédiatement consécutive au journal de 13h, Grands Reportages retrouve le public pour 60 minutes. Au total, l’émission comptabilise déjà 30 ans de réussite, marqués par différents présentateurs. Henri Chambon assura le succès des premières années. À la suite de son retour sur le petit écran, Grands Reportages fut successivement présenté par Pascal Pinning, Claire Chazal et Anne-Claire Coudray. Chaque édition faisant suite immédiate au JT et insistant sur l’actualité, sa présentation par l’animateur du 13h en affirme la continuité.

La variété au service de la liberté d’expression

Dès le départ, Grand Reportages est destiné à mettre en lumière les faits et changements de la société. Beaucoup de liberté est laissée au choix de chaque thème abordé. Les documentaires se veulent une extension des journaux télévisés d’information. Ils explorent plus en détail et en profondeur leurs thématiques. Près de 2.000 sujets ont ainsi déjà présenté une grande variété autour d’un seul épisode ou plusieurs sujets. Lorsque certains thèmes nécessitent plus de temps, de préparation, plusieurs mois leur sont consacrés. Il en résulte occasionnellement des reportages conçus comme une série afin de ne rien omettre d’important. Chaque documentaire est donc très complet. Parmi les nombreux numéros de Grands Reportages, on dénombre, entre autres, la vie des policiers, les arnaques, l’addiction au jeu, la vie d’un palace en pleine pandémie de Covid, la quête des héritiers dans le monde, l’intelligence artificielle, l’écologie, les expatriés au Québec, le drame de Tchernobyl, la magie du cirque, les petits rats de l’Opéra, 4 saisons dans le port de Marseille, etc.

Les atouts de Grands Reportages

Le grand point fort du magazine d’informations Grands Reportages est de raconter des histoires avec objectivité et pragmatisme. Si chaque thème est focalisé sur le réel, il est présenté par ses acteurs. La parole est donnée aux principaux concernés et les points de vue varient pour donner une vision globale du sujet. Quel que soit ce dernier, le ton évite soigneusement le sensationnel afin de protéger l’intégrité générale de l’émission. Basée sur l’actualité développée dans le JT de 13h ou plus généralement sur l’actuel, l’émission forme un pont informatif avec un arrêt sur image détaillé. Le téléspectateur peut voir des lieux inédits pour lui, et entendre des témoignages réalistes. Ces témoins filmés dans leur quotidien, encouragés à livrer leurs ressenti et expérience créent un lien avec le public. Afin de garantir la qualité, la production s’associe à une quarantaine d’autres sociétés qui apportent leur inspiration et leurs sujets. Étudiés pour coller à la ligne éditoriale du programme, tous ont une même chance d’aboutir à une réalisation qui sera ensuite diffusée. Ce choix entretient la pluralité qui fait le succès de Grands Reportages. Enfin, le découpage de certaines histoires en épisodes renforce le souci de qualité et propose un suspense plaisant. D’une semaine à l’autre, les spectateurs ont plaisir à découvrir la suite d’un sujet qui les passionne.

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Le Village préféré des Français, la promotion du patrimoine rural

Les plus beaux villages de France à l’honneur

Les Français élisent le village qu’ils préfèrent

Le Village préféré des Français est une émission en prime time diffusée une fois par an, au début de l’été, sur France Télévisions depuis 2012 (France 2 puis France 3 à partir de 2019) : elle est présentée par Stéphane Bern. Cette compétition permet aux régions de se mettre en avant grâce à un village emblématique. Le nombre de villages sélectionnés a évolué au fil des saisons : de 22 à 20, il est passé à 13 ou parfois 14 suite à la réforme territoriale qui a réduit le nombre des régions en France. Pour les présélections, plusieurs critères sont pris en compte : les villages doivent avoir moins de 2.000 habitants ainsi qu’un riche patrimoine bâti, naturel et/ou culturel. La production artistique de l’émission présélectionne environ 60 candidats puis le choix final est réalisé par la Production, la Chaîne et Stéphane Bern. La localisation des villages importe également, afin qu’un équilibre soit maintenu entre ceux situés à la campagne, à la montagne ou en bord de mer. Les modalités de vote ont également changé depuis les débuts de l’émission. En 2012, le public votait par internet et l’émission était diffusée quelques semaines après la clôture des votes afin d’annoncer le gagnant. À partir de 2014, le village vainqueur est annoncé en direct Certaines années, le vote se fait uniquement le soir même par téléphone et SMS. Pour d’autres éditions, comme en 2021, il a été possible de voter pendant plusieurs semaines par téléphone ou via internet.

Des lauréats qui gagnent en notoriété

Même si les villages sélectionnés sont déjà connus pour leurs charmes, devenir lauréat de l’émission de Stéphane Bern amène un exposition médiatique nationale de premier plan. Les retombées économiques sont souvent importantes, amenant généralement une hausse en termes de fréquentation touristique. De plus, cet effet bénéfique ne se limite pas au premier du classement mais concerne tous les villages sélectionnés. Grâce au reportage présentant chaque candidature, les téléspectateurs découvrent à la fois le patrimoine bâti, mobilier, culturel et immatériel (spécialités et savoir-faire locaux). Ce sont des territoires et les personnes qui y vivent qui sont valorisés. En 2021, 14 villages ont été sélectionnés pour participer à cette émission : Hérisson (Auvergne-Rhône-Alpes), Châteauneuf (Bourgogne-Franche-Comté), L’île de Houat (Bretagne), Sancerre (Centre-Val de Loire), Saint-Florent (Corse), Rocroi (Grand-Est), Long (Hauts-de-France), Samois-sur-Seine (Île-de-France), Villerville (Normandie), Domme (Nouvelle-Aquitaine), Auvillar (Occitanie), La Désirade (Outre-Mer/Guadeloupe), Fresnay-sur-Sarthe (Pays de la Loire),Saint-Véran (Provence-Alpes-Côte d’Azur). Le gagnant de 2021 est le village de Sancerre qui succède au vainqueur de 2020, le village d’Hunspach, dans le Grand-Est.

Stéphane Bern, au service du patrimoine français

Le Village préféré des Français est présenté par Stéphane Bern, un des animateurs préférés du public. Son style inimitable et son indéniable amour pour le patrimoine français séduisent les téléspectateurs depuis de nombreuses années. C’est pourquoi Le Village préféré des Français réalise chaque année de bonnes audiences, rassemblant plusieurs millions de téléspectateurs. Féru d’histoire et journaliste de formation Stéphane Bern est bien connu du grand public, grâce à ses nombreuses interventions à la télévision. Après des débuts comme chroniqueur dans plusieurs programmes de TF1, il présente ses propres programmes tels que Sagas et Célébrités. Après un bref passage sur Canal +, il anime plusieurs émissions sur France 2 comme Secret d’Histoire, Comment ça va bien ?, La maison préférée des Français. Chroniqueur de radio, écrivain, présentateur de l’Eurovision, il joue dans plusieurs fictions télévisées. Il participe également à des événements du gotha en commentant le mariage de William d’Angleterre et Kate Middleton ou le Jubilé de diamant de la Reine Élisabeth II. En 2017, il se voit confier l’organisation du Loto du patrimoine par le Président de la République.

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Sept à huit, l’actualité multiformat du dimanche soir

Les événements du moment en trois reportages et un portrait

Un magazine d’un genre nouveau sur ce créneau horaire

Sept à huit vient à la suite de 19 heures dimanche et Public, qui succédaient eux-mêmes au mythique 7 sur 7 d’Anne Sinclair. Le 10 septembre 2000, TF1, qui souhaite donner un coup de frais à ses programmes de début de soirée, lance Sept à huit. Il s’agit d’un magazine d’information et d’actualité, présenté par Laurence Ferrari et Thomas Hugues. En 2006, ceux-ci cèdent la place au journaliste Harry Roselmack, déjà aperçu dans l’émission politique France Europe Express présentée par Christine Ockrent. Sept à huit est basé sur l’actualité du moment, qu’elle soit politique, sociétale ou économique, nationale ou internationale. Les sujets sont présentés sous forme de reportages (trois ou quatre par émission). Les événements sont montrés à travers le témoignage de ceux qui les vivent : des personnalités, des anonymes… Le magazine se termine sur une rubrique nommée « Le portrait de la semaine ». Il s’agit, là encore, d’aborder l’actualité avec un regard humain, l’invité – qu’il soit célèbre ou non – étant acteur ou victime d’un événement particulier. Les interviews sont réalisées par Thierry Demaizière, ex grand reporter à RTL, qui demeure invisible à l’écran.

Évolution de l’émission et éditions complémentaires

À sa création en 2000, Sept à huit est programmée chaque dimanche soir de 18h50 à 19h50. En mai 2011, au vu de l’audience réalisée, le format passe à 1h45, à partir de 18h. En 2015, nouveau changement : cette fois, l’émission est divisée en deux parties d’une durée de 1h15 chacune. Sept à huit Life commence à 17h15 : elle se présente comme un magazine de proximité, qui colle à la réalité quotidienne des Français et propose des histoires insolites, émouvantes ou dramatiques. Les rubriques emmènent le téléspectateur soit à la rencontre d’anonymes soit ils lui proposent une immersion dans le quotidien de divers héros de l’ombre. Quant à Sept à huit, l’émission conserve son créneau habituel à 18h30 et garde le format reportages / portrait qui a fait son succès. En 2020, face au confinement et pour combler le vide laissé par le feuilleton Demain nous appartient, la maison de production Éléphant et Cie lance un magazine complémentaire baptisé Sept à huit : la quotidienne. Diffusée à partir du 23 mars 2020, cette nouvelle venue a pour ambition de montrer comment les Français vivent avec la pandémie. Soignants, familles, personnes âgées, chefs d’entreprise ou commerçants sont au cœur de ce magazine de trois quarts d’heure. Cependant, faute d’audience, l’expérience prend fin le 10 avril 2020.

Des sujets d’actualité et de proximité qui font la force du concept

La présence de Sept à huit sur le créneau très convoité d’avant le Journal Télévisé depuis plus de 20 ans, atteste du succès de l’émission. Malgré quelques changements de formats, la ligne éditoriale n’a que peu varié depuis la naissance du magazine. C’est vraisemblablement cette proximité avec les spectateurs, cette volonté de leur permettre de s’identifier aux personnes présentées, qui font le succès de la recette. Ce n’est sans doute pas un hasard non plus si chaque émission inclut au moins un reportage sur un fait divers. Ces « affaires », très médiatisées, suscitent bien souvent intérêt et empathie de la part du public. Les personnalités invitées pour le portrait de fin d’émission sont elles aussi judicieusement choisies : des chanteurs populaires comme Vianney ou Michel Sardou, des comiques comme Gad Elmaleh, des acteurs comme Gérard Lanvin ou Daniel Auteuil se sont succédé dans Sept à huit. Le magazine ne boude pas non plus les stars contemporaines, comme le chanteur Gims ou le footballeur Neymar. Au final, avec une moyenne de 4,5 millions de spectateurs à chaque diffusion, Sept à huit tient fièrement tête à la concurrence et ne semble pas sur le point de faiblir.

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Capital, l’actualité économique à la loupe

Une émission de télévision qui vulgarise l’économie

Le magazine novateur de M6

Imaginée par la chaîne M6, Capital naît en 1988. Tout juste entré au sein du groupe de la sixième chaîne, Emmanuel Chain propose un nouveau concept. Diplômé de HEC, l’animateur d’une rubrique associée au journal 6 minutes rebondit sur une idée de sa direction. La rubrique économique devient alors un programme de 15 minutes qui vulgarise l’économie. Capital est d’abord diffusé le week-end, en milieu de journée puis le soir, avant d’être programmé le vendredi soir. L’audience permet de confirmer le succès de l’émission. Dès 1993, elle occupe la première partie des dimanches soir, en alternance avec Zone interdite. Le second numéro intitulé « La grande bouffe » récompense la décision prise avec un joli succès de 17% des parts de marché. C’est Emmanuel Chain qui, fort de ses connaissances, anime Capital, alternant entre enquêtes de terrain, reportages ciblés économie et consommation. Les thèmes abordés sont généralistes, attirant tous les profils de téléspectateurs. Parmi les thèmes abordés : le gaspillage alimentaire, les vacances, les classes moyennes, l’argent public, la sécurité routière, le gaspillage industriel, etc.

Une émission qui évolue avec son temps

Jusqu’au début des années 2010, Capital mise sur des thèmes qui interpellent le public. De la bourse aux habitudes de consommation, de la Jet Set à l’immobilier, l’émission est structurée par des reportages suivis d’un discours pédagogique. L’ambiance est décontractée : elle plaît d’autant plus que chacun peut se retrouver dans les problématiques abordées. En 2003, le créateur et animateur vedette de Capital quitte son poste pour laisser la place à Guy Lagache. Des éditions spéciales sont programmées, tout comme des sujets novateurs. Les questions environnementales sont étudiées aux côtés d’invités experts qui viennent exposer leur point de vue et analyses. Lorsque Thomas Sotto prend la tête de l’émission à son tour, il accompagne une nouvelle formule, un plateau revu à neuf et un générique modernisé. En parallèle des questions consuméristes, Capital se lance dans des numéros plus concentrés sur la société et ses enjeux. Plusieurs fois récompensé, le magazine d’économie est ensuite présenté par François-Xavier Ménage, Bastien Cadéac et, depuis 2018, par Julien Courbet.

Capital, créateur d’un modèle télévisuel

Avant Capital, les émissions traitant de sujets de société se bornaient à des plans fixes sur des plateaux TV. Le ton était souvent élitiste et refusait de mettre un fort accent sur les questions d’argent. La popularité de ce programme se définit par son discours décomplexé, sa vulgarisation et sa pédagogie de l’économie. Les Français aiment apprendre les rouages de la société de consommation expliqués simplement. Les interviews et la présentation instaurés par Emmanuel Chain offrent au spectateur un aperçu généraliste mais pointu. Auparavant, seuls quelques intéressés et experts comprenaient le fonctionnement de la bourse, de l’immobilier, des grandes entreprises. Une émission comme Capital permet à un large public de mieux saisir les règles et dérives de la société de consommation. Ce programme présente chaque sujet de manière concrète, paroles de spécialistes et chiffres à l’appui. Aucun sujet n’est banni par crainte de déplaire. Plusieurs grandes entreprises ont ainsi eu droit à un gros plan sans fioritures : Coca-Cola, McDonald’s, Nike, etc. La réalité du quotidien économique des Français est mise en lumière de manière claire et sans parti pris. En complément, Capital traite ses sujets avec éthique et un rythme qui sait tenir en haleine. Chaque numéro associe reportages sur les faces cachées des secteurs économiques et des échanges avec un ou plusieurs invités. Les questions soulevées sont incisives et tiennent compte de l’actualité, de ses conséquences. Son concept a initié un nouveau style que l’on retrouve dans Envoyé spécial, Complément d’enquête et Cash Investigation.

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Scènes de ménages

Une série pleine d’humour

L’un des plus gros succès de M6

Diffusée sur M6 à 13h40 et à 20h30 depuis le 9 novembre 2009, la série télévisée française Scènes de ménages est librement adaptée d’une célèbre série espagnole Escenas de matrimonio. Elle raconte le quotidien de cinq couples de générations différentes à travers des mini-sketchs humoristiques. Scènes de Ménages bat tous les records d’audience, affichant des chiffres aussi loufoques que nos couples favoris ! M6 diffuse un épisode de 25 minutes du lundi au vendredi. Pour pouvoir proposer de nouveaux contenus, la production enchaîne les tournages. Depuis ses débuts, la série compte donc 23 000 séquences, à raison de 20 sketchs filmés par jour ! Pour mettre un peu de piment dans le quotidien des couples, plusieurs stars viennent leur rendre de temps en temps visite. Parmi les invités du programme, Liliane et José ont notamment reçu Adriana Karembeu, Lorant Deutsch et Benabar. Raymond et Huguette ont eu le privilège d’accueillir Jean-Paul Gaultier, André Manoukian, Amel Bent ou encore Michel Galabru. Comment oublier Sébastien Chabal, Danny Brillant, Pascal Obispo aux côtés de Fabien et Emma ? On se souvient aussi de Norman Thavaud, Pascal Legitimus et M.Pokora invités chez Marion et Cédric. En tout, 170 personnalités se sont mêlées aux scènes de ménage sur M6. Même après des années de relation, les couples de Scènes de Ménages ont toujours leurs fans. En témoignent les 3,6 millions de téléspectateurs installés devant leur poste chaque jour de la semaine.

Un plongeon dans le quotidien de plusieurs couples

Présents depuis la saison 1, Huguette et Raymond forment un couple de retraités, grognons mais attachants. L’ancien gendarme et l’ex-femme au foyer passent leur temps à se taquiner et à faire des mauvais coups à leurs proches, ce qui ne fait que renforcer leur complicité. La cinquantaine, Liliane et José amusent les téléspectateurs depuis le début de la série. Indélicat mais d’une grande gentillesse, José occupe un poste au service Sport et Jeunesse de sa ville dont il devient maire dès la saison 9. Esthéticienne, Liliane vit mal le départ de leur fils Manu, parti travailler en Chine. Elle tente de rallumer la flamme dans son couple, désespérée de voir son mari affalé devant les matchs de football. Fabien et Emma font leur apparition à la saison 3, lorsque ces citadins trentenaires emménagent à la campagne. Vendeuse dans un magasin de bricolage et à l’aise avec les outils, Emma nous fait rire avec son fort caractère. Piètre bricoleur et professeur au collège, Fabien est hyper-sensible, angoissé pour l’avenir de leur fille Chloé. Dans la saison 11, Emma devient directrice de Bricoflex et renie totalement ses principes de syndicaliste meneuse de grèves. Quant à Fabien, il est auteur de romans érotico-historiques qu’il publie sous un pseudonyme féminin afin de garder l’anonymat. Au lancement de la saison 7, un nouveau couple apparaît : Philippe est pharmacien et a la cinquantaine, Camille est professeur de yoga et a à peine 30 ans. Philippe aime montrer qu’il gagne bien sa vie. Épicurien, il tente de se mettre au régime et au sport pour rester séduisant aux yeux de Camille. Écolo et toujours optimiste, Camille trouve les personnes de son âge superficielles, bien qu’elle donne des conseils à Philippe pour rester jeune et au branché. Léo et Leslie arrivent à la saison 10. Amoureux depuis un an, ils viennent de s’installer ensemble et sont accros à leurs smartphones. Ils se disputent régulièrement à propos des clichés de Léo sur la banlieue et ceux de Leslie sur les riches. Alors qu’il est très attaché à sa mère, Leslie ne connaît pas connu son père et le recherche à la fin de la saison 10. Ce couple d’adulescents remplace Cédric et Marion, qui ont quitté la série à la fin de la saison 9. Il est cultivé et aime s’admirer. Sérieux, il est aussi très maniaque et radin, au grand désarroi de Marion. Il tente également de la convaincre d’avoir un bébé. Fainéante et dépensière, – elle était intérimaire avant de créer son entreprise d’événementiel qui fonctionne bien -, au point d’attiser la jalousie de son poussin, comme ils aiment se surnommer. Ce couple de trentenaires fêtards organise leur mariage dans la saison 7, qui a lieu lors du prime diffusé le mardi 11 avril 2017 pour le 30e anniversaire de M6.

Les meilleures anecdotes

Saviez-vous que la série a été déclinée en bande dessinée ? Entre 2011 et 2017, l’éditeur Jungle relatent les aventures des couples à travers douze tomes. Autre fait que vous ne connaissez peut-être pas : Gérard Hernandez, qui joue Raymond, a failli ne pas apparaître dans la série culte. Dans l’émission Touche pas à mon Poste, la chroniqueuse Isabelle Morini-Bosc a révélé qu’elle avait convaincu l’acteur à prendre ce rôle. Difficile d’imaginer que les comédiens ne se croisent jamais. En effet, ils tournent les séquences dans deux hangars qu’ils se partagent. L’un est réservé à Gérard Hernandez (Raymond) et Marion Game (Huguette), Amélie Etasse (Camille) et Grégoire Bonnet (Philippe), Claire Chust (Leslie) et Vinnie Dargaud (Léo). L’autre accueille Frédéric Bouraly (José) et Valérie Karsenti (Liliane), ainsi que David Mora (Fabien) et Anne-Élisabeth Blateau (Emma). Ils arrivent donc chacun à leur tour pour filmer les scènes. Comme dans la vraie vie, les couples passent du temps à table. Pour un maximum de crédibilité, ils mangent de vrais plats, cuisinés en coulisses pour la série. L’équipe d’accessoiristes se charge de faire les courses et de se mettre aux fourneaux. En revanche, les verres ne contiennent pas d’alcool. Par exemple, le vin est remplacé par de l’eau avec du sirop. L’arrière-plan est décoré avec de vraies photos des acteurs, pour rentrer complètement dans l’intimité des couples. Certains clichés sont aussi des montages afin de donner l’illusion d’un souvenir en amoureux.

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Enquêtes exclusives : un magazine d’investigation unique

Enquêtes exclusives : des reportages au cœur de l’actualité

Un programme à succès sur des sujets de société

Depuis sa création en septembre 2005, le magazine d’information Enquêtes exclusives propose des reportages d’investigation à travers le monde sur des sujets politiques, économiques, sociaux et culturels. S’il n’est pas le seul magazine d’investigation diffusé en France, Enquêtes exclusives a su se démarquer en proposant des thèmes d’actualité et des reportages exclusifs. Diffusée sur M6 en deuxième partie de soirée, après les magazines Capital ou Zone interdite, l’émission Enquêtes exclusives est produite par C.Productions. Elle est présentée, depuis sa création, par Bernard de La Villardière. Après 16 saisons de diffusion, ce magazine d’investigation conserve un audimat important, avec plus d’un million de téléspectateurs, battant régulièrement des records d’audience sur cette tranche horaire. Il est composé d’un reportage réalisé par une équipe de journalistes professionnels et se termine, le plus souvent, par une interview. L’interview, menée par Bernard de la Villardière, est l’occasion d’approfondir certaines informations et d’obtenir des précisions sur le sujet développé dans le reportage. Le succès de cette émission est notamment dû au choix des thèmes abordés, avec des sujets politiques, économiques, ou culturels, qui font l’actualité. Tel le cas par exemple de l’émission du 2 mai 2021 intitulée « Nouveaux squatteurs : le cauchemar des propriétaires », diffusée après plusieurs affaires médiatisées de squats illégaux, de celle concernant le « Mystère Didier Raoult » en pleine crise sanitaire, ou encore de l’émission du 22 novembre 2015 « Daesh : la multinationale du terrorisme » faisant suite aux attentats de Paris. Forte de son succès, cette émission a également été déclinée en « Enquêtes exclusives Grand format », un magazine diffusé en première partie de soirée sur M6 entre 2009 et 2012.

Un magazine à la découverte du monde

Le magazine Enquêtes exclusives attire de nombreux téléspectateurs, car il leur permet de voyager, tout en restant sur leur canapé. Outre le voyage, l’émission est une précieuse source d’informations, d’ouverture au monde. Les équipes d’Enquêtes exclusives n’hésitent pas à traverser le globe pour faire leurs reportages : elles ont déjà travaillé dans plus de cinquante pays, tous continents confondus. À travers des thèmes variés, les émissions illustrent la diversité culturelle et sociale des pays et permettent de découvrir des modes de vie différents. Parmi les reportages réalisés au niveau international : « Fanatisme et Covid, l’Inde au bord du chaos », « Portugal : le nouvel eldorado de l’été », « Super Loto : quand l’Amérique touche le jackpot », « États-Unis : les prisons de l’extrême », mais aussi « Cartel de Sinaloa : l’empire international de la drogue », ou encore « Dans les coulisses des marabouts modernes au Sénégal ». La diversité des thèmes attire tous types de téléspectateurs, chacun y trouvant un centre d’intérêt.

Des reportages récompensés et exclusifs

En plus d’intéresser les téléspectateurs, le professionnalisme des équipes d’Enquêtes exclusives a été reconnu à plusieurs reprises. Le programme a en effet reçu huit récompenses dont des lauriers du Grand Reporter pour les émissions : « Darfour : comment en est-on arrivé là ? », « Le désert de tous les dangers : des Français dans le piège du Sahel » et « Dictature, paranoïa, famine : Bienvenue en Corée du Nord ».
Le magazine a également proposé des interviews exclusives comme celle d’Oswaldo Paya (un dissident cubain) dans le magazine « Cuba : ouverture ou dictature ? », ou des immersions uniques au sein de communautés secrètes et difficilement accessibles comme les Mennonites. Bernard de La Villardière et son équipe n’hésitent pas non plus à réaliser des reportages dans des zones particulièrement dangereuses comme lors du reportage sur le conflit au Darfour. Professionnalisme, exclusivité, découverte du monde et actualité, voici certainement la clé du succès de ce magazine d’investigation unique en son genre.

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Envoyé Spécial, magazine TV d’investigation

Envoyé Spécial : magazine télévisuel dédié au journalisme d’investigation

L’histoire d’une émission d’information réaliste

Inspiré du succès et de la demande des premiers journaux TV qui entrent en scène dès 1949, Envoyé spécial est centré sur l’investigation. Dès 1987, France télévision et, à l’époque, Antenne 2, souhaite ainsi mettre en lumière des sujets d’actualité. Traités plus en profondeur, ils sont présentés avec le point de vue d’un journalisme spécifique. Le premier format baptisé Édition spéciale ne remporte pas l’adhésion des spectateurs. Le principe en est donc revu et amélioré. Imaginé par Paul Nahon et Bernard Benyamin, Envoyé spécial qui sort sur le petit écran en 1990. La programmation est régulière et en première partie de soirée. Suivant la ligne professionnelle des journalistes d’investigation, l’émission ne connaît aucun sujet tabou. Les thématiques abordées sont approfondies, présentent plusieurs points de vue et différents acteurs. La réalité des faits et leur exactitude est le moteur déontologique de ce magazine d’investigation qui se veut plus indépendant de l’audimat. Le respect de cette ligne de conduite explique le succès d’envoyé spécial tout comme sa longévité. Les récompenses valent la saine concurrence avec les émissions de variété diffusées simultanément. Les journalistes reporters reçoivent les prestigieux prix Albert Londres et autres 7 d’or de la télévision française.

Un succès continu depuis trente ans

Les deux créateurs de l’émission se relaient pour la présenter jusqu’en 2001. Ils passent ensuite la main à un autre duo, Françoise Joly et Guilaine Chenu. Depuis 2016, une seule tête d’affiche présente Envoyé spécial, Élise Lucet. Tout au long de son existence, le magazine d’information met en avant la compétence des journalistes de terrain qui en sont le visage public. La première émission est divisée en trois reportages portant sur l’Azerbaïdjan, la Roumanie et le Chili. L’originalité tient aussi au travail d’un réalisateur de fictions qui porte un regard réaliste. Plus proche du public, plus poignant qu’un froid constat de flash info, le succès est immédiat. Le principe tourne autour de cette même formule durant dix ans mais évolue vers des enquêtes longues. Il ne fut pas rare que pour une émission d’à peine une heure, les reporters travaillent durant une année sur le terrain. Le changement d’équipe dans les années 2000 est d’abord féminin et gagne en audace. La réalité frappe même les téléspectateurs lors de certaines émissions axées sur les talibans ou le scandale de la vache folle. Élise Lucet embraye aisément sur ce ton qui accentue le caractère véridique et s’étale ensuite sur deux heures.

La force du professionnalisme : les journalistes d’investigation

Producteurs, présentateurs et journalistes, toutes les têtes d’affiche désignées par France télévision pour animer Envoyé spécial connaissent leur domaine. La maîtrise des différentes casquettes du journalisme est en effet un grand atout pour tenir les rênes de ce programme. La variété des thèmes traités en fait foi. Depuis 1990, les records d’audience démontrent la qualité d’Envoyé spécial : les enfants d’Haïti, le Kosovo, l’Algérie, la prostitution enfantine, le bégaiement, Drancy, Charlie Hebdo, le djihadisme français, Pénélope Fillon, Amazon, Pôle emploi, les forces de l’ordre en France, les femmes de Kaboul, les grèves, le squatt, le fast food, etc. La force de ce programme réside dans son audace, son éclectisme, son réalisme et sa déontologie. C’est un journalisme vécu au plus près des acteurs de chaque sujet abordé. Il en résulte des critiques mais aussi une reconnaissance de la part des spectateurs qui l’expriment par leur fidélité. Beaucoup d’entre eux estiment qu’une telle émission permet d’ouvrir les yeux sur des vérités cachées ou ignorées car éloignée de leur quotidien. Le rôle du journaliste d’investigation s’y trouve pleinement rempli. À tel point que trois d’entre eux, Véronique Robert, Stéphan Villeneuve et Bakhtiyar Haddad, y ont laissé leur vie en 2017, lors d’un reportage à Mossoul.